J’ai introduis ce jour au Musée des Sciences de la Villette, en présence de la Ministre des affaires sociales, de la santé et du droit des femmes, un colloque sur l’innovation en santé. J’en reprends ci-après les grandes lignes.
Hippocrate écrit dans le traité des épidémies vers l’an 410 avant notre ère : « être utile ou du moins ne pas nuire », d’où a été tiré le fameux « primum non nocere » du serment éponyme. Or, pendant près de vingt-quatre siècles, contrairement aux chirurgiens, les médecins ne savent pas être utiles et faire mieux que la bonne nature pour permettre aux malades de recouvrer la santé. La longévité moyenne et la mortalité infantile sont sans doute identiques dans la Grèce d’Hippocrate, la Rome de Galien et la France de la première moitié du XIXème siècle qui voit la naissance de Louis Pasteur. Cette impuissance à atteindre leur objectif d’une lutte utile contre les maladies, à fortiori d’une guérison, enracine durant des millénaires les praticiens dans une sage prudence puisqu’il convient au moins de ne pas nuire. La vaccination exceptée, les débuts de la médecine efficace, enfin capable de rétablir la santé, sont datés avec précision. En 1922 Frederick Banting et l’étudiant Charles Best injectent pour la première fois un extrait de pancréas à un enfant en coma diabétique ; il est sauvé. Il faudra ensuite moins d’un an aux laboratoires Lilly pour produire en quantité une insuline plus purifiée. En 1935, Gehrard Domagk sauve le bras et sans doute la vie de sa fille Hildegarde menacée par une gravissime infection à streptocoques en lui injectant du rouge de Prontosil sur lequel il travaille depuis trois ans. Les sulfamides sont nés.
L’ignorance conduisait à l’impuissance et alimentait la prudence hippocratique. La conquête enfin des moyens de soigner utilement et de guérir alimente la passion et l’audace des chercheurs et des médecins, elle les libère aussi de leur prudente réserve d’antan. C’est maintenant l’heure des triomphaux progrès de la médecine, et aussi des dérives, parfois des drames d’une médecine inhumaine qui, après la guerre et l’abomination des expérimentations chez l’homme dans les camps nazis, conduiront à jeter les bases du corpus actuel de l’éthique médicale.
Peu à peu, l’innovation dote les soignants d’armes de plus en plus efficaces pour mener à bien leur combat contre la maladie et au profit des humains. Ce sont les antibiotiques, la pénicilline, la streptomycine puis tous les autres. Les médicaments contre l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie et les traitements de l’insuffisance cardiaque. Les anti-inflammatoires, les immunosuppresseurs et l’essor des greffes. Les neuroleptiques, les antidépresseur, domaine dans lequel les progrès restent hélas trop lents. Les anticancéreux, avec la révolution actuelle de la thérapie ciblée. Thérapies génique et cellulaire ouvrent aujourd’hui de nouveaux horizons dans des affections génétiques et des maladies dégénératives jugées jadis sans espoir, Marine Cavazzana et José Sahel vont en parlerons. Elias Zerhouni fort de son immense expérience de l’industrie pharmaceutique, sera bien placé pour nous présenter sa vision de l’innovation. Bien entendu, l’amélioration thérapeutique est stimulée par tous les progrès des méthodes de diagnostic. Patricia Paterlini Bréchot les évoquera en ce qui ce qui concerne la détection précoce, préclinique des cancers alors que Mickael Tanter illustrera l’apport éblouissant de la physique et des ondes sonores dans l’imagerie et l’exploration qualitative du corps humain.
