Je parcours le pays depuis la fin de ma seconde traversées diagonale du pays, enchainant les conférences, rencontres et signatures. Afin de ne pas m’étioler loin de ces paysages de nature que j’aime tant, je m’efforce chaque fois que possible de mettre ces déplacements à profit pour partir à la découverte des merveilles des régions où je me trouve. Ce fut le cas en Charentes, dans la Brenne, à Antibes, etc. Pour le weekend du 13 au 15 juin 2015 dans le Chablais et bientôt les 27 et 28 juin dans les Vosges, des marcheurs et randonneurs m’ont proposé de me guider à la rencontre des beautés de leurs territoires. J’adore cela, bien entendu, et suis prêt à accepter toute proposition de cet ordre.
C’est ainsi que tôt le matin du samedi 14 juin, le lendemain de la conférence – signatures organisée par l’Université populaire du Chablais à Thonon-les-Bains, je suis parti avec trois amateurs de montagne pour parcourir les somptueux chemin qui dominent le lac Léman au sud. Nous étions menés par Pierre, un quasi-professionnel, alpiniste et spéléologue, enseignant d’histoire et de géographie qui a déjà beaucoup écrit sur sa région. Il est en particulier un excellent spécialiste de l’histoire de la Résistance qui a libéré seule le val d’Abondance dès la fin juin 1944, puis, toute la Haute-Savoie sans intervention des alliés. Nous sommes accompagnés par Brigitte et Jacqueline, passionnées elles aussi de la marche et de leur Chablais. Le trajet automobile vers Bernex et le col de Creusaz est rapide. De là direction le col de Pertuis, quatre cent mètres au dessus par un petit sentier raide dans sa partie terminale ; une échelle métallique permet d’accéder à la crête. Les orchis pyramidaux, géraniums sauvages, églantiers, fleurs de lin, renoncules et trolles abondent, Depuis la crête, on aperçoit au loin vers le sud-est le géant du Chablais, la dent d’Oche (2222 m d’altitude), qui se détache ce matin sur un voile fin de brume résiduelle qui éclaircit à l’horizon l’azur du ciel sinon encore sans partage.
Plein nord, mille mètres plus bas, s’étale le Léman dont la partie sud est encore masquée par un banc cotonneux de nuages que le soleil bientôt ardent n’a pas achevé de dissiper. Au delà, la crête du Jura vaudois barre l’horizon.
Nous laissons le mont César et la pointe occidentale de la montagne des Mémises vers lesquels nous reviendrons pour déjeuner et parcourons l’arrête sommitale vers l’est, dominant en balcon le Léman jusqu’à hauteur des chalets des Mémises, face à Lausanne et au dessus de Montreux. De l’autre côté du lac, les Alpes vaudoises sont maintenant chevauchées par de vigoureux cumulus dont la robustesse ne recèle pourtant encore aucune menace.
Derrière nous, au sud, le pic Boré nous nargue du haut de ses 1974 m. Pierre et moi décidons de relever le défit. Après être redescendu aux chalets des Mémises à ses pieds, nous nous séparons de Jacqueline et Brigitte et entreprenons l’ascension rapide du pic par une sente extrêmement raide, une belle bavante selon le langage des randonneurs. Du sommet la vue sur la dent d’Oche et, un peu plus au sud, le Château du même nom, est somptueuse.
Vers l’est et le nord-est, outre l’extrémité orientale du lac dominé par les Alpes Vaudoises, on a un panorama magnifique sur la crête frontière avec la Suisse, le début des Alpes du Valais et les Cornettes de Bise.
Retour ensuite en dévalant la pente à travers les alpages vers l’arrivée du télécabine des Mémises, la crête et le pic éponymes où nous retrouvons, une heure après les avoir quittées, nos deux camarades. Nous n’avons pas trainé ! Il nous reste à retourner au col du Pertuis, puis au delà vers le mont César à coté duquel nous ouvrons une excellent bouteille de vin rouge basque et cassons la croute, sur la Colombière, une éminence isolée dominant le lac. De là, Jacqueline prend quelques belles photos qui me permettront de répondre aux demande des journalistes souvent désireux que je leur envois des clichés de moi “en action de marcheur” et libres de droit.
