Azincourt, guérilla, terrorisme et Covid_19


Dans la suite de mon billet « épidémie banale, désastre sociétal (https://axelkahn.fr/epidemie-banale-desastre-societal/), je poursuis ma réflexion sur les fragilités de la force. La bataille d’Azincourt m’en offre un point de départ arbitraire, le 25 octobre 1415. L’ost du roi fou, Charles 6, veut barrer la route avec ses 10 à 15.000 hommes à l’armée d’Henri V, 8000 hommes, qui cherche à rembarquer à Calais pour regagner l’Angleterre. Les Français ont une cavalerie lourde nombreuse, bien équipée, le déséquilibre des forces à leur profit est flagrant. Le désastre français est total, 6000 morts contre 600 en face, 2200 prisonniers. Il faudra attendre Jeanne la pucelle pour relever la tête. La victoire anglaise est fille de la certitude de victoire dans le camp adverse, de la légèreté d’un équipement inférieur, nous avons tous appris cela. L’arc se bande plus vite que l’arbalète ne se retend, le chevalier cuirassé est, à terre, une proie sans défense. Parfois, la puissance et la confiance qu’elle engendre sont des faiblesses, de redoutables défauts dans la cuirasse.

La guérilla peut par certains aspects être comparée au schéma d’Azincourt en ce qu’elle est théorisation de l’utilisation optimale de la faiblesse et du déséquilibre des forces, l’utilisation de la supériorité de l’adversaire à son détriment. Elle sonnera en Espagne la fin de la toute-puissance de l’armée impériale de Napoléon, l’incroyable machine de guerre allemande n’en viendra jamais à bout en ex Yougoslavie, les Français quitterons l’Algérie, les Américains le Vietnam. Puis l’Irak et l’Afghanistan. Plus augmentait le déséquilibre des forces, plus la résistance de l’ennemi devenait couteuse et la possible défaite cruelle. En effet, les moyens investis pour venir à bout d’une « infiltration ou d’une position ennemies » s’accroissaient en totale disproportion avec ceux nécessaires pour les perpétuer ou les tenir, et même en renforcer l’efficacité. Bien entendu, cette disproportion prend les proportions les plus démesurées avec le terrorisme dont je donnerai pour exemple sinon initiateur au moins emblématique la lutte presque victorieuse des chiites ismaéliens du « Vieux de la Montagne » et de ses « hashishins» contre les califes sunnites de Bagdad. Tant que la force peut être accrue au point de venir finalement à bout du faible, la victoire n’est que de plus en plus onéreuse mais demeure une victoire à la portée des plus riches. En revanche, lorsque le faible résiste, le fort peut s’y épuiser, s’y ruiner et risquer de sombrer. À moins de rompre à temps. Affaibli mais vivant.

Ces considérations historiques et stratégiques nous ramènent à la lutte épique contre les épidémies, fléaux inéluctables de l’humanité. Lorsque l’humanité était faible, ignorante, impuissante, les plus graves de ces épidémies pouvaient la mettre à genoux, telle la peste noire qui fit entre 1347 et 1352 de 75 à 200 millions de mort, 25 millions en Europe, de 30 à 50 % de la population. Heureusement, les progrès de la médecine, les quarantaines et désinfections, la découverte des germes, les vaccinations et les antibiotiques, les possibilités de la réanimation des malades en état critique devaient illustrer les bienfaits du progrès fondé sur la science, le fort de plus en plus fort triomphait.

