LA FRANCE À DROITE TOUTE ! POURQUOI ?


     J’aurai presque aussi bien pu intituler cette analyse « Le monde, à droite toute ! », d’autant que là réside une partie de la réponse à la question posée. Cependant, consacrons nous en ce lendemain du coup de tonnerre des élections régionales à la situation de notre pays.

  1. Les manifestations du glissement accéléré de la France à droite

     Le récent scrutin de décembre 2015 est caractérisé par un effondrement de l’extrême gauche, des formations du Front de gauche et des représentants de l’écologie politique, un score maintenu à un bas niveau du Parti socialiste, une droite républicaine à la peine mais supérieure, un Front national qui explose. Au deuxième tour, l’extrême droite recueille 27,1% des suffrages, la droite 40,24% et la gauche 32,10%. Cependant, le désistement républicain ayant conduit cette dernière à appeler à voter pour la droite, mieux vaut se reporter au premier tour où les équilibres étaient de 28% des suffrages pour le FN, 32% pour la droite et 37,8% pour la somme de la gauche, de l’extrême gauche et des écologistes, soit un gros tiers. Autant dire que près des deux tiers des citoyens du pays préfèrent des candidats de la droite et de l’extrême droite. Le glissement à droite se manifeste aussi au sein des blocs dits de gouvernement. Chez Les Républicains, les candidats les plus réactionnaires, tels Wauquier et Retailleau, remportent de beaux succès, la candidate d’Alain Juppé est battue et Xavier Bertrand n’est élu qu’à la faveur du désistement républicain. L’UDI a des résultats modestes. Chez les socialistes, le Nord-Pas-de-Calais où dominaient les amis de Martine Aubry est perdu, sans doute pour des décennies. Julien Dray de manière explicite, d’autres socialistes implicitement, ont dès la soirée du treize décembre emboité le pas à Manuel Valls qui plaide pour un changement de nom du Parti socialiste en quelque chose comme Parti démocrate, pendant à l’américaine des républicains de LR. Au sein même du gouvernement, la ligne libérale a explicitement remplacé, avec le Premier Ministre lui-même, Emmanuel Macron et la plupart des ministres à deux ou trois exceptions prêtes, la vision social-démocrate.

 

  1. La crise de l’idée de progrès.

      La grande caractéristique de la fin du XXème et du début du XXIème siècles est l’effondrement de l’espoir en un inéluctable progrès pour l’homme. Chacun est persuadé que continueront de se manifester les progrès scientifiques et techniques, qu’ils s’accélèreront même, mais qu’ils ne garantissent plus une amélioration certaine du sort de l’humanité. Les sondages témoignent de ce que, dans les pays développés et en France, les adultes sont majoritaires à craindre que leurs descendants ne vivent moins bien qu’eux. Or, l’idéal progressiste est constitutif de la pensée de gauche. Là où s’obscurcit l’espoir en un avenir meilleur, persiste seul le regret des temps passés que l’esprit humain a tendance à idéaliser, à mythifier. Cela entraîne une disponibilité à tous les discours réactionnaires. J’ai fait de ces mécanismes l’élément central de la sécession que j’ai décrite au cours de mes traversées pédestres de la France.

  1. L’individualisme.

     La valeur de l’individu et la recherche de son bonheur terrestre sont des conceptions essentielles du siècle des Lumières, qui est aussi celui de l’idée de Progrès et de la naissance des différents aspects du libéralisme. Bien entendu, les républicains de 1789, plusieurs courants du socialisme utopique au XIXème ont eux aussi accordé toute leur place aux citoyens mais ont insisté sur l’importance du groupe, la Nation, la République, la classe ouvrière, les coopératives, etc., pour leur pleine réalisation. À l’inverse, la lutte contre le socialisme marxiste puis les pays qui s’en réclamaient a abouti à une disqualification progressive de l’État et de différentes formes d’action collective, syndicalisme, communs et autres formes de gestion communautaire. L’accent a été mis sur le particulier, la propriété privée et le propriétaire, « l’agent » économique des théories libérales auquel il revient de lutter de manière autonome pour ses intérêts et de parvenir par ses propres moyens et selon ses talents au meilleur bonheur possible. Aux États-Unis, cette évolution va jusqu’à l’anarcho-capitalisme » qui inspire le Tea party chez les républicains. À l’exception de l’anarchisme, l’individualisme conçu comme résistance au groupe organisé n’appartient pas à la tradition de la gauche. Son émergence dans la pensée des contestataires de mai 1968 a conduit beaucoup d’entre eux à la pensée libérale la plus doctrinaire, ils sont aujourd’hui nombreux dans les secteurs financiers et ceux de l’assurance. La victoire mondiale à partir des années 1980 de l’école néoclassique du libéralisme économique et l’effondrement des pays communistes devaient imposer le schéma individualiste opposé à l’État et soupçonneux de la notion même de bien commun, privant la gauche d’une partie essentielle de ses références.

