UN ÉLECTEUR DE GAUCHE PEUT-IL ET DOIT-IL VOTER À LA PRIMAIRE DE LA DROITE ?


Je ne me prononcerai pas sur la question « doit-il ?» à laquelle la réponse ne peut-être qu’individuelle. Pour ma part, je ne le ferai pas, parce que catalogué, non à tort, comme un homme de gauche, ancien adversaire de François Fillon aux élections législatives de 2012, je conçois qu’une telle démarche de ma part soit prise par les personnes de droite qui tiendront le bureau des primaires où il me faudrait voter comme une provocation. C’est plutôt le dilemme de « peut-il ?» que je désire discuter. Deux arguments sont en général avancés par ceux qui répondent négativement à la question, l’un de principe, l’autre politicien.

Sur le plan des principes, les votants doivent s’engage par signature à partager « les valeurs de la droite ». Si tel n’est pas le cas, apposer sa signature équivaudrait à un parjure. Cela est formellement exact, même si le terme de « mensonge » serait sans doute mieux adapté à la situation, d’aucun proposeront « un pieux mensonge », un mensonge proféré pour des raisons supérieures, l’intérêt de la Nation.

L’argument politicien pour ne pas se mêler de cette primaire si on se situe à gauche est que, bien sûr, 90% des voix des votants à cette consultation des électeurs de l’autre camp se porteraient vers Alain Juppé, un adversaire vu comme bien plus redoutable pour les représentants de la gauche que Nicolas Sarkozy. Il s’agit là, contrairement, à l’objection précédente, d’un raisonnement critiquable. Sachant qu’avec plus de 25 % des intentions de vote depuis des années, Marine Le Pen est en principe assurée d’être au second tour, chacun sait qu’il n’y a plus qu’une place à prendre, par la gauche ou la droite et les centristes (LR, UDI, Modem..). A ce jour, le candidat de gauche le mieux placé dans les sondages est Jean-Luc Mélenchon, son arrivée en finale tiendrait du miracle ou du cataclysme, comme on voudra, elle supposerait un transfert massif du FN vers le FG, quand même bien improbable. Sinon, la candidature du Premier Ministre, de plus en plus évoqué et soutenue, en creux ce matin par Jean-Christophe Cambadélis lui-même sur France inter, aurait quelques difficultés à s’affranchir de l’hostilité forte, de la rancœur même laissées par les épisodes de la loi travail, de son vote minoritaire à coup d’articles 49-3, de son activisme sur l’inscription dans la constitution de la déchéance de nationalité. François Hollande aurait à remonter du diable vauvert où il est encalminé depuis des lustres pour se hisser aux quelques 20-22% nécessaires, prix minimal du ticket pour le second tour. Je dois avouer être sceptique devant l’alternative Arnaud Montebourg. Seule Ségolène Royale à gauche pourrait peut-être faire mieux mais il est bien possible qu’après tous les coups qu’elle a reçus, elle hésite à retourner au casse-pipe.

