Politique fiction : LE PS EST MORT, VIVE LE PSDF


Le Parti Socialiste d’Épinay va sans doute mourir, il doit mourir. Depuis très longtemps, plus rien ne réunit des personnes telles que Jean-Marie Le Guen, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Christian Paul, etc. Leurs analyses différent sur les plans économique, environnemental, sociétal, sur celui de la laïcité, etc. Le PS n’est plus qu’un syndicat d’élus et de leurs équipes électorales œuvrant à obtenir les moins mauvais résultats possibles. Il y a fort à parier qu’avec l’élection du Président Emmanuel Macron, la création de la « République En Marche » et le renforcement de la France Insoumise, ce rôle est appelé à devenir pour l’essentiel illusoire. À ce jour, trois stratégies différentes existent au sein du PS : ralliement à la République En Marche ; création d’un mouvement démocrate associé à la majorité présidentielle ; constitution d’un pôle d’opposition de gauche constructive mais résolue. Enfin, le nom de Parti Socialiste est devenu ridicule en ce que plus personne en son sein ne se réclame plus vraiment du socialisme.

Pour cette raison, l’émergence à partir du PS moribond d’un nouveau parti de gauche dénommé le Parti Social-Démocrate de France m’apparait souhaitable. Sa doctrine serait enracinée dans l’analyse social-démocrate de la société telle que révisée en Allemagne en 1959 à Bad Godesberg. Ses références seraient une économie sociale de marché, le respect des libertés individuelles, en particulier celle d’entreprendre, la mission explicite fixée à l’économie de contribuer à la justice sociale et au meilleurs épanouissement de chacun, c’est-à-dire d’être l’un des moyens du Progrès pour les humains. Cet objectif valant pour les générations futures, la dimension écologique serait essentielle dans les projets et actions de ce parti. La participation et la cogestion capital-travail resteront des références fécondes.

Le PSDF avancera confiant dans sa vision et son analyse, encore très puissantes jusqu’en 1980 aux États-Unis et en Europe, artisans efficaces des « trente glorieuses ». Alors, ses principes  ont été essentiels dans l’effort de guerre contre les puissances de l’Axe, la compétition avec le totalitarisme soviétique, la reconstruction après la guerre, en une période de progrès social continu. Certes, le PSDF sera conscient de ce que les temps ont changé mais aussi fier d’un bilan qui n’a aucun équivalent, en particulier pas en ce qui concerne l’école économique néoclassique du libéralisme qui a partout dans le monde repris les rênes du pouvoir après 1980 et abouti de manière continue à l’accroissement des inégalités et à un transfert croissant des fruits du travail collectif du salariat vers l’actionnariat.

Le PSDF s’appuiera sur des économistes réputés en Frances et dans le monde, tels Thomas Piketty, Philippe Frémeaux et ses « Alternatives économiques », d’autres sociaux-démocrates, keynésiens et post-keynésiens.

Sur le plan sociétal, il approfondira l’éthique de la sollicitude, le « care » consubstantielle à son approche humaniste.

Cet humanisme imprègnera aussi la politique étrangère, autour de la recherche sans naïveté du consensus et de la concorde entre les puissances et les peuples, à commencer par ceux de l’Europe, notre maison commune. Le PSDF saura que tendre une main secourable aux femmes, aux enfants et aux hommes chassés de leurs terres par la misère et la guerre est un devoir essentiel que les peuples de France et d’Europe se perdraient à ne pas accomplir.

Un large spectre de personnalités a vocation à partager les objectifs de PSDF, venant du PS, du PRG, du centre gauche et de la société civile.

Alors, cohérent, confiant, généreux, le PSDF fera vivre en France une démocratie constructive et ambitieuse qui s’enrichira de la confrontation des programmes.

Oui, une autre voie est possible.