Au XXe siècle, au moins dans les pays les moins pauvres, seules les épidémies virales rappelaient vraiment les situations d’antan, je l’ai déjà évoqué dans mon précédent billet. Le fort faisait le dos rond, il encaissait les coups, cruels sur le plan humain, mais n’y engageait pas toutes ses forces vives en même temps. Et comme il était déjà vraiment très fort, il finissait par l’emporter, contre le VIH du Sida, le virus de l’hépatite C, le virus Ebola. Et ce contre quoi il demeurait impuissant finissait par refluer, telles les épidémies de grippe de 1918, 1957, 1968, 2009. L’étendu des connaissances est impressionnant, la vie humaine, celle des siens en tout cas, est devenue une valeur suprême. Même si elle est loin d’être universelle, c’est là évolution qu’un humaniste ne peut déplorer. Elle recèle pourtant un piège peut être inévitable, pour les armées modernes prêtes à tout pour éviter la perte de ses soldats comme pour les médecins et les sociétés disposés aux plus grands sacrifices pour sauver les siens et surtout ne rien céder à l’ennemi sournois qu’est le virus émergent. Il y a 50 ans encore, on admettait le sacrifice de « la part du feu », il est aujourd’hui scandaleux, l’homme du XXIe siècle n’est pas prêt d’y consentir. Alors, « no passaran », mobilisation générale, c’est beau. Mais s’il passe, ce frêle parasite des chauves-souris, lui ou la cohorte de ses successeurs, alors ce peut être le désastre. Le talon d’Achille du fort est la démesure que la conscience de la force insuffle lorsqu’elle côtoie le sentiment de l’invulnérabilité, de la toute-puissance. L’énergie, la combativité ainsi démultipliées sont justifiées pour préserver la valeur humaine, elles sont toujours couteuses même dans la victoire et potentiellement mortelle lorsqu’elle cette dernière se refuse.

Décidément, à la faiblesse biologique de la vie, vie humaine comme des autres formes de vies, il convient d’ajouter la faiblesse induite par la puissance humaine et l’ivresse qu’elle induit. Il peut être, en définitive, plus aisé de combattre la première que la seconde.

Axel Kahn, le dimanche 26 avril 2020.

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18 thoughts on “Azincourt, guérilla, terrorisme et Covid_19

  1. L’analyse et la mise en relief historique est interessante. Pourriez vous la poursuivre en mettant en perspective la manière et les résultats obtenus contre cette pandémie en France et en Allemagne? Avec des pistes de réflexions sur nos certitudes françaises ?

    • Très difficile car l’épidémie n’est pas une réalité nationale mais régionale. Rennes, Brest, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Perpignan et leurs régions sont très peu impactés. La France l’est avant tout du fait de Grand-Est et de l’Île de France. La Grèce est encore moins impactée que l’Allemagne, l’Est s’en tire bien (Pologne, Hongrie, Bulgarie, Ukraine). Donc, au delà de l’utilisation polémique, cette comparaison précise a peu d’intérêt.

      • Vrai, et si démonstration il y a pu avoir, elle a apparaît effectivement plus avec objectif polémique, comme on peut parfois le lire. Merci pour les compléments

    • Petite précision : en Espagne la défaite militaire des Français (1812-1813) a surtout été due au corps expéditionnaire britannique de Wellington , auquel il faut ajouter l’absence de commandement unique (en l’absence de Napoléon) ainsi que la rivalité entre maréchaux qui se tiraient dans les pattes. Les armées régulières espagnoles étaient toutes battues sévèrement et l’action de la guérilla a été très exagérée sur le plan militaire : à elle seule elle n’a pas constitué un élément déterminant. Le mythe de la guérilla espagnole battant “l’envahisseur français ” est essentiellement une construction de la propagande nationaliste espagnole au dix-neuvième et au vingtième siècles. Bien à vous

  2. L’outil militaire sanitaire ou militaire tout court d’aujourd’hui est le renseignement. La maîtrise de l’information qui permet d’utiliser au mieux la cavalerie lourde ou l’archer agile. Le renseignement au plus près des individus et au plus global es états. Avec un risque liberticide évident car de plus consenti, voir demandé par les citoyens. Le pistage forme numérique du dépistage, à suivre. Merci de vos publications qui font du bien et m’apportent vigueur et humanité.