Dans l’hypothèse où François Hollande, on ne sait trop comment, atteindrait le second tour, ce serait certes une divine surprise mais avant tout pour Marine Le Pen : il est à ce jour le seul adversaire qu’elle ait des chances de vaincre. Les études de transfert des voix de la droite à des seconds tours opposant un socialiste ou autre représentant de la gauche et le FN montre depuis 2013 qu’elles se divisent presque en trois parts égales, un tiers vers l’abstention, un tiers vers la gauche, un tiers vers l’extrême droite. La droitisation marquée de la campagne de nombreux candidats à la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Jean-Frédéric Poisson, voire François Fillon, a sans doute amplifié encore l’appétence pour le FN d’une partie de cet électorat. De plus, la haine de François Hollande dans cette famille politique est ardente, elle n’a jamais faibli. Tentons une projection : au premier tour, Marine Le Pen obtient 9 millions de voix, François Hollande 7,7 millions, Nicolas Sarkozy 7 millions, Jean-Luc Mélenchon 4,9 millions. Sans préjuger du report des voix de ce dernier, l’application au résultat du second tour des tendances rappelées ci-dessus donne à Marine Le Pen 11,3 millions de suffrages auxquels il faut rajouter sans doute un million de voix de Nicolas Dupont-Aignan, soit 12,3 millions. Pour François Hollande, le socle serait de 10 millions, auxquels il convient de rajouter 1,5 millions venant des écologistes et autres petits candidats, soit 11,5 millions. Il peut s’en sortir si la moitié et plus des électeurs de Jean-Luc Mélenchon se reporte sur lui, l’amenant disons à 14 millions dans le cas le plus favorable, avec néanmoins, les chiffres le suggèrent, une possibilité de défaite. Sur de nombreux points (politique européenne, politique étrangère, politique sociale), il y a moins de distance formelle entre les discours de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen qu’avec politique et discours du couple Valls – Hollande. Si François Hollande s’en tirait néanmoins, il serait le président d’une France dans laquelle le FN aurait recueilli 47 pour cent des suffrages, il est pratiquement certain qu’il ne disposerait pas de la majorité aux législatives qui suivront. Quel républicain attaché à son pays pourrait vouloir cela pour la France, qui pense qu’une telle « victoire » soit en quoi que ce soit protectrices des valeurs sociales, humanistes et républicaines auxquels il est attaché ?

Aujourd’hui, l’extrême droite et la droite de la droite, la fachosphère, se déchainent comme jamais contre « Ali Juppé » qu’ils affublent d’une barbe islamiste, qu’ils présentent comme un mou para-hollandais, un traitre à la sauce François Bayrou. C’est bien entendu qu’il constitue quand même le principal obstacle républicain à l’arrivée au pouvoir de leurs idées. Alors ma foi, que des républicains dont le cœur penche à gauche commettent ce pieux mensonge de déclarer qu’ils se reconnaissent dans les valeurs de la droite pour éviter au mieux ce qu’ils redoutent par-dessus tout, l’absence totale au second tour d’un choix possible, je les en absoudrais bien volontiers si le pouvoir m’en était donné.

Axel Kahn, le vingt-quatre octobre 2016

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32 thoughts on “UN ÉLECTEUR DE GAUCHE PEUT-IL ET DOIT-IL VOTER À LA PRIMAIRE DE LA DROITE ?

  1. Si cela peut aider à choisir les personnes pour lesquelles nous souhaitons la présence dans l’élection présidentielle. Alors oui un sympathisant de gauche à le droit de intervenir dans la primaire de droite pour favoriser un des deux candidats. Enfin ce sera mon choix au soir du premier tour , si cela est nécessaire.

  2. Valeurs de droite et valeurs de gauche, qu’est-ce cela veut dire ? Les seules valeurs dans lesquelles je me reconnais sont les valeurs humanistes, progressistes et universalistes de la République française. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la gauche et à fortiori l’extrême-gauche leur ont fait beaucoup de tort. A mes yeux la ligne rouge a été franchie il y a six ans lorsqu’elles se sont opposées à la loi interdisant le voile intégral, et ce pour des raisons purement électoralistes , bassement politiciennes. Et il existe d’autres exemples tout aussi consternants. Aujourd’hui, hormis Valls et deux ou trois autres, lorsque la gauche parle de laïcité et de valeurs républicaines, plus personne ne peut sérieusement y croire.

    Ancien électeur de gauche écoeuré par ses dérives antirépublicaines, je voterai Alain Juppé sans aucune hésitation, parce qu’il est le seul à pouvoir rétablir l’autorité républicaine et à faire barrage à l’extrême-droite et à l’extrême-gauche, dont beaucoup de gens semblent encore minimiser la dangerosité. Qui soutient les casseurs essayant d’assassiner des policiers ? Une partie de l’extrême-gauche. Qui soutient les indigènes de la République, ce groupuscule intégriste et néo-nazi prônant entre autres la”lutte des races”, le rejet de la mixité et l’assassinat des Juifs ? Une partie de l’extrême-gauche.
    L’extrême-droite et l’extrême-gauche sont les deux faces d’une même médaille, et je ne vois personne hormis Juppé qui puisse s’opposer à elles.

