LA BEAUTÉ ET L’HUMAIN


« Quelle beauté ! » s’exclame-t-on souvent, sur les plateaux du grand canyon du Colorado ; au sommet de la montagne enneigée, entourée de pics et arêtes émergeant des nuages ; écoutant l’air d’alto d’Harold en Italie de Berlioz ou admirant la Jeune Fille à la perle de Vermeer ; émerveillé par le spectacle d’innombrables papillons et libellules multicolores qu’éclaire un rayon de soleil ou impressionné par la roue du paon orgueilleusement déployée. Personne n’aura alors l’idée d’en demander l’explication : « Pourquoi est-ce beau ? ». Même le petit enfant, si enclin pourtant à s’enquérir auprès de papa, maman : « Comment ça marche ? Comment c’est fait ? A quoi ça sert ? Pourquoi… ? » ne posera pas ici cette question à laquelle les adultes auraient d’ailleurs bien du mal à répondre. Le spectacle de la nature, l’œuvre humaine, qu’elle s’en inspire ou s’en écarte sciemment, provoquent une émotion agréable, du plaisir, un sentiment de bonheur qui ne nécessitent aucun traitement cognitif apparent, ne requièrent aucune explication rationnelle. Il serait absurde de vouloir démontrer la beauté du spectacle aussi bien que de prétendre apporter la preuve de sa laideur. La beauté peut être définie comme la qualité de ce qui provoque cette émotion plaisante, ce plaisir esthétique indépendant de la raison et sans lien direct avec la satisfaction d’un besoin voire, dans une certaine mesure, d’un désir. Est beau ce qui est vu comme tel par un être capable de ressentir une émotion esthétique.

Durant la première semaine du mois de mars, je prenais un plaisir extrême à me promener dans les bois de ma campagne, en Champagne méridionale, chevauchant l’une de mes juments et accompagné de ma chienne. C’est alors que la forêt sort vraiment de l’hiver. Persistent parfois quelques plaques de neige, çà et là, mais durant la journée, le sol dégèle. Depuis la fin février, les nivéoles, leurs clochettes blanches bordées par des arceaux que relient de petites sphères jaune vif, ont percé partout dans les sous-bois, au fond des vallons et sur les pentes. Maintenant ce sont les jonquilles, innombrables, qui se mêlent à elles. Au petit matin, la forêt frissonnante apparaît prise entre deux feux qui ne la réchauffent encore que bien modérément, le soleil levant au-dessus de nos têtes et le tapis doré sous les pas des bêtes. Année après année, je suis transporté par ce spectacle, j’en éprouve un bonheur intense, une joie que j’aimerais faire partager. J’y parviens sans peine lorsque d’autres personnes m’accompagnent dans mes promenades. En revanche, je me prenais souvent à rêver, par jeu, que ma monture et mon animal de compagnie pourraient eux aussi être sensibles au bien-être qui m’envahissait. Bien entendu, tel n’a jamais été le cas. Rien dans le comportement de mes compagnes animales n’a jamais indiqué qu’elles fissent une quelconque différence entre cette promenade enchanteresse de la fin de l’hiver et le cheminement dans un morne paysage gelé et chaotique, encore encombré des chablis à demi pourris, séquelles de la tempête de l’hiver 1999.

Des expériences beaucoup plus scientifiques ont été menées dans maints laboratoires du monde afin d’identifier chez des chimpanzés et des bonobos, des comportements compatibles avec une certaine appréhension de la beauté. Tout ce que l’on repère avec certitude, dans la nature entière, ce sont les effets de signes d’attraction sexuelle dont beaucoup nous semblent d’ailleurs beaux. Mais c’est manifestement l’instinct de reproduction qui amène la chèvre à être charmée par l’odeur musquée du bouc, la femelle du paon à ressentir de l’attirance pour le mâle faisant la plus belle roue, la femelle guppy à apprécier ceux dont les nageoires caudales sont les plus éclatantes, ou encore les oiseaux à rechercher des partenaires aux chants mélodieux. Monsieur chimpanzé trouve que les fesses turgescentes et rosissantes de sa guenon sont du plus bel effet, cette dernière l’informant ainsi de sa disponibilité à accepter ses hommages. L’émotion déclenchée par toutes ces parades sexuelles n’obéit donc pas aux critères du sentiment esthétique qui requiert, au moins, une certaine distance avec l’action utile ou la quête du plaisir physique.