  3. Bonjour Pr Kahn,
    Je suis en train de lire « Histoire de la peste » de Jean Vitaux. Certains, parmi ceux qui vous suivent, pourraient apprécier cet ouvrage et ses enseignements.
    D’autre part, cette pandėmie nous fait peut-être prendre conscience combien l’humanité est exposėe aux risques (non seulement épidémiques mais aussi catastrophes de tous ordres : astéroïdes, éruptions solaires, supernovae, etc.} Il faut donc que, au cours des décennies (et des siècles a venir !), les hommes préparent des protections dans la mesure du possible. En attendant remercions la nature, ce mystère fondamental, d’avoir créé les circonstances qui nous ont permis d’exister !
    Bonne journêe !
    Michel Vincent

  4. A propos peste noire, Leroy Ladurie en donne une image saisissante dans son “Histoire des paysans français”, un pavé que je recommande. Sa description des campagnes françaises après passage du cataclysme est digne des films de science-fiction les plus “hollywoodiens” d’aujourd’hui.

  5. Professeur,
    Merci pour vos si précieux “billets”. Ne trouvez-vous pas que nous sommes dans une drôle d’époque (commencée, il est vrai, il y a quelques décennies).
    Voilà qu’aujourd’hui, la moitié du monde “développé” est prête à tous les excès en termes d’endettement, au point de déclencher, peut-être, une récession mondiale pour éviter des morts “quoi qu’il en coûte”, alors que dans des temps plus reculés on admettait qu’il y aurait forcément des pertes de vies humaines, un peu comme dans l’armée on disait (un peu macabrement, je vous l’accorde) que l’on avait droit à “7% de pertes”.
    Aujourd’hui, plus rien de cela. La vie est devenue sacrée, au-dessus de toute autre chose. Certains voudraient même être immortels. Ce qui affaiblit sérieusement notre capacité à lutter avec lucidité contre les malheurs qui nous frappent.
    En fait l’homme du XXI° siècle a peur de la mort, elle lui est devenue insupportable. D’où l’audience que rencontre la parole écologiste, qui sous couvert de protection de “l’environnement”
    a pour fin ultime la protection de NOTRE espèce (humaine), comme si la Terre ne pouvait pas continuer a vivre sans nous. Quel égoïsme !!

    • Cher Jacky Rousseau, je répondrai à votre excellent commentaire en même temps qu’à celui de Francis Baldassi dont la position est l’exact inverse de la vôtre. Voire ci-après.

  6. Bonjour. Je souhaite m’arrêter sur l’une de vos phrases qui à mon sens est révélatrice d’une réflexion philosophique. Elle semble être partagée ici ou la dans les hautes sphères du pouvoir si ce n’est politique en tout cas médiatique. ” . Il y a 50 ans encore, on admettait le sacrifice de « la part du feu », il est aujourd’hui scandaleux, l’homme du XXIe siècle n’est pas prêt d’y consentir. ” Il m’apparait que plus que d’admettre on subissait les fléaux car on ne disposait pas des outils techniques et du savoir scientifique permettant de combattre certaines épidémies virales. On peut évidemment avoir une vision fataliste de la mort et c’est vrai que tout un chacun connaitra un jour la fin de sa vie, néanmoins la médecine, la science et la technique ne se justifient que par leurs capacités à augmenter le bien-être ou à faire reculer le mal-être. L’humanité n’est-elle pas en perpétuelle lutte contre la mort, Toutes les inventions humaines ont été motivées par cette recherche du recul de la mort. La productivité agricole pour lutter contre la famine, celle de médecine pour contrer la maladie, celle de l’éducation pour libérer les énergies créatrices. On pourrait multiplier les exemples.

    • Francis Baldassi défend la position inverse de celle de Jacky Rousseau et, en une certaine mesure, de Michel Vincent et Boris Cyrulnik. ” La médecine, la science et la technique ne se justifient que par leurs capacités à augmenter le bien-être ou à faire reculer le mal-être”
      Mon papier n’a nullement le but de prendre position entre ces points de vues qui se défendent les uns et les autres. Il est d’observer que la nature du progrès technique est de rendre progressivement de plus en plus couteux des progrès supplémentaires de plus en plus limités. A quelques heureuses exceptions prêtes. Il exige par conséquent une intense création de richesse à laquelle il contribue. Cela vaut du mélomane qui est parvenu à une audition de qualité en passant du transistor à une chaine haute fidélité de 1500 euros. Un prix ! Pour avoir franchement mieux, il devra mettre le triple !