    PS: contrairement à ce qui est dit dans ce billet, de nombreux électeurs de Dupont-Aignan refuseraient absolument de voter FN.

  3. Sylvain Foulquier, concernant Dupont-Aignan, je me suis fondé sur des sondages de projection de report, évidemment sujets à caution.

  4. Toujours surpris par les spéculations sue une situation dont tous les éléments ne nous sont pas connus, mais que l’on considère comme définitivement acquise et intangible. Sur la foi de sondages, reflets d’un instant on anticipe et tous les candidats, déclarés ou à venir, devraient renoncer, si leurs chances, sont considérées comme nulles ou improbables,par les instituts de sondages. Rappelons les scores qu’attribuaient les divers instituts à Arnaud Montebourg, Ségolène Royal, François Bayrou, François Hollande et d’autres en début de campagne en 2012. Comme si le propre d’une campagne n’était pas précisément de faire bouger les lignes. Considérer d’ores et déjà que Sarkozy a perdu la primaire de la droite et que Juppé a gagné, me paraît pour le moins hasardeux. Ramener la situation actuelle de
    Manuel Vals à son score de la primaire de 2012, comme je l’ai entendu ce matin sur France Inter, c’est considérer la situation figée et ne pas tenir compte des réalités du moment. Bien sûr et heureusement, que les choses peuvent évoluer dans un sens ou un autre à partir d’événements que personne ne peut anticiper. Le plus bel exemple, c’est le cas de Cécile Duflot, que l’on connait grandissime favorite pour la primaire des Verts… avec le résultat que l’on a vu. La chaîne M6 avait tellement anticipé sa victoire qu’elle avait enregistré la fameuse émission de télé réalité dont elle ne sait plus quoi faire autour d’hui.

  5. Aun PS, il y a deux personnalités qui défendent vraiment les valeurs républicaines et font preuve de lucidité : Manuel Valls et Malek Boutih, que j’ai trouvé admirable hier sur BFMTV. Ces deux-là pourraient me réconcilier avec la gauche, mais ils sont hélas ultra-minoritaires, et le déni de réalité domine largement au sein du discours du PS.

  6. Je ne dois pas tout comprendre, car personnellement il me semble que c’est la question “Doit-il voter pour la primaire de droite?” qui est essentielle. L’autre question “Peut-il?” ressort de la conscience de chacun. A chacun de juger s’il ne franchit pas la ligne rouge de ce qui fonde son intégrité morale. Personne ne peut répondre à sa place.
    Mais peser les arguments, souvent des calculs plutôt abstraits pour l’instant, qui permettent de répondre à la question “Doit-il?” me semble être la seule chose intéressante qu’on puisse faire.
    Si la réponse est “oui”, alors il y a un devoir d’agir en conséquence. Si c’est non, on reste chez soi.
    Pour l’instant rien ne me convainc d’aller voter à la primaire de la droite et de signer un engagement sur les valeurs de la droite. Mais c’est un jugement personnel que certains peuvent qualifier d’irresponsable, d’irrationnel.

    • Je comprends votre argumentation, néanmoins lorsque Juppé, Le Maire ou NKM défendent la laïcité, lorsqu’ils proposent des mesures concrètes pour lutter contre l’intégrisme islamiste et l’antisémitisme, ou lorsqu’ils évoquent la nécessité de rétablir l’autorité républicaine, s’agit-il de valeurs de droite ? Ne s’agit-il pas tout simplement des valeurs républicaines, qui par définition dépassent les clivages gauche/droite ? Ne serait-il pas temps d’en finir avec ce clivage d’un autre temps qui empêche la société d’avancer et de combattre les périls qui menacent la démocratie ?