  1. Le monde et la mondialisation.

     Les pays communistes se réclamant du marxisme sont aujourd’hui limités à la Corée du nord et plus ou moins à Cuba. La Chine et le Vietnam sont eux convertis à un libéralo-communisme étatique qui n’apparaît guère attrayant. Le chavisme n’est plus et le Venezuelas est exsangue. Difficile de se référer à Evo Morales tant son expérience amérindienne est spécifique. En Europe, Siriza applique fidèlement en Grèce le mémorandum européen. La gauche anti-libérale est orpheline, il lui est par conséquent bien difficile de se réclamer d’un modèle incontestable. Bien entendu, elle a tous les arguments pour dénoncer avec véhémence les conséquences néfastes pour nos pays de la mondialisation financière déployée dans les années qui ont suivi le tournant des années 1980 : les crises à répétition, la déflation, les délocalisations, la désindustrialisation, le dumping social, le recul des avantages acquis, l’accroissement des inégalités, etc. Cependant, cette contestation pâtit sans conteste de la difficulté à décrire le modèle d’une alternative qui ait fait ses preuves.

  1. La contestation fourvoyée

     Bien entendu, les populations ne restent pas sans réaction à une mondialisation libérale dont les conséquences les accablent. Les éthologues savent l’importance de la notion de territoire délimité pour toutes les espèces animales, le stress qu’il est aisé de provoquer chez un rongeur de laboratoire en le transposant dans un espace totalement ouvert. Le primate humain a hérité de certains de ce trait-là, le familier le rassure, la disparition des frontières et le contact avec l’étrange et l’étranger l’inquiète. Alors que se sont effondrées les grandes idéologies politiques internationalistes enjoignant aux prolétaires et aux damnés de la terre de tous les pays de s’unir, reste la réaction communautariste, religieuse, ethnique ou nationaliste. La révolte antilibérale, le besoin de crier sa colère, l’aspiration au changement qui ne peut plus s’incarner dans un mouvement politique solidaire devient clanique. Nous y sommes.

     S’essayer à un diagnostic m’apparaît utile mais reste maintenant à bâtir un projet. Celle, celui, ceux qui, conscients des vrais ressorts de la situation qu’ils désirent modifier, des motivations de ceux qui contribuent à la créer et qu’il s’agira de convaincre, sauront tracer une voie originale recréant le désir d’un avenir à construire existent-ils ? Si la réponse est négative, rien n’est à attendre des prochaines échéances électorales. Heureusement, j’ai du mal à me résoudre à l’évidence que le pire serait certain. Après tout, j’ai écrit avec Albert Jacquard un livre intitulé « L’avenir n’est pas écrit ». Alors chiche, qui s’y colle ?

Axel Kahn, le quinze décembre 2015.

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14 thoughts on “LA FRANCE À DROITE TOUTE ! POURQUOI ?

  1. Bonjour,

    Un belle analyse, mais seulement de l’aspect “de gauche” du problème.

    Et encore: la gauche résumée à une ambition internationaliste, progressiste, et anticapitaliste.

    Or, il y a de multiples gauches,
    et il y a de multiples droites.

    Il y a une tradition dont peut s’inspirer la gauche de gouvernement: celle d’un état fort, acteur de l’investissement public, architecte d’un espace public commun, la nation, au service (notion d'”état providence”) le l’égalité des chances, la réduction des inégalités.

    On peut retrouver cette philosophie dans les inventeur du “plan”, autant à droite (dite “gaulliste”) qu’à gauche, qu’il s’agisse de la gauche en pratique du pouvoir, en passant par les chevenementistes, et même les multiples véléités de grossir la fonction publique et l’investissement public au PCF .

    Cet Etat fort, acteur de l’épanouissement individuel via la planification et l’investissement public (“liberté économique” à droite, “réduction des inégalités” à gauche, en caricaturant), le RPR, le PS comme le PCF l’ont réclamé jusque la dernière phase de la construction européenne, dans le cadre de l’état nation.

    On pourrait lire une profonde désorganisation de toute la classe politique dans ces repère par la coincidence des deux évenements majeurs quasi-contemporains:
    – chute de l’union soviétique
    – traité de mastricht

    Je suis surpris de ne pas trouver cela dans votre analyse, qui voir la naissance du “replis clanique” uniquement face à la mondialisation et l’abandon de l’idée de progrès.