La beauté naît par conséquent avec l’humanité, c’est-à-dire avec l’être capable, par excellence, d’y être sensible. Auparavant, la qualité du beau n’existe pas. Le cirque de Gavarnie peut être défini par sa largeur, la forme géométrique de ses contours, la hauteur de ses parois ; la couleur des fleurs par la longueur d’onde de la lumière qu’elles réfléchissent mais, bien entendu, certes pas par leur beauté qui ne peut être attribuée à l’objet ou à l’œuvre que si elle est ressentie. Le sentiment du Beau naît donc d’une interaction singulière entre l’objet et l’être, il n’est un attribut spécifique ni de l’un ni de l’autre.

Il y a là un paradoxe. La terre existe depuis quatre milliards d’années, la sexualité depuis un milliard d’années, les oiseaux et les plantes à fleurs datent d’environ cent cinquante millions d’années, c’est-à-dire bien avant que n’existât un primate singulier capable de les appréhender comme beaux. Pour quelle raison l’homme est-il universellement enclin à trouver belle la nature et ses manifestations, minérales, végétales ou animales ? Comment se fait-il que tant de signes utilisés par les plantes, les insectes et les vertébrés pour promouvoir leur attraction sexuelle et permettre la reproduction exercent aussi sur l’homme un attrait esthétique ?

Enfin, quel rôle la sensibilité des ancêtres de l’homme moderne à la beauté a-t-il joué dans les processus biologique d’hominisation et culturel d’humanisation ? En d’autres termes, comment l’évolution a-t-elle conduit à l’émergence du sentiment esthétique et quel fut le rôle évolutif de ce dernier ?

Je définis le sens esthétique comme la capacité à ressentir une émotion agréable provoquée par des perceptions et sensations – parfois seulement leur évocation mentale – même déconnectées de toute signification sémiologique, en particulier sexuelle.  Je n’avance cependant bien entendu pas que la sexualité serait déconnectée du sens de la beauté.  Picasso était justifié à déclarer que l’art est sexué ou n’est pas. Imaginons un monde sans fleur, sans parure animale, sans ressenti de la beauté du partenaire sexuel potentiel ! L’art n’y aurait sans doute aucune place. Cependant, tout humain est ému aussi par des spectacles et des œuvres déconnectés de toute signification sexuelle, la beauté d’un paysage, d’une découverte, d’une pensée, d’un rite, d’une musique, du tableau d’une très vieille personne ; les animaux non humains sans doute pas. Homo n’est pas le seul primate, les primates ne sont pas les seuls animaux à faire usage d’outils par destination. Les grands singes hominidés – orangs-outangs, gorilles, chimpanzés –  utilisent des branches et des baguettes pour faciliter leur quête de nourritures, des pierres pour casser des noix. Certains oiseaux sont capables de courber une tige malléable en forme d’hameçon à l’aide duquel ils prélèvent une proie dans un récipient ou une cavité à ouverture étroite. Cependant, Homo va au-delà d’une telle utilisation de l’outil, il le perfectionne et « l’embellit ». Il y a plus d’un million huit-cent mille ans qu’il façonne ses outils de pierre avec, semble-t-il, le souci d’une qualité formelle que ne requiert en rien l’usage qu’il en attend, comme s’il éprouvait de la satisfaction à l’observation, à la perception de cette qualité dont sa main gouvernée par son esprit a su acquérir la maitrise.  Puis, au fil des centaines de milliers d’années, les indices se multiplient d’un sens de la beauté chez les humains, tel le soin apporté en Grande-Bretagne par un Homo erectus vieux de plus de deux cent mille ans à préserver des coquillages fossiles sans utilité sertis dans un galet taillé. Puis viendront chez Homo sapiens les premières gravures géométriques, les traces de mains laissées sur les parois, les sculptures de formes animalières et humaines, enfin les grottes ornées. Tout indique par conséquent que l’appréhension de la beauté est un signe précoce de l’évolution humaine, plus spécifique du genre Homo que l’outil,  et un amplificateur probable du processus d’humanisation.

Le rôle joué par la sensibilité esthétique dans l’accélération de l’évolution humaine est sans doute multiple. Elle peut avoir suscité comme elle continue de le faire un sentiment de bien-être propice à l’épanouissement individuel. L’émotion partagée par tous les membres d’un groupe confrontés à une perception qu’ils trouvent belle constitue un puissant amplificateur de socialisation, raison pour laquelle tous les rites chamaniques ou religieux connus y font appel. La possession d’objets de prestige  est un élément de stratification hiérarchique, et ainsi d’organisation sociale. Que leur finalité soit le prestige, un culte ou la satisfaction personnelle, les objets susceptibles d’être appréhendés comme beaux occupent depuis des millénaires une place significative dans le commerce, de proximité et lointain.