Un autre champ formidable de progrès attendu se situe à l’interface entre la médecine, la microélectronique et la robotique. Jean-Claude Cadoudal résumera et commentera les travaux et essais cliniques sur les prothèses cardiaques alors que Jacques Marescaux montrera les derniers développements de la chirurgie assistée par ordinateur, les exploits réalisés et possibles de robots chirurgicaux piloté à distance et qui devront demain opérer dans l’espace. Ici, la poursuite des progrès est certaine puisque connaissances scientifiques et maitrise technologique le permettant sont disponibles. Dans les vingt ans qui viennent, les aveugles pourront être appareillés par des rétines artificielles de plus en plus performantes, dispositifs photosensibles percevant les images et les transmettant au nerf optique lorsqu’il est conservé et aux aires cérébrales concernées. Des personnes amputées ou paralytiques seront appareillés de prothèses ou d’exosquelettes mus par la volonté grâce à une connexion avec les centres nerveux impliqués. Des muets reparleront par le truchement de générateurs de voix artificielle contrôlés là encore par interprétation des signaux cérébraux.
Tous ces progrès sont assurés, au moins hautement probables. Reste bien entendu à déterminer le pourcentage des personnes concernées qui pourront en bénéficier. Il existe par exemple quarante-cinq millions d’aveugles dans le monde. Même si une approche médicale préventive devrait evier pour certains l’évolution vers la cécité, peut-on même imaginer que tous les bénéficiaires potentiels pourront en profiter, en particulier dans les pays du sud ou ils sont le plus nombreux, de dispositifs de rétines artificielles ? Une semblable interrogation vaut pour les handicaps moteurs. L’explosion des thérapies ciblées du cancer, certaines indiquées chez un petit nombre de malades, est confrontée au prix, sans doute à terme intenable, des traitements innovants. Comment éviter que cela n’entraine de criantes inégalité dans l’accès à ces nouveaux médicament ou bien, et le résultat serait le même, une déstabilisation des systèmes de protection sanitaire et sociales ? En d’autres termes, pourrons-nous empêcher que l’innovation et le progrès médical ne s’accompagnent aussi de la progression de la pire des inégalités, celle face à la souffrance, à la maladie et la mort ?
Un autre défi qui n’est pas lui propre à la santé concerne la puissance croissante du traitement informatique des milliards de milliards de données sur chacun d’entre nous, nos actions, nos goûts et choix, nos comportements et déterminants de santé, ce que l’on appelle la révolution des Big data servis par la puissance des algorithmes. Outil exceptionnel de recherche scientifique, en sciences exactes aussi bien qu’humaines, approche performante des enquêtes épidémiologiques, c’est là aussi le deuil d’une sphère de stricte confidentialité de la vie privée à laquelle nous restons pourtant attachés. Un risque démocratique aussi tant est grand le pouvoir de ceux qui possèdent une information si complète sur d’autres humains.
En définitive, Francis Bacon a énoncé le premier au début du XVIIème siècle que : « Le savoir est pouvoir ». Notre pouvoir est de la sorte immense. Heureux pouvoir de guérir mais aussi de maitriser et de dominer. Comment l’utiliserons-nous, fiers de nos succès, sur la maladie en particulier, mais aussi dans le souci de la justice et le respect de l’autonomie des personnes ? Ainsi pouvons-nous résumer le défi lancé aujourd’hui pour que le Progrès en soit également toujours un pour l’homme.
Axel Kahn, le vingt-quatre janvier 2015
Est ce que le 22 mars je pourrai avoir un livre dédicacé svp ?
Bonjour, je m’appelle Antoine, je suis élève au Lycée Bellevue de Saintes, est-ce que je pourrais avoir un livre dédicacé s’il vous plait ? Vivement le 22 mars, j’ai hâte :D.
Merci de votre compréhension.
Oui, Antoine, si tu as des livres, je te les dédicacerais…..Au 22 mars.
That’s a smart answer to a dicffiult question.
Thanks for taking the time to post. It’s lifted the level of debate
Hi there! I could have sworn I’ve been to this website before but after reading through some of the post I realized it’s new to me. Anyhow, I’m definitely happy I found it and I’ll be bookmarking and checking back frequently!
Pas de trouble.serieusement, je suis ouvert a la critique parce que tu as raison, si je critique je dois accepter le meme sort. Ca ne me derange pas de me faire expliquer des choses et ca me fait plaisir de rectifier certaines choses si c est dans le possible. Je suis peut être susceptible mais c est parce que je pense vouloir bien faire les choses.