    Il y a ébranlement des modèles politiques aussi par les deux phénomènes précités:
    – perte de la référence idéologique internationaliste
    – abandon de la souveraineté nationale

    Voilà où je veux en venir: le thème du “mondialisme” qui chez les électeurs FN synthétise:
    – la peur de l’abandon du cadre national planifié de l’intervention de l’état providence: on comprend pourquoi des électeurs du PC ou de chevenement s”y retrouvent
    – le monde “mondialisé” vu comme laissant les individus en proie au despotisme de la main aveugle du marché

    A l’UMP (ou LR on ne s’y retrouve plus, vous annoncez encore un changement avec les “parti démocrate”), les discours bonapartistes sont précisément de nature à rassurer sur la volonté des politique a faire de l’Etat un acteur essentiel de l’économie comme de la possibilité pour chacun de s’épanouir (ou “tenter sa chance selon son mérite” comme vous voudrez) économiquement.

    Il faudrait analyser comment les discours se fragmentent et s’atomisent en multiples contradictions dans les partis entre:
    – soit le retour à l’état fort et le cadre national, mais au non du rejet de l’ultralibéralisme
    – soit la compétitivité internationale comme seul cadre (“la mondialisation heureuse”) que plus personne ne défend
    – soit la chèvre et le choux, comme le PS actuel, de l’europe, les marchés, les patrons, la “culture de négociation à réinventer”, bref le libéralisme du libre échange tout en donnant des assurances et promesses d’intérêt prioritaire pour les plus défavorisés, les chomeurs. Derrière va se profiler la course à l’employabilité des chomeurs, seul compromis chèvre-choux libéral de gauche (voir le gouvernement actuel)

    – soit un rejet radical du libéralisme et tout aussi radical de la nation … ??? un internationalisme sans aucun repère mondial, ni partenaire envisageable, tantot untel en grèce (qui s’avère un parfait modèle de respect des règles européennes), tantot un autre, en fait plus personne… bref un gauchisme qui va se morceler encore et encore ne continuant à trouver des militants que dans la myriades des “étudiants” gauchistes… à 20 ils sont encore assez nombreux pour se croire une force politique…

    Monsieur Axel Kahn, je ne crois pas que le phénomène majeur a noter soit le glissement à droite,
    mais une sorte de mélange des cartes politiques et de brouillages de repères classique qui va certainement, face à l’incapacité de l’union européenne à apporter la prospérité, face à l’aggravation du chomage, face aux conflits ethniques liés à l’immigration de masse, dont la question de la laicité:
    de ces problématiques va s’accroître la fragmentation des discours politiques, des tentatives de synthèses intelligentes toutes plus incongrues que les autres, dans chaque formations politique,
    que cette politique en miettes, voit surtout s’opérer des basculements idéologiques incongrus de la gauche à la droite, et de la droite à la gauche, et des relents de discours extrémistes (y compris du coté opposé) intégré dans chaque parti de droite comme de gauche.

    Certes il y a une image, fondée sur les classification admises des partis (ext droite/droite/centre/gauche/extr gauche) qui donne un glissement à droite impressionant.

    Mais la recomposition, pour être poli, ou la décomposition, pour être plus réaliste, du paysage politique, des discours et des projets dans chaque clan et formation, est non plus un glissement mais un processus de fond, rapporté à comment les électeurs y recherchent et retrouvent de façon quasi pointilliste leur repère, et votent, avec des discours mouvants et peu saisissables idéologiquement en face d’eux ; ce processus de fragmentation de la pensée politique est encore bien plus impressionnant je crois.

    Merci en tout cas pour votre analyse, qui sur une part des aspects, est excellente.

    Loïc

    • Loïc, de quelque manière qu’on le décrive, partir d’un éventail politique de l’après-guerre (et même de la fin de la troisième République) allant du socialisme révolutionnaire, avec un PC fort, à une extrême droite toujours très faible électoralement, à un spectre qui balaye aujourd’hui d’une gauche libérale à une extrême droite extrêmement forte marque une considérable évolution à droite du pays.