      Cette dynamique est source de deux fragilités. la première est celle soulignée par Boris Cyrulnik : de tels moyens disponibles peuvent exiger une logique productiviste bien peu respectueuse du monde et des gens ! La seconde émerge lorsque le but poursuivi est si difficile à atteindre que sa poursuite malgré tout exige des efforts insupportables. Les ravages de la crise économique terrible dans laquelle le monde s’engage peut-être pourront à l’aune de l’histoire l’emporter de loin sur les centaines milliers de vies de personnes ayant plus mon âge – et qui auront été épargnées – que celui de mes enfants et petits-enfants, victimes principales de ce qui se dessine. La gestion du progrès n’est précautionneuse qu’à la condition de maintenir ouvert l’éventail des choix.

      • Je ne partage pas l’avis que le progrès serait trop couteux. Ce qui est couteux c’est l’appropriation privé du profit résultant du travail socialisé. Une autre répartition de la richesse est nécessaire pour développer les biens communs. Je ne parle pas de partage de la richesse car je pense que la solution aux grands maux de notre époque ne passe pas par une distribution de pouvoir d’achat sans nuances. Développer les communs, pourraient par exemple passer par la gratuité des transports en commun terrestres, ou la mise à disposition gratuite ou moins chère de l’eau, électricité ou gaz. Une amélioration substantielle de l’habitat, et de l’enseignement. Je partage l’avis que la société de consommation, qui est le nom “propre” du capitalisme est basée sur le gaspillage et la création de besoins non essentiels. C’est pourquoi je ne plaide pas pour une distribution monétaire visant à relancer la machine à créer du profit privé. Les défis qui se présentent à l’humanité nous obligent à repenser l’activité économique et ses finalités. Il faut des moyens gigantesques pour tenter de limiter les effets des dérèglements climatiques, économiques et sociaux et je ne pense pas que le marché en aurait-il la volonté qui basé sur la concurrence exacerbée entre les multinationales soit en capacité de relever ces défis.

        • Cela, c’est un tout autre problème, par ailleurs important mais qui n’impacte en rien l’évidence que le progrès technique est de plus en plus cher pour un gain de plus en plus restreint. Même phénomène par certains aspects que la baisse tendancielle du taux de profit avec le développement du capitalisme monopoliste d’État selon Marx. Avec un million d’euro, on vaccine 500.000 enfants contre la rougeole en Afrique, ce qui en sauve 200.000 en cas d’épidémie. Avec la même somme on obtient une amélioration de l’espérance de vie de un an chez un malade atteint d’un lymphome de haut grade et traité par des CAR-T cells. Avec 10.000 euros de plus, ont achète 75 vélos ou bien on accroit légèrement les performances de sa voiture. Alors, si l’investissement est un échec, en Chine populaire maoïste comme aux États-Unis et qu’on est prêt à tout pour ne pas l’accepter, ce peut-être la ruine. Pour l’étude du bien commun, de la notion de progrès et du libéralisme, vous pourriez profiter du confinement pour lire Kahn, il a écrit pas mal de bouquins sur le sujet…

          • Je ne sais pas si la théorie de la baisse tendancielle du taux de profit est validée par l’histoire du capitalisme. Si c’est le cas cette tendance est largement contrariée par le subventionnement du capital privé par les finances publiques (voir le CICE) et par la concentration du capital. Si cette théorie est exacte elle valide d’autant plus la nécessité de socialisation des produits du travail par une autre distribution de la ressource.

