CANCERS ET ALIMENTATION


L’alimentation, hors alcool, est une préoccupation majeure de la population qui y voit volontiers la cause principale des cancers. Tel n’est pas le cas mais elle occupe néanmoins la troisième place parmi les causes de cancers évitables, avant tout par l’intermédiaire de l’obésité dont on connait assez bien les principaux mécanismes cancérigènes, mais pas seulement.

Le glucose, le sucre par lui-même est sans doute, je l’ai déjà signalé, un facteur de risque, promoteur de cancers. Là encore, les intermédiaires de sa toxicité sont bien documentés.

Les viandes doivent être consommées sans excès. Le fer héminique de la myoglobine et ses nitroso-dérivés sont des oxydants puissants qui facilitent la peroxydation des lipides, en particulier de la membrane nucléaire, et peuvent accroitre le taux de mutations.

Évidemment, les barbecues et la viande trop grillée y rajoutent des goudrons cancérigènes, du même type que ceux de la cigarette.

Les nitrites, encore utilisées sans raison véritable dans les charcuteries, engendrent la formation de fer nitrosylé (nitroso-hème, https://axelkahn.fr/wp-content/uploads/2019/12/750px-Nitrosyl-Heme.png) et de nitrosamine et nitosamide, cancérigènes avérés. Ils seraient responsables de près de 10% des cancers colorectaux (https://axelkahn.fr/wp-content/uploads/2019/12/NIH-Nitrites.jpg), soit 3300 par an en France. Les sources de vitamine C, de tocophérols et Vitamines E, seraient protectrices, de même que les fibres de cellulose pour le cancer du côlon.

Il n’existe pas de statistique fiable pour démontrer que le risque global de cancers serait diminué par la consommation exclusive d’aliments issus de l’agriculture biologique. La sympathie pour ces derniers peut s’appuyer plutôt sur des considérations gustatives et environnementales.

Alors, quels conseils raisonnablement étayés La Ligue peut-elle donner à ce jour ?

Une alimentation équilibrée associée à une activité physique suffisante et au maintien d’un poids non excessif. Une modération en alcool, un évitement d’un régime trop carné, évitant les charcuteries nitritées ou les réduisant à moins de 20 g par jour. Se méfiant des barbecues trop fréquents. Une chasse au sucre en excès, par exemple aux soft-drinks, de plus générateurs d’obésités. Les légumes verts, les fruits apportent des fibres et de l’acide ascorbique (Vit C). L’huile de tournesol, de noisette, puis de colza apportent des tocophérols et de la Vit E, de même que le poisson. Cependant, pour d’autres raisons nutritionnelles (teneurs en omégas 3), l’huile de colza, bon marché, peut être privilégiée.

Axel Kahn, Président de Ligue Nationale Contre le Cancer.

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2 thoughts on “CANCERS ET ALIMENTATION

  1. Monsieur Kahn,
    Vous indiquez très justement que le fer heminique est un oxydant puissant dans les viandes. Le nitrite justement se fixe au fer heminique par sa forme NO et agit comme un anti oxydant puissant lors de la cuisson et la conservation C’est pour cela que la couleur est préservée et qu’on n’observe pas d’apparition d’aldhydes. Les nitrosamines formées dans l’estomac est une hypothèse que nous sommes en train de mesurer avec l’Inra Quapa.

  2. Cher Monsieur,

    Les viandes rouges ne sont pas nitritées et cette question est peu pertinente. Les agences américaines viennent de publier une étude très intéressante sur les charcuteries nitritées, bacon et saucisses, qui laissent peu de place au doute. Merci de votre commentaire.

    Très cordialement.
    Axel Kahn

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