Le généticien, Axel Kahn, parti de Givet (Ardennes) et comptant bien rallier Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées), a fait étape à Bar-sur-Aube, où il est arrivé samedi 18 mai, en début d’après-midi.
Il venait de Louze (Haute-Marne). C’était sa 11ème étape longue de 31 km. Ce qu’il fait en moyenne chaque jour depuis son départ, avec un sac à dos de 11 kg. C’est sous la pluie qu’il a traversé des « régions sinistrées, une France sinistrée où les habitants ont perdu, et cela est pire que tout, la fierté. Les habitants du monde rural sentent que leur monde leur échappe, qu’il est en train de disparaître et qu’ils ne peuvent rien faire. C’est peut-être pour cela qu’on y voit monter le Front national !» confiera-t-il aux quelques Baralbins qui l’ont accompagné sur son dernier kilomètre et accueilli à la mairie. Mis à part l’offre d’une litière, d’une couverture pour cheval et d’un café, par un vieil agriculteur qui lui a raconté sa Guerre d’Algérie, le marcheur a vécu et déploré une absence d’accueil dans les régions déjà traversées.
Pas un pèlerinage, une rencontre soi, des autres et de la beauté de la nature !
Axel Kahn a aussi expliqué ses motivations : « Non ce n’est pas un pèlerinage. Mon chemin est une longue phrase poétique qui me permet de rencontrer l’autre, aux étapes, et moi, car « je est un autre » comme l’a exprimé si justement Arthur Rimbaud. A chaque arrivée j’écris un billet consultable sur mon site www.axelkahn.fr et je partage mon aventure sur les réseaux sociaux. » Il va donc traverser la France du N-E au S-O pour rencontrer la nature, la beauté de la nature dont il est amoureux et qui le fait chaque matin, dès les premiers pas, pleurer d’émotion. « C’est cela aussi que je veux partager ! » Et cette envie de marcher a pris racines dans quatre événements : « la lecture de « Chemin faisant » de Jacques Lacarrière, l’amour, le besoin de faire autre chose de son temps. Mais c’est surtout la rencontre d’un vieux marcheur étendu sous une couverture de survie, quelque part sur les pentes du Puy de Sancy et qui lui a dit avant de reprendre sa route : « Et quoi, vous pensez peut-être que je suis en âge d’aller en maison de retraite ? » Le maire reçut le marcheur à la mairie, lui épingla le pin du circuit de la paume et l’adjointe qui eut vent de son passage à Bar-sur-Aube, eut la délicate attention de lui offrir « Le baume du marcheur ». Cadeau qu’il reçut avec plaisir bien qu’il n’ait pas de soucis avec ses jambes. Quelqu’un dira : « C’est sans doute dû à la génétique. Vous devez avoir les gènes d’une excellente constitution ! »
André AUGUSTE 18 mai 2013
CONVERSATION……
avec des Baralbins (hab de bar sur aube)
avec le maire de bar sur aube.