  7. Oui je le pense lorsqu’on reste sur le plan des déclarations de principe. Ce qui va différencier les uns des autres c’est la façon de concevoir les actions qui seront menées. Les discours sur ces sujets seront-ils clivants, engendreront-ils des conflits majeurs dans la population, dont la France n’a pas besoin? Moi je peux me poser la question et ne pas voter pour ces choix-là. Et je ne parle pas des orientations économiques et sociales qui peuvent aussi ne pas correspondre avec ce à quoi on croit profondément.
    Mais s’il s’avère qu’il faut barrer la route au FN, je le ferai. Je pense, c’est un jugement strictement personnel, que ça peut attendre le 2ème tour des élections présidentielles. Je peux me tromper.
    Enfin si on est plutôt de sensibilité de gauche, vous comprendrez qu’on se pose la question de la représentation de la gauche au second tour des élections.

    • Je dois ajouter que je pense que c’est aux personnes de sensibilité de droite de choisir le candidat qui les représentera. Ce sera une bonne image de ce qu’est l’opinion de droite en France. Plutôt dure, très à droite ou plutôt centriste et modérée. Ce serait bien de le savoir.

      • Comment définissez-vous une “sensibilité de droite” ? La laïcité est-elle un concept de gauche ou de droite ? La lutte contre les extrémismes et les communautarismes est-elle un thème de gauche ou de droite ? N’est-ce pas plutôt une obligation au vu de la situation où se trouve le pays ? Pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, il me semble que le seul vrai clivage important est celui qui sépare les patriotes et républicains de ceux qui ne le sont pas, notamment à l’extrême-droite et à l’extrême-gauche.

  8. En effet la laïcité ne devrait être en France ni de gauche, ni de droite. Ce sont les interprétations qui en sont faites qui la dénaturent. Dans les propositions de certains candidats PR, elle devient un outil d’exclusion et de division. En son nom on interdit et on interdit. Vous remarquerez que les interdictions s’additionnent. Et on pourrait sans doute en créer d’autres. On ne recherche pas le dialogue, l’explication, le consensus. On crée même des situations conflictuelles, là où il n’y en avait pas. Ex: cantines universités plages…
    Alors que son sens premier était de réunir. Je voudrais écrire le verbe en caractères gras.
    Que vous répondre sur les personnes de sensibilité de droite? Qu’elles se retrouvent dans les paroles et les actes des candidats de droite.

    • Ce que vous dites à propos d’une laïcité utilisée par certains à des fins assez malhonnêtes peut sans doute s’appliquer à Nicolas Sarkozy, en revanche je n’ai rien vu de tel dans les propositions d’Alain Juppé, NKM ou d’autres candidats. Effectivement interdire par exemple le voile à l’université ou à la plage n’aurait aucun sens et serait d’ailleurs contre-productif. Par contre il faudrait veiller à ce que la loi interdisant le voile intégral dans les espaces publics soit enfin appliquée, ce qu’elle n’a jamais été. Quant à la proposition de NKM visant à interdire le salafisme, elle relève du simple bon sens, car il s’agit d’une idéologie totalitaire quI dénature complètement le coran et dont la logique est la même que celle de daesch ou Al-quaïda.
      Mais en effet, vouloir interdire le voile à l’université ou supprimer les menus de substitution dans les cantines, comme le proposent certains, serait totalement ubuesque et n’aurait plus rien à voir avec l’esprit de la laïcité.

      • J.F Coppé, F.Fillon, B.Lemaire ne me semblent pas être en reste. Cela fait beaucoup de candidats qui se revendiquent haut et fort de droite qui veulent appliquer des lois restrictives de la liberté au nom de la laïcité.
        J’aime bien ce qu’écrit Noelle ci-dessous: “Défendre les idées humanistes”. Je me demande simplement: qui est à mieux de le faire? Alors j’écoute. Si c’est A.Juppé, pourquoi pas.