I found out I had low vitamin D (12) and B-12 (420). I don’t know which symptoms were because of what but the worst ones were feeling chills, off-balance, stomach upset, backaches, migraines, muscle spasms, brain fog and weak muscles. My B12 is 1400 but my vitamin D came back 22. Going to do the 50,000 units 1 week now. I can’t wait to feel 100%. Never put all your confidence in 1 doctor, I wasted a lot of time and $ on one. Move around.
sabe quando achamos que podemos mesma de longe apoiar essas iniciativas fico feliz pois gostaria de um projeto assim para trabalhar faço artesanato gostaria de participar de um projeto assim
Simply want to say your article is as amazing. The clarity for your submit is just excellent and i could think you are an expert on this subject. Fine with your permission let me to take hold of your RSS feed to stay updated with approaching post. Thanks a million and please keep up the enjoyable work.
Bien ! Dans leur rage à se trouver un lider minimo, ces braves gens vont se dévorer entre eux jusqu’à ce que chacun forme un groupuscule à lui tout seul. Qu’ils restent dans leur cour d’école à jouer à qui a la plus grosse, tout le monde ne s’en portera que mieux.
Mady leather crossbody bag in nude brown swede and gold!Thanks so much.They have so many gorgeous shoes and bags in their shop!
Been thinking about this since the trade happened. Seeing all of the options laid out convinces me we really missed an opportunity. Getting Harden would have taken a lot of pressure off of the Jazz to draft the point guard of the future in the next couple of years, drafts that look pretty weak in promising PGs. The suggested lineups would have been insanely exciting to watch.
A really informationrmative story and plenty of really honest and forthright responses made! This undoubtedly got us thinking a great deal about this issue so cheers a whole lot for leaving!
Der Wetterbericht sagt ja schauriges über die Gegend in der ihr seid!! Hoffe ihr schwimmt nach dem Unwetter nicht davon ! Ich bin mir sicher ihr habt trotzdem gute Laune!! Schöne zweite Woche!!!
Bonjour,
La nanomédecine semble offir des opportunités vers des traitements à la fois ciblés et de masse ? Quel est votre avis ?
PS. il me sembre avoir croisé votre itinéraire le 7 janvier à la fondation A de R ?
Cdlt
Autrement dit, la médecine est duale à la fois scientifique rationnelle mais aussi humaniste. Si vous le voulez bien, je voudrais faire deux citations pour illustrer mon propos.
Tout d’abord, Max Weber écrit dans « Le savant et le politique », p. 99, édition de poche 10/18.
« Toutes les sciences de la nature nous donnent une réponse à la question : que devons-nous faire si nous voulons être techniquement maître de la vie ?»
« Le devoir du médecin consiste dans l’obligation de conserver la vie purement et simplement et de diminuer autant que possible la souffrance. »
Et l’auteur de poursuivre en critiquant cette définition.
« Grâce aux moyens dont il dispose, le médecin maintient en vie le moribond, même si celui-ci l’implore de mettre fin à ses jours et même si ses parents souhaitent et doivent souhaiter sa mort, consciemment ou non, parce que sa vie ne représente plus aucune valeur, parce ils seraient contents de le voir délivré de ses souffrances ou parce que les frais pour conserver cette vie inutile -il s’agit peut-être d’un pauvre fou- deviennent écrasants, ».
On reconnaît dans cette critique violente, même si elle est exprimée avec un vocabulaire datant de 1919, des enjeux éthiques que l’on connaît encore aujourd’hui.
Le 11 janvier 2012 dans une conférence à l’ENS, Lazare Bénaroyo décrit ainsi « la visée cardinale » de l’éthique médicale. Il s’agit « d’aider le malade exposé à sa vulnérabilité à restaurer au sein d’une relation de confiance son autonomie altérée par la maladie et à retrouver un nouvel état de santé. » .
La médecine moderne est ainsi articulée autour de deux axes: L’un est diagnostique, thérapeutique, pronostique à visée scientifique et rationnelle qui malheureusement chosifie le patient, l’autre est une approche humaniste de la relation interhumaine.