  7. Bonjour !
    Cette pandémie, pour la première fois, se produit dans un monde ayant atteint un niveau de technologie inégalé. Toute technologie a ses avantages mais génère aussi son lot inconvénients. Ces derniers commencent à devenir difficilement contrôlables si ce n’est en rajoutant encore une couche de technologie avancée (AI, etc).. Il semble maintenant que l’on ne puisse plus descendre du train, il va trop vite ! Il nous reste donc pus qu’à réfléchir et à agir de plus en plus rapidement.
    A ce propos, je cite une partie des propos de Boris Cyrulnik que je viens juste d’entendre à la radio :
    « … on découvre que probablement cette épidémie a été provoquée par l’hypertechnologie : la technologie de l’élevage qui a concentré les animaux, ce qui augmente le transport du foin, l’effet de serre, la technologie du transport des aliments, celle de l’aviation qui transporte le virus, car le virus ne se déplace pas tout seul. … Je pense qu’on a oublié que l’on appartient au monde vivant. Nous partageons la planète avec les animaux. Si on les enferme, si on fait des élevages en surnombre, en surpopulation on crée des conditions où les excréments des animaux fabriquent des virus. Ensuite le transport (avion, voiture) fait le reste. Si on massacre le monde vivant on partira avec lui. Tout ceci ’est une banalité mais c’est une leçon oubliée dont les scientifiques et les politiciens devront tenir compte. On avait oublié que l’on n’était pas au-dessus des lois de la nature. Non, on est DANS la nature et la technologie la bouleverse tellement que l’on crée des épidémies et que l’on espère arriver a contrôler ».
    Assez juste, non ?
    Bonne journée
    Michel VINCENT

  8. Cher Pr Kahn,
    Toutes ces réflexions font avancer le Schmilblick. Merci à tous !
    Pour continuer un petit peu : Je n’arrive pas à vraiment penser que, toujours, un delta de progrès supplémentaire coûte toujours plus même si cela est généralement vrai.
    En effet, c’est sans compter sur les ruptures technologiques (qui on été d’ailleurs nombreuses dans le passé) qui font progresser d’un seul coup les connaissances et les applications. Et qui changent complètement l’équation économique, sociale, sanitaire, etc
    Par exemple, imaginez seulement ce qui se passera lorsque l’humanité aura à sa disposition une gigantesque capacité de calcul grâce à un saut majeur que l’on n’aperçoit pas encore mais que je pense inéluctable (par exemple par maîtrise du calcul quantique), de nombreuses ouvertures de « progrès »
    apparaîtront alors. Idem concernant des révolutions conceptuelles qui peuvent influencer assez rapidement ‘avenir (Ex : Einstein avec la relativité ou Bohr avec la physique quantique).
    La « nature » est pleine de ressources !
    Imaginez aussi qu’un projet de type ITER débouche dans un demi-siècle avec une perspective d’énergie illimitée à disposition de l’humanité …
    Etc. etc.
    Bonne soirée
    Michel VINCENT

    • L’IA est immensément onéreuse et incroyablement dispendieuse en énergie….Il faudra bien ITER pour faire face….Merci, cher “Correspondant fédéral”, de ces beaux exemples…Mais bon, les ruptures technologiques permettent en effet de faire des gains de coût ou de productivité. Le smartphone Huawei est moins cher que l’iPhone d’Apple…..Tendanciellement, pourtant, la technologie des smartphones a sans conteste beaucoup enchéri les dépenses de communication….Et chaque nouvelle bécane d’une marque apporte peu de progrès pour un prix en croissance….Bonne soirée.

  9. Cher Pr Kahn
    Vous m’avez reconnu : normal, je n’ai pas encore pu me procurer de masque chez mon pharmacien !
    Donc, miracle du confinement, on est allègrement passé du longbow d’Azincourt à l IA, en passant par le smartphone : plus qu’un saut quantique !
    Au passage, rappelons nous que l’ordinateur du module lunaire Apollo était cent mille fois moins puissant qu’un smartphone actuel (bien que la comparaison soit un peu discutable car le smartphone pour son fonctionnement fait partie d’un metasytème complexe – GPS, réseaux,, etc )
    Sur les aspects du progrès technique, de la croissance, de l’énergie, etc je conseillerais à vos lecteurs les (nombreux) livres de Vaclav Smil (scientifique tcheco-canadien de l’université du Manitoba)
    Mais il y a aussi l’avenir inquiétant décrit par Ray Kurzweil (directeur de l’engineering chez Google) qui a une pensée assez (c’est un euphémisme) perturbante sur l’évolution de l’espèce humaine. C’est le « Meilleur des Mondes » de Huxley en bien pire !
    Il vaut mieux alors écouter le poétique John Lennon dans « Imagine »
    Bon courage dans votre travail de Président de la Ligue. contre le Cancer
    Et bonne nuit !
    Michel VINCENT

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