        • Je voulais aussi souligner ceci: de la difficulté de nommer et définir un espace public. Est-ce une gare ou un bureau de poste ou un marché….une plage….un jardin public?

  9. En cas de duel Sarko-Marine le Pen au second tour, le FN aura toutes ses chances, et c’est pourquoi nombre d’électeurs d’extrême-droite vont aller voter Sarkozy à la primaire de la droite.
    Voilà pourquoi, électrice de gauche, je vais voter Juppé à la primaire de la droite, sachant qu’ainsi, je participe à diminuer les chances qu’un candidat de gauche ….
    D’un autre coté, même si je continue à défendre, la gauche n’a pas convaincu dans ce quinquennat, et la France a encore un bout de chemin à faire avant d’accepter le revenu universel, l’économie sociale et solidaire, et tous ces aspects sociaux… Attendons cinq ans !
    Quant au “parjure”, ce qui me motive, c’est de défendre les idées humanistes, et je fais ces choix en toutes conscience

  10. Quel président voulons-nous? Quel homme? Quelle femme? Digne de ce titre. La tâche est si difficile.

    How many roads must a man walk down
    Before you call him a man?
    ……………………………………………………….
    How many ears must one man have
    Before he can hear people cry?
    The answer, my friend, is blowing in the wind.
    Bob Dylan

  11. “Liberté, Égalité Fraternité “. Si ce sont là les valeurs républicaines de la droite auxquelles il faut adhérer, c’est déjà fait, depuis longtemps. D’autre part, pourquoi des états d’âme ? Quelles que soient mes opinions, je fais partie du même pays, donc du même corps électoral que les électeurs dits de droite, et à ce titre je me sens parfaitement le droit de dire quel candidat de la Droite et du Centre je préférerais voir à l’Elysée, au cas où… Ce ne serait pas le souhait d’un résultat final, mais juste l’expression d’une opinion. Et donc ce ne serait pour moi ni déchoir, ni trahir.

  12. Voter à la primaire? j’hésite.

    HS:::Avez-vous lu “Sur les Chemins noirs” de Sylvain Tesson?

    Autre traversée, autres motivations, passionnant!

    • En effet, fort différent comme motivations et réflexions des miennes, mais j’aime bien Sylvain Tesson, la diversité est – vraiment – richesse.

  13. J’ai vu hier le deuxième débat de la primaire de droite et cela m’a conforté dans mon choix. Il n’y avait aucune démagogie, aucun dérapage, au contraire Juppé, NKM et même Fillon ou Coppé ont mis sur la table des propositions crédibles et en phase avec la réalité (notamment sur le dossier sécurité/lutte contre le terrorisme). Contrairement à la gauche qui, en grande majorité, se complaît dans une sorte de déni de réalité doublé d’angélisme, c’est-à-dire de démagogie.

  14. Il y a donc, pour vous, des gens qui ont les yeux grand ouverts sur ce qu’est la réalité du Monde (vraiment?) et d’autres qui sont aveugles, qui sont aveuglés par une idéologie “angélique (?)”.
    Il y a aussi, pour vous, un axe fort qui motive votre choix, c’est la sécurité, le ‘tout sécuritaire” et vous en trouvez la meilleure réponse chez ceux-là que vous jugez clairvoyants, les gens de droite. Ce n’est qu’une opinion pas une vérité.
    Je n’ai pas vu le débat et n’en parlerai donc pas.

    • Chère Madame Lung, je ne sais pas ce que vous appelez au juste le “tout sécuritaire “. La triste réalité, c’est que dans une société marquée d’une part par le terrorisme, d’autre part par l’installation de zones de non droit et les tentatives d’assassinat de policiers, la sécunité est une priorité. Il s’agit ni plus ni moins de sauver des vies humaines et, dois-je vous le rappeler, les premières victimes de la criminalité sont les classes défavorisées vivant dans les quartiers difficiles. Quand la loi républicaine n’est plus appliquée, qui en subit les conséquences ? Pas les habitants des beaux quartiers mais ceux des quartiers ou des communes les plus pauvres. Pas les puissants, mais les plus défavorisés qu’une grande partie de la gauche a totalement abandonnés depuis au moins vingt ans. L’angélisme, c’est le contraire de l’humanisme.