  2. Je me relis et peut me résumer en une phrase: face à l’évidence de l’échec du libéralisme à assurer les conditions d’une croissance, et plus encore une croissance partagée, il n’y a plu d’adhésion, y compris dans les discours de droite et FN, à une euphorie libérale – il y a sous une forme nationaliste ou bonapartiste, réaffirmation du rôle de l’état, et/ou des frontières; à gauche, face à l’effondrement des modèles internationalistes, il n’y a plus de crédibilité pour un discours qui n’intègre ni la nation comme référence, ni n’intègre les règles de l’économie de marché: je crois donc que la synthèse qui s’annonce peut-être sera le retour à l’investissement public, dans toutes les formations politiques… mais en attendant: un discours fait d’atermoiements, de contradictions idéologiques, de mélange des genre, la gauche jouant à la droite, la droite à lla gauche, plus personne n’y retrouvant rien, et pour tout dire en un mot (car mes phrases sont trop longues): s’atomise.

  3. Je souscrit intégralement à cette analyse.( j’ai 70 ans 1945). En effet notre période a été prodigue en efficacité technique je suis rentré dans la vie active en 1969 j’ai vu le premier vol de Concorde en mars 1969 à Toulouse ; en juillet l’homme était sur la lune etc ça a galopé j’étais fonctionnaire dans les services extérieurs du Ministére de l’Equipement , route autoroutes ,la technique a évolué remarquablement et bien sur les voitures avec…..bientôt la voiture sans chauffeur ou presque l’avion et le train.Maintenant on attend l’intelligence dite artificielle .conséquence immédiate : l’emploi .On peut rêver et ou regarder en arriére c’était mieux avant ceux qui disent ça ne savent pas donc ..impasse .Autre constat l,économie de marché à l’évidence elle est naturelle sauf pour certaines missions qu’il faut protéger ( il n’empêche qu’elles ont un côut) donc faut pas rêver .Je crois qu’il faut toujours avancer même si parfois on doute. il faut remarquer que la richesse a fait un bon en avant depuis la dernière guerre.Il faut en effet bâtir un projet mais surement pas en regardant dans le rétroviseur.le marché c’est forcement la compétition donc a ne pas mettre partout sinon il y aura des perdants ce qu’il faudrait éviter dans certaines activités.Il faut lancer un appel à idées autre que les élections !!! Je pense toutefois qu’il faut en démocratie apprendre à “vendre” la vérité car là ..la vérité ce n’est pas ce que le client veut entendre .

  4. Bonjour M. Kahn,

    Je suis journaliste au magazine “Ca M’intéresse” et souhaiterais vous interviewer. Auriez-vous la gentillesse de bien vouloir me recontacter ?

    Par avance, merci

    bien cordialement

    Jean-Marie Bretagne

  5. Pour certains, l’anti-libéralisme c’est le retour à l’état et au protectionnisme, mais ni l’un ni l’autre n’abordent le fait que la conception du travail, du revenu et de l’écologie ne peuvent plus se penser dans les anciens modèles économiques industriels :

    http://www.bastamag.net/Ni-protectionnisme-ni-neoliberalisme-mais-une-relocalisation-ouverte-base-d-une

    Le libéralisme actuel ne procure de la liberté plus que pour ceux au sommet de la pyramide, bien loin d’une reconquête nécessaire de l’autonomie pour la plupart.

  6. Lettre de Léon BLUM à Manuel VALLS – 23 juin 2016

    Mr VALLS, le “Manuel” du comportement politique ne prévoie pas la fronde avec le peuple français qui mérite le respect de ses revendications.
    Elles doivent être sérieusement étudiées avec une double difficulté de faire respecter l’état de droit et raffermir le moral défaillant de votre Garde nationale.

    Le peuple m’émeut car il souffre avec patiente et se bâillonne dans ses foyers mais vous contestez cette indignation sans vous soucier qu’ils sont les fils de la révolution.
    Retenez que tous les progrès n’ont de sens que si l’humain est placé au cœur du projet de société.

    Je suis honoré que l’on vous ai permis de travailler à Matignon sur mon bureau personnel.
    J’y ai passé de longues heures de réflexions à contribuer aux grandes décisions, je souhaite néanmoins qu’il vous inspire à plus de pragmatisme et de prudence.
    Une posture rigide empêche de bien voir et de bien juger.

    Je vous conjure de consulter et de contenir le peuple sans inquiéter la république.
    Je vous conseille de renoncer à exercer une politique convulsive et d’entêtement qui n’est d’aucune utilité pour l’homme et pour l’état.

    “Un antihéros incommode, redresseur de torts, qui part sauver la France
    en contestant contre son peuple qu’il prend pour un ennemi n’a aucun avenir politique”

    Vous agissez en non-sens de mes réformes qui ont représentées de grandes avancées sociales portées par le mouvement de grève de 1936.
    Si je puis être votre inspirateur, sachez que j’ai combattu le parti communisme et les fascistes mais je n’ai pas combattu le peuple car je ne suis pas adepte de la division,

    Je n’étais pas radical, Monsieur, d’abord humaniste, je fus homme de paix et homme de lettres.
    Fin tacticien, combatif et pugnace, j’ai su préserver une pure tradition socialiste.