Les humains sont, je l’ai dit,  universellement émus et ravis par des spectacles de nature bien plus anciens qu’eux, voire vieux de quatre virgule huit milliards d’années si on considère le ciel étoilé vu depuis la terre. La question devient alors : pourquoi les êtres de notre espèce et de celles qui l’ont immédiatement précédée trouvent-il beaux une pleine lune dans un firmament constellé d’étoiles ? La raison en est sans doute la propension apaisante à se satisfaire d’un environnement ordinaire au sein duquel on est tenu de vivre et où il convient de s’épanouir, celui justement à l’origine des spectacles d’une nature qui constituait leur cadre naturel d’existence. Cela vaut pour les cieux, les bords de rivière ou de la mer, la forêt  comme, de nos jours,  pour la ville de son enfance lorsque qu’on s’y est senti bien.

Selon les critères de l’anthropologie évolutionniste, une capacité humaine aussi universelle que l’aptitude à la perception du Beau doit avoir conféré, directement ou indirectement, un avantage sélectif. Les artistes en herbe de l’origine de l’humanité auraient tiré bénéfice d’une telle sensibilité. Les sociobiologistes actuels mettent en avant, à la suite d’Edward Osborne Wilson et de ses élèves, le pouvoir de l’artefact beau et de l’émotion qu’il engendre chez le partenaire sexuel éventuel dans la compétition pour se reproduire. Aux signes favorisant l’accouplement optimal entre mâles et femelles dans les mondes végétal et animal, s’ajouterait en effet le pouvoir d’attraction des qualités de la production humaine. La queue du paon ou les bois du cerf laissent présager du fort potentiel génétique du reproducteur. L’hominisation est caractérisée par la sélection d’êtres aux capacités mentales de plus en plus développées. La perfection formelle de l’outil façonné, puis de l’œuvre d’art dotée d’une signification symbolique en témoignerait. L’aptitude artistique aurait ainsi, dès ses origines, constitué un facteur de séduction. L’usage fort ancien des matières colorantes par nos ancêtres pourrait militer en faveur de cette hypothèse.

Les bâtonnets d’ocre ou d’autres minéraux colorés n’étaient sans doute pas utilisés seulement pour le tannage des peaux ou pour leurs éventuelles propriétés médicinales. Il y a fort à parier que le tatouage, le maquillage, toutes les formes de peintures corporelles représentent l’une des premières manifestations artistiques dont il est bien sûr impossible de retrouver des traces. Une des caractéristiques de l’esprit humain est de prêter des intentions aux autres, d’imaginer ce que sont leurs pensées, leurs représentations mentales, en particulier les impressions que nous laissons en eux, et de s’efforcer de les manipuler. La conscience de soi commence par une reconnaissance de l’unicité de son être et de son corps, de l’existence d’un moi. Lorsque le chimpanzé sur le front duquel une tache colorée a été placée et qui s’observe dans une glace finit parfois, après plusieurs erreurs, par porter le doigt à son front et non à l’image réfléchie par le miroir, on admet alors qu’il manifeste une ébauche de conscience. L’appréhension de son corps est nécessairement associée au souci de l’effet qu’il produit chez autrui, le partenaire sexuel, le rival, l’adversaire ou le subordonné. Les animaux, y compris l’animal humain, sont capables d’innombrables expressions corporelles renforçant l’efficacité de la séduction, du défi ou de la menace. A toutes ces mimiques et attitudes, l’homme s’est sans doute avisé, il y a plusieurs centaines de milliers d’années, qu’il pouvait ajouter les parures, objets et décorations cutanées. Ainsi la peau humaine a-t-elle sans doute été ornée bien avant les parois des grottes. Cette pratique n’a plus cessé depuis, l’art du cosmétique étant l’un des plus anciens du monde.

L’un des critères souvent allégué de la beauté universelle, opposée alors au simple goût, est l’harmonie. Elle se reflète dans le fameux “nombre d’or” qui en quantifierait les conditions en architecture et dans de nombreux domaines de l’art. Il se peut, de fait, qu’existe une pré-programmation de l’esprit à ressentir une émotion esthétique lorsque de tels paramètres ont été respectés. Un pré-cablage neuronal de ce type pourrait refléter des lois de nature présidant à l’édification des êtres vivants, humains et non humains.Pour autant, l’évolution contemporaine de la création artistique s’affranchit souvent de semblables règles.

