CRISE ET IDÉOLOGIE, encore.


     Ce dont je ne parlerai pas : le Ministère du droit des femmes, de la layette et des couches culottes. La nouvelle version de “faute de grives, on mange des merles”…., ici, faute de Nicolas Hulot, on prend Jean-Vincent Placé, Emmanuelle Cosse et Barbara Pompili, il faut au moins ça. Cette remarque n’enlève rien au respect que j’ai pour les deux dames, elles seulement. En fait, je n’évoquerai même plus le récent remaniement qui n’est pas vraiment un événement.

      Plus important est bien entendu la confirmation expérimentale de la déduction physico-mathématique d’Albert Einstein que des ondes gravitationnelles de nature non électromagnétique mais constituées de déformations oscillatoires de l’espace temps par le mouvement rapide de masses considérable (étoiles à neutron, trous noirs), associées à des gravitons, devaient exister. C’est là une découverte considérable mais la vie des gens n’en sera cependant pas impactée.

     Non, le plus important est une autre et malheureuse confirmation, celle de ce que moi-même sur mon blog et d’autre ailleurs serinons depuis un bon bout de temps : la crise économico-financière qui n’a jamais vraiment cessé est de retour sous sa forme aiguë et brutale. Les bourses dégringolent dans le monde entier, le prix du pétrole est en dessous de trente dollars le baril, les banques, notamment européennes, sont attaquées et menacées. L’idée d’une reprise vive de la croissance dans les différents pays, le nôtre en particulier, est dans ces conditions pour l’instant une illusion. J’ai longuement expliqué les causes de la rechute actuelle de l’économie mondiale, je n’y reviens pas, elles sont toutes confirmées. Je tiens seulement à insister sur le fait que le libéralisme version 1980, le même à dire vrai que celui défini en 1714 par Bernard Mandeville dans la fable des abeilles (Les vices privés font les vertus publiques) et complété à la fin du XIXème siècle sous le nom d’école néoclassique de l’économie libérale, appelle ce type de crise comme la nuée appelle l’orage, pour paraphraser qui vous savez.

     La politique de limitation maximale des salaires et prestations sociales pour augmenter les profits et la compétitivité extérieure est intrinsèquement déflationniste, le risque de déflation n’étant compensé que par la vigueur du commerce à l’exportation. Toute crise des pays émergents et de la Chine qui tirent habituellement la demande extérieure mondialise la déflation, on y est. La recette keynésienne d’augmentation de la masse monétaire pour contrer la déflation n’est efficace, difficilement à vrai dire et le cas échéant, qu’à la condition d’une allocation de la monnaie créée à l’économie réelle et aux consommateurs des classes pauvres et moyennes, celles qui utilisent toute augmentation des revenus pour satisfaire des besoins. Pour des raisons idéologiques « libérales néoclassiques », l’argent imprimé est remis en fait et hélas aux banques privée qui en détournent la plus grande partie pour « investir » dans les domaines supposés être les plus rentables à court terme, c’est-à-dire en fait pour spéculer, en particulier en des opérations purement financières et le pétrole.

     Les ÉU afin de reprendre le leadership pétrolier mondial et affaiblir la Russie, se libérer de la dépendance énergétique vis-à-vis des pétromonarchies, se sont lancés à corps perdu dans l’exploitation des pétrole et gaz de schistes. Afin de contrer la menace, l’Arabie Saoudite a forcé sa production de pétrole, moins onéreuse que celle des gaz et pétrole de schiste. Comme dans le même temps la demande mondiale décroissait, les prix ont chuté plus que prévu. Le budget de la Russie et des pays producteurs de pétrole s’est alors trouvé en grand péril, les poussant à tenter de vendre encore plus d’énergie, en amplifiant par là même la chute des cours. Dès lors, la manne financière des pétrodollars qui depuis des décennies dopait l’activité financière en Occident s’est tarie, les banques américaines qui avaient investi dans l’exploitation des gaz et pétrole de schiste dont l’exploitation risquait de perdre toute rentabilité se sont trouvées en difficulté, suivie par les établissements très exposées aux risques de société pétrolières classiques. Les bulles financières gonflées par la monnaie créée, détournée de son usage vertueux par simple préjugé idéologique, menacent d’éclater, elles éclatent. On en est là.

     Vous comprendrez combien je suis peu impressionné quand on me dit qu’un brillant et sémillant jeune produit de cette idéologie libérale néoclassique mortifère, en charge de l’économie de mon pays, s’efforce de l’adapter à marche forcée à cette logique « pseudo-moderne » que vantent ses patrons au gouvernement mais qui n’éblouit guère que les idéologues de son acabit, les benêts et les ignares .

Axel Kahn, le douze février 2016

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3 thoughts on “CRISE ET IDÉOLOGIE, encore.

  1. La seule véritable erreur est celle dont on ne retire aucun enseignement Citation de John Powell

  2. Une initiative ponctuelle mais symboliquement importante pour que nos concitoyens retrouvent confiance en la démocratie : signer et diffuser la pétition contre la nomination au gouvernement de Jean-Vincent Placé au nom de la moralisation de la vie politique et de l’exemplarité attendue des ministres.
    https://www.change.org/p/le-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-mr-hollande-r%C3%A9voquez-mr-jean-vincent-plac%C3%A9-au-nom-de-la-probit%C3%A9-attendue-des-ministres

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