    Pourquoi n’ai je pas aider la jeune république espagnole dont vous revendiquez vos origines ?
    L’époque est bien différente, redressez l’histoire à titre posthume sans en avoir vécu les origines n’est que spéculation.

    Il faudra trouver une place sur notre bureau commun pour mon livre “A l’échelle humaine”que je vous fais livrer et dont je vous conseille ardemment la lecture.
    J’y expose ma conception humaniste du socialisme.

    Je ne vous déshonore pas Monsieur,
    A votre parti, toute ma reconnaissance
    ?
    Po, Léon BLUM

    http://www.anatopsie.com/#!blank-9/mofqr

  7. Je ne crois pas en une droitisation de la société française, parce que pour moi les notions de droite et de gauche sont obsolètes. Autrefois, la gauche était universaliste et défendait la laïcité, or depuis une quinzaine d’années et surtout depuis la loi de 2010 sur le voile intégral les choses se sont complètement inversées : la droite défend la laïcité et des positions républicaines, progressistes, universalistes, tandis qu’une partie de la gauche et à fortiori de l’extrême-gauche est devenue anti-laïque, relativiste et donc antirépublicaine. La France ne s’est pas droitisée, mais elle ne veut plus d’une gauche démago et réac,

    • La navigation à vue des politiques, l’atomisation des actions et des convictions est en effet à déplorer. La cause en est dans ce brouillage des valeurs et des idéaux qu’illustre bien l’idée que ” les notions de droite et de gauche sont obsolètes”.

      Ce brouillage a été habilement orchestré par des gouvernements de droite… (qui ont subverti bien des mots y compris celui de “république”) et hélas, renforcé par une gauche devenue amnésique de ses valeurs fondatrices et incapable de projets de société.

      Il conviendrait, et il y a urgence à le faire, de redéfinir et de rappeler les acquis historiques de la gauche et du syndicalisme.
      Il manque actuellement une véritable éducation politique éclairée par l’histoire et des penseurs authentiques capables d’édifier une philosophie politique rationnelle et réaliste et de redéfinir des valeurs fortes, au-delà des intérêts particuliers, du pouvoir personnel et des pressions économiques.

      Qui pourra redonner à l’action politique fondements et horizon?

  8. Selon moi, la seule chose qui pourrait redonner à la notion de “gauche” tout son sens serait l’émergence d’une nouvelle gauche pro-laïcité et républicaine, patriote et universaliste. Actuellement (hormis de rares exceptions, comme Jean-Pierre Chevènement) une telle gauche, à la fois responsable et fière de ses valeurs, n’existe pas. Ou n’existe plus.

  9. La droite française sous la houlette de MM.Fillon,Guéant,Sarkozy et consorts représente une famille politique actuellement à la dérive du fait d’une balkanysation avancée (dévoiement moral)et d’une vision sociale héritée du moyen-âge (ceux qui dirigent,ceux qui travaillent,ceux qui prient).L’inculture de la plupart de ses dirigeants associée à un refus obstiné de reconnaître l’Etat républicain de droit conduisent les leaders et principaux cadres de ce courant politique dans une zone qui est celle du non-droit.Déjà,par le passé (au sortir de la 2ème guerre mondiale),la droite française avait été balayée faute d’avoir su comprendre que la voie tracée par le Maréchal Pétain était une impasse conduisant à l’indignité nationale.Quand la droite française préconise aujourd’hui d’abolir le statut des fonctionnaires comme le droit de grève des fonctionnaires,de détruire des centaines de milliers d’emplois publics,de procéder à des coupes sombres dans le budget de l’Etat (- 100 milliards),de se soumettre à l’accord de libre-échange avec le Canada (CETA)et quand dans le même temps elle considère que la presse,l’Etat de droit (l’institution judiciaire)et la constitution sont aux mains de comploteurs tantôt vichystes,tantôt gauchistes on peut penser que plus rien ne relie cette droite française au général De Gaulle et à l’intérêt général.Cette famille politique (UMP/LR)ne représente plus la modernité,la promesse de la prospérité (exception faite de la leur),la démocratie éclairée pour la France.La droite française tend à s’affirmer,jour après jour,comme un ramassis de « personnalités » sous le coup ou dans l’attente d’une décision de justice,incapables de faire preuve de désintéressement et d’intelligence pour la France,les Français,d’incarner un avenir prometteur.Cette droite affairiste abaisse la France :elle est condamnée à la faillite.

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