Il ne nous reste plus qu’à achever le contournement du mont César pour redescendre par cette fois un bon chemin jusqu’au point de départ. Souvent, les gens me demandent “Monsieur Kahn, vous nous donnez l’image d’un homme heureux. Quel est votre secret ?”. Mon secret ? Je viens de vous vous le rappeler.
Le lundi quinze juin 2015







Je me demandais si les genoux avaient récupéré. Eh bien apparemment oui. Bravo.
Oui, Michel , mes genoux vont mieux qu’à mon départ de la pointe du Raz, c’est magique. Toute la juvénilité de Princesse mascotte
bonjour .
l’autre jour, en faisant mes courses je me suis arrêter a la librairie du centre commerciale Leclerc et j’ai était attire par votre livre “entre deux mers”, que je suis entrain de lire en ce moment, et franchement j’ai l’impression de voyager avec vous. Je connais très bien la pointe du raz et la Vendée ainsi que le sud de la France et je sais que la que la nature est très belle. et que moi ma passion c’est la photos surtout sur la nature .’maintenant. Je voulait simplement vous dire bravo Monsieur. vous êtes un grand homme qui aime la nature et aime aussi aller a la rencontre des gens. merci pour ce magnifique livre .et j’espère que vous en ferez d’autres . Je vous souhaite bonne continuation dans vos voyages amitié
Hélène leonti
Merci, chère Hélène, je me réjouis de ce que vous éprouviez du plaisir à lire ce livre.
Bien sûr, je continuerai à écrire, même si c’est sur d’autres sujets que la marche. A marcher, aussi, et à déposer sur mon blog impressions et images.
Bonjour Mr Kahn,
Je viens de lire dans la foulée ‘pensées en chemin’ et ‘entre deux mers’ et j’avoue que vous m’avez replongée en enfance, lorsqu’avec mes parents nous partions en vacances l’été. Les beaux paysages de l’Auvergne, la ville de Bort-les-Orgues en Limousin où je me souviens être allée sur le barrage avec mon doudou dans les bras ! (un petit clin d’œil à Princesse Mascotte !) ; la traversée du lac pour aller au château du Val et encore bien d’autres souvenirs.
Merci de nous faire découvrir ou redécouvrir notre belle France à travers vos écrits. J’espère qu’il y en aura encore d’autres. Je vous admire beaucoup, vous êtes une belle personne.
Amitiés
Sophie
Merci, chère Sophie, vos commentaires me touchent.
Bonjour,
Mot à mot, j’ai suivi passionnément les “diagonales françaises” dans vos pas. Enthousiasmé par vos deux livres, j’ai donc voulu assisté à votre conférence du 30.06.2015 à Brives-Charensac. La narration orale m’enchanta encore davantage ! D’autant plus que vous décriviez des sites, des régions, des tronçons que j’ai parcourus: Via Podiensis, Emblavez, Gerbier-de-Joncs, Cézallier, Entrevaux, La Godivelle… Que de merveilleux souvenirs ! Encore merci, Monsieur Kahn.
José CASATEJADA
Merci, cher José.
Revenir au village
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C’est, sur la carte, un point,
Une marque ordinaire :
C’est mon village, au loin,
Mon petit coin de terre.
Il est peuplé de gens
Qui rarement voyagent ;
Leur regard suit souvent
La marche des nuages.
Ils marchent, solitaires,
Au travers des forêts ;
Ils vont au cimetière
Dès lors qu’ils y sont prêts.
Et puis, peu leur importe
Que j’aille, ou non, vers eux :
Car je suis de leur sorte
Et ça se voit un peu.