LE 11 JANVIER 2014 RESTERA UN MOMENT IMPORTANT DE L’HISTOIRE DU PAYS


Un jour ne change pas un pays mais peut le rendre fier, lui donner confiance.

Confiance et fierté peuvent contribuer à redresser une Nation.

 

Mes petits-enfants avaient conscience de participer à un événement historique. J’espère que toute leur vie durant ils se rappelleront qu’en de semblables circonstances, il conviendra qu’ils se lèvent à nouveau, qu’ils résistent, qu’ils n’abandonnent rien des valeurs de l’humanité et de celles constitutives de notre pays et de l’Europe. 

 

Trois générations de la famille à la marche du 11-1-15 pour la liberté, les valeurs de la France, en solidarité avec les journalistes, les policiers, les français de confession juive assassinés pour cette raison, les autres.
Génération 1 : Viviane, Joëlle, Axel
Génération 2 : Jean-Emmanuel, Isabelle.
Génération 3 : Capucine (bon anniversaire, onze ans aujourd’hui), Juliette, Antoine.

 

CHARLIE HEBDO : NON AU POLITIQUEMENT CORRECT, OUI AU RESPECT

Le très réconfortant mouvement de la Nation française autour des valeurs de la liberté de la presse et du droit à l’impertinence, constituants de la tradition républicaine et laïque du pays, méritent de s’interroger sans faux-semblant sur la marée mondiale montante du « politiquement correct », devenue chape de plomb. À l’origine, la protestation légitime, surtout aux États-Unis, des minorités ethniques victimes du racisme ordinaire a conduit à une attention croissante à toutes les expressions dotées du potentiel de blesser, de discriminer, d’inférioriser. Ce souci s’est étendu aux locutions, expressions, plaisanteries, croquis touchant aux femmes, aux homosexuels puis à bien d’autres. La prise de conscience du caractère antihumaniste insupportable des racismes, antisémitisme, sexisme, homophobie, et autres de comportements et attitudes anciens et traditionnels constitue sans nul doute un progrès
.
Comme toujours, cependant, le balancier correcteur des imperfections humaines a dépassé le point d’équilibre jusqu’à atteindre le niveau d’un moralisme castrateur et, de plus, inégalitaire. La chasse à la dérision est en effet autrement plus efficace lorsque le gibier à protéger est un groupe influent que s’il s’agit d’un « animal » faible et plus ou moins isolé. On peut certes continuer à blaguer des Auvergnats, surtout en dehors de l’Auvergne, des Belges, surtout en dehors de la Belgique, sinon, danger ! Les X, Y, Z….de garde veillent. Cela est à ce point présent à l’esprit de toutes les personnes publiques que dans ce billet où je dénonce ce phénomène, je préfère, pour mon confort, ne pas spécifier ce que représentent X,Y et Z…,témoignant de l’autocensure sociale ambiante.

Ainsi que je l’ai développé dans mon billet intitulé

“VOILA POURQUOI MÊME LES ADVERSAIRES DE CHARLIE DEVRAIENT MARCHER, S’ILS AIMENT LA LIBERTÉ”

 https://www.facebook.com/axel.kahn2/posts/666860473444669?pnref=story ,

un État de droit comme le nôtre concilie en principe la liberté d’expression et le droit au respect en autorisant la caricature, la dérision et le blasphème, mais en jugeant recevables les plaintes de ceux qui se sentent agressés, discriminés, blessés et qui, pour cette raison, estent en justice. Les magistrats s’attelleront à la tâche incroyablement difficile de faire la part des deux libertés essentielles, celle à l’irrévérence et celle au respect des opinions et croyances d’autrui. Selon ce principe, un humour corrosif touchant aux pouvoirs, aux religions et aux pratiques sexuelles sera toléré, une discrimination des sexes, des genres, des ethnies, des croyants ou pratiquants, une mise en cause de leur qualité, de leur humanité, voire de leur sécurité seront légitimement condamnées.

Ces principes ne sont pourtant pas exempts d’inégalités dans leur mise en application, ce qui accroît la frustration, parfois la rage de ceux qui s’estiment moins protégés que d’autres. C’est pourquoi l’électrochoc de l’attentat contre Charlie Hebdo devrait être aussi l’occasion d’un examen de conscience de la tendance à transformer le droit au respect en tyrannie du « politiquement correct », éviter qu’il ne s’impose avec l’affligeante et absurde rigueur qu’il a atteint aux États-Unis. Merci aussi pour nous pousser à cette réflexion, Charlie. Le prix à payer n’aurait jamais dû être aussi terrible !

Axel Kahn, Le treize janvier 2015.

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