Axel Kahn, le neuf mai 2017

11 thoughts on “Politique fiction : LE PS EST MORT, VIVE LE PSDF

  1. Tout a fait d’accord avec vous Mr Kahn et si vous pouviez être le faire de lance ce serait vraiment un souffle nouveau, intelligent, respectueux, tout ce qu’il nous faut

  2. Et que cela se fasse vite , ces querelles de partis que ce soit dedroite et de gauche deviennent inadaptées dans le monde actuelle ou l’information à laquelle on peut si facilement accéder va si vite , Et qu’enfin les politiques traitent des problèmes des citoyens , être au service de la france et ne pas faire de la politique un métier . Merci Monsieur Kahn

  3. Bonjour Monsieur Kahn.
    Je vous remercie pour votre combat permanent, et votre enthousiasme à rechercher les meilleures voies pour l’humanité. Je pense que l’écologie est une urgence aussi grande que la démocratie et qu’un mouvement à la hauteur des enjeux devrait porter cette dimension dans son nom pourquoi pas les REMEDES ?
    Républicains en Mouvement pour une Ecologie Démocratique et une Économie Sociale ?

    • Oui, le souci des générations futures, l’écologie, est un élément clé de l’humanisme moderne.

  4. Les partis traditionnels se délitent, leurs gouvernances sont devenues inadaptées par manque d’ouverture, par manque d’intérêt pour l’humain. Les femmes seront-elles l’avenir de l’homme ? Les oublier freinerait toute tentative de développement bénéfique pour tous.
    Gisèle Bourcart, présidente de “Femmes d’Alsace”, pour la parité dans les instances élues.

  5. Vous avez malencontreusment oublié l’héritage splendide de la SFIO (de Mitterrand , etc.) en matière de colonialisme humaniste sous la IV° République.

    • Non, j’ai souvent et vertement dénoncé cet héritage.
      Ce n’est cependant pas une conséquence de l’idée “social-démocrate” mais de la dérive des membres de la SFIO de l’époque, Mollet et les siens. Rien dans la pensée social-démocrate ne prédispose au colonialisme. Son atlantisme atavique est le fruit de la guerre froide, de même que son parti-pris pro-israélien vient des relations historiques SFIO travaillistes israéliens. J’ai beaucoup écrit sur ces sujets…

  6. Bonjour M. Kahn,
    je viens de lire que Mmes Hidalgo, Aubry, Taubira ont fondé un mouvement, “Dès demain”, que B. Hamon vient de rejoindre. J’espère qu’ils s’inspireront de votre texte, même si je nourris peu d’illusions.
    En le lisant, je me demandais si vos propositions étaient “euro-compatibles”. J’ai bien peur que non, par exemple : “la mission explicite fixée à l’économie de contribuer à la justice sociale et au meilleur épanouissement de chacun” me paraît réclamer une révision du rôle de la BCE que l’Allemagne n’acceptera jamais.
    J’adhère aux objectifs avec enthousiasme néanmoins, en souhaitant que “Dès demain” les fasse siens.

  7. Avez-vous une une idée sur la reconnaissance des familles dont les membres par leur force de travail vivent dans l’angoisse de voir leurs rêves se briser par ce que des entreprises sont loin de leur témoigner leur reconnaissance. La culture jacobine française n’a absolument rien à voir avec celle des pays scandinaves.

  8. Chère ou cher Dominique,
    j’ai en effet noté les initiatives de Benoît Hamon et celle d’Anne Hidago et Martine Aubry. Cette dernière est pour l’instant un peu du type du mouvement “Renaissance” lancé en 2014 par Martine Aubry et interne au PS. Le projet Hamon ressemble peut-être plus à ce qui me semble désirable. Wait and see….
    Gérard, oui, je suis très conscient de cela….

  9. D’accord avec vous ,et cela fait au moins 30 ans que cela dure,en effet quand je lis cet interview par A . Spire, de P .RIcoeur en 1994 .
    “Les exclus d’aujourd’hui, ne sont même plus capable d’être une classe.Ils sont (hors classes).Cela pose des questions nouvelles concernant la démocratie parlementaire, la démocratie majoritaire.Il existe maintenant un nombre suffisamment grand de gens satisfait pour ne plus se permettre que les défavorisés deviennent le centre de gravite d’une alternative politique.C’est pour moi l’objet d’une grave inquiétude.”
    C’est bien sur ces classes, que les partis populistes font leur “beurre” et ce dans tous nos pays développes.
    Et je suis certain que le psdf s’honorerait de suivre les suggestions de votre blog.,pour ne pas se dissoudre dans des mouvements (Hidalgo, aubry..) qui pour le coup ne seraient pas perpétuels.
    .

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