      • On pourrait aussi évoquer l’état des prisons françaises, qui sont les plus surpeuplées et les plus insalubres d’Europe, avec toutes les conséquences dramatiques que cela entraîne pour les détenus, pour les surveillants et pour la société tout entière. Or qu’elle a été l’idée géniale de Hollande et Taubira en 2012 ? De suspendre la construction de nouvelles prisons ! Aujourd’hui l’actuel garde des sceaux reconnaît que c’était une erreur, au bout de cinq ans ! Voilà ce que signifie l’expression “déni de réalité “. L’enfer est pavé de bonnes intentions et lorsque des idéologues aux idées d’un autre temps se trouvent au pouvoir, ce ne sont pas eux qui paient le prix de leurs erreurs, mais les plus vulnérables.

      • Le tout sécuritaire c’est avoir, non la priorité de la sécurité à l’esprit, mais l’obsession de la sécurité. C’est imposer l’état d’urgence en permanence, créer un état policier, avoir recours à la force armée sans aucun état d’âme, voter et appliquer des lois liberticides, interdire et encore interdire. C’est un choix politique que peuvent envisager certains. Les électeurs peuvent être vigilants sur cette tendance chez un candidat.

  15. Dans le débat d’hier soir il n’y avait AUCUNE proposition de loi liberticide.
    Maintenant, si vous considérez qu’être de gauche c’est tolérer une idéologie criminelle et totalitaire comme le salafisme, que c’est trouver acceptable que subsistent des zones de non droit, où les jeunes filles sont fréquemment victimes de viols collectifs, où des populations vivent quotidiennement dans la terreur, où des policiers sont brûlés vifs, eh bien je vous laisse la responsabilité de vos propos
    .
    Vous raisonnez comme en mai 1968 (“il est interdit d’interdire”) mais ce genre de slogans d’extrême-gauche étaient proférés par des fils de bourgeois, tandis que les victimes de l’hyper-criminalité sont souvent des prolétaires, issus ou non de l’immigration. On ne peut pas éternellement se retrancher derrière des slogans vieux d’il y a un demi-siècle et refuser de voir le monde réel, le monde de 2016.

  16. Votre appréciation sur les gens de gauche est une caricature. Elle n’a aucun fondement. Il y a eu autant d’événements tragiques sous des gouvernements de droite. Il y en aura d’autres. La vie n’est pas un long fleuve tranquille.
    Il n’est pas question d’interdire d’interdire, mais il s’agit, pour moi, de ne pas aller vers une société où les interdictions s’empileraient les unes sur les autres. Une société où les décisions politiques qui seraient prises aggraveraient les dissensions, au lieu de renforcer la cohésion sociale.
    Je ne suis pas issue d’un milieu bourgeois, j’ai vécu dans une cité de banlieue, j’ai côtoyé des familles de milieu social modeste. Je ne suis pas non plus une intellectuelle. Simplement quelqu’un qui s’interroge sur la société dans laquelle je veux vivre et où mes enfants et petits-enfants pourront vivre le mieux possible.
    J’ai quelques convictions, que la démocratie s’exprime dans et par le vote des citoyens, que l’élection à la présidence de la République est d’une importance primordiale, que s’informer sur les candidats est de la responsabilité de chacun et que l’opinion que j’en aurai n’est pas une vérité pour tous.
    Il est important, pour moi, de sentir “qu’est-ce qui prime dans le discours de ce candidat?”, “quel est, quels sont les mots qu’il prononce sans cesse et ceux qu’il omet?”, “quels sont les personnes qui l’entourent?”, “quelle a été son action jusqu’à présent?”.
    Une opinion est fragile. Je peux me tromper. Mais vous aussi.