Au delà du Beau universel de nature, du Beau intégré aux mécanismes eux aussi universels de l’attraction sexuelle, le sentiment esthétique est sans conteste relatif, il dépend des goûts et habitudes reliés à une histoire et à une culture. La musique au son de laquelle se pâment mes petits-enfants m’apparaît parfois indigente, mes valses nobles et sentimentales de Schubert les ennuient. Xénakis et les Percussionnistes de Strasbourg, la musique dodécaphonique en général me font fuir et en attirent d’autres. Le ravissement esthétique du tagueur de cité est peut-être le même que le mien mais suscité par bien d’autres perceptions que les miennes. Contemplant une œuvre ou lisant un texte, le sentiment de beauté éprouvé se nourrira souvent de l’admiration porté à l’artiste, à la beauté éprouvée de son esprit. Un stade de plus et certains, de plus en plus nombreux, se sentiront envahis d’un sentiment de plaisir ravi à la contemplation d’une plage parfaitement monochrome dont, compte tenu de la cote du peintre, la valeur est insensée. Un ex-président de la République disait à propos d’un comique d’une insigne vulgarité qu’il avait présenté au Saint-Père que, lorsque l’on gagnait un million d’euros par an, on avait du talent.

Indépendamment de la sélection du sentiment esthétique en tant que moyen d’extension des possibilités d’influencer autrui, en particulier sur le plan sexuel, le sens artistique a selon toutes probabilités été essentiel dans le développement de la pensée symbolique des sociétés humaines. La beauté est un signe, puisqu’elle requiert d’être perçue pour avoir une signification. La beauté créée est dès lors un message, elle véhicule une information de qualité – esthétique – émise par une personne en direction des autres. Or ajouter à la communication traitant des faits, de l’espace et du temps, une dimension qualitative qui fait appel à l’émotion accroît dans des proportions formidables l’influence de l’échange, et donc la socialisation qui constitue le cadre indispensable du développement humain.

En définitive, la beauté doit être vue comme un faisceau lumineux qu’émet l’humain qui a commencé par en être illuminé lui-même. Son éclairage transcende ce qu’il présente à l’esprit comme beau, il l’enchante. Sans elle, la nuit est profonde, les femmes et les hommes ne peuvent que s’y perdre.

Axel Kahn, le dix-huit octobre 2017

 

 

3 thoughts on “LA BEAUTÉ ET L’HUMAIN

  1. Cher professeur Axel Kahn

    Je m’appelle Ricardo Bello, journaliste. Travailler en tant que producteur culturel dans Artepensamento, Rio de Janeiro, au Brésil, menant à série de conférences organisées par Adauto Novaes. Pour le moment, nous effectuons le cycle “Mutations: dissonances du progrès”.
    Après 30 ans de cycles de conférences, transformés en livres, nous entrons dans une nouvelle aventure, créant une plateforme numérique. Notre objectif est de donner accès gratuitement à près d’un millier de textes déjà publiés. Il est vrai que la jeune génération est de plus en plus liée à de nouvelles formes de recherche / lecture et, à travers la plateforme, ainsi qu’une évidente œuvre culturelle, nous voulons rendre les essais plus visibles, comme écrit Antonio Candido, activité culturelle de notre temps “. C’est une tâche longue pour une petite équipe qui n’a pas de ressources, alors nous nous tournons vers les auteurs pour autoriser l’utilisation sans redevance car nous n’avons pas les moyens de capturer les ressources nécessaires.
    Bien sûr, tout le monde est conscient de la misère – pas seulement matérielle – à laquelle notre culture est reléguée (le ministère de la Culture dit que ce travail n’est pas culturel), nous attendons votre assentiment.
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  2. Merci pour ce texte intéressant.
    J’ai remarqué que la sensibilité à la beauté pouvait (en ce qui me concerne) dépendre de l’humeur et n’était pas constante. J’ai l’impression que la colère rend moins réceptif, mais que la mélancolie pouvait me tirer des larmes à l’écoute d’une chanson chargée de souvenirs particuliers.
    Il me semble aussi qu’il y a une confusion entretenue par la pauvreté sémantique d’un même mot employé pour désigner des situations très diverses.
    Il me semble ainsi que des circonstances sociales particulières vont faire percevoir comme beau ce que d’autres vont décréter l’être, sans que sa propre sensibilité ne soit en cause (par exemple le rôle des critiques d’art et l’image qu’on veut donner aux autres par une attitude conformiste).
    Il y a beaucoup de choses à dire sur le beau.
    En tant que créateur, je remarque aussi que ma vision de mes créations est subjective, et ce qui me satisfait au terme de plusieurs heures de travail peut déplaire fortement le lendemain ou quelques mois après.
    Votre texte me fait jaillir de multiples pensées, soyez-en remercié.

    • Oui Jean-Pierre. La beauté est un peu une lumière que l’être projette sur un spectacle ou une image mentale dont le reflet est perçu comme beau. La subjectivité peut jouer dans l’émission et dans la perception réfléchie.

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