  17. Chère Madame, vous dites que je caricature…premièrement, je ne mets pas toute la gauche dans le même sac : plus haut, j’ai même écrit à quel point j’appréciais Malek Boutih, homme de gauche qui fait en partie la même analyse que moi sur les zones de non droit. Donc je suis, autant que faire se peut, impartial.

    Deuxièmement tout ce que j’ai écrit sur les prisons françaises et sur la politique irresponsable menée par Hollande/Taubira/Ayrault dans ce domaine repose non pas sur de l’idéologie mais sur des faits. Manuel Valls et l’actuel garde des sceaux font d’ailleurs la même analyse, de même que la plupart des professionnels du milieu pénitentiaire, de la police etc…Des faits, rien que des faits, et pas de l’idéologie.

    Pour finir, si vous aviez regardé le détat d’hier soir, vous auriez vous-même constaté qu’on était très loin de toute dérive sécuritaire, sauf peut-être chez Sarkozy, et encore cela se discute. Oui, NKM parle d’interdire le salafisme, mais justement il n’existe rien de plus liberticide au monde et de plus dangereux pour la cohésion sociale que cette secte de psychopathes. Il s’agit justement de protéger TOUTES nos libertés, les vôtres, les miennes et celles des générations futures contre les fous de Dieu qui veulent nous faire retourner au Moyen-âge. Ni Juppé, ni NKM, ni Lemaire, Fillon ou Copé, quels que soient les désaccords que l’on puisse avoir avec eux sur les questions économiques, n’ont fait la moindre proposition qui remette en cause nos libertés.

    PS : Pouvoir vivre en paix sans craindre de subir des menaces, des agressions ou pire constitue par définition la première des libertés.

  18. “Maintenant, si vous considérez qu’être de gauche c’est tolérer une idéologie criminelle et totalitaire comme le salafisme, que c’est trouver acceptable que subsistent des zones de non droit, où les jeunes filles sont fréquemment victimes de viols collectifs, où des populations vivent quotidiennement dans la terreur, où des policiers sont brûlés vifs, eh bien je vous laisse la responsabilité de vos propos”
    C’est ce que vous écrivez plus haut. Comment l’interpréter sinon comme une appréciation générale sur “être de gauche”. A moins que vous ne supposiez que c’est mon opinion personnelle sur cette expression. Ce que je n’ai nulle part mentionné. Vous caricaturez donc.

    • C’était de l’ironie, et si j’ai ironisé, c’est parce que vous parliez de “tout sécuritaire”, d'”état policier” et de “lois liberticides”. État policier, lois liberticides, n’est-ce pas cela qui est caricatural ? Franchement, avez-vu quoi que ce soit chez Juppé ou NKM qui ressemble de près ou de loin à ce que vous décrivez ?

  19. Je reste sensible au discours qu’ils tiennent sur la laïcité. Mais je suis d’accord avec vous que tous deux sont plus proches d’une interprétation en accord avec le sens premier de ce qu’est la laïcité.

  20. Je viens de vous entendre dire sur la 5 que pour voter il faut ” partager les valeurs républicaines et de la droite”
    En ajoutant le mot “et” dans une phrase qui ne la contient pas, vous dissociez les valeurs républicaines et celles de la droite,
    ce qui vous permet de conclure que, partageant les valeurs républicaines de liberté égalité fraternité, il est éthique de participer à cette primaire.
    De la part d’un scientifique de haut niveau comme vous, ce procédé est intellectuellement malhonnête, et sa diffusion dans une émission de grande audience vous déshonore,

    Irez-vous jusqu’à cesser de propager, et même à corriger plubliquement de tels propos ?
    Au moins pour l’honneur des scientifiques éthiques dont vous faites (?) partie ?
    A vous lire !

  21. Un électeur de gauche ou bien ne vote pas ou bien vote CONTRE le PS (qui est tout sauf socialiste), la FI (qui porte su mal son nom) et EELV (qui n’a rien d’écologiste).

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