Je crains d’être désormais atteint du même syndrome. J’avais de longue date prévu que le dimanche vingt-trois juin, la veille de mon arrivée au Puy-en-Velay, serait une journée de repos, la première depuis ma remise en route à Bourbon-Lancy il y a douze jours. J’avais en effet repéré que la chambre d’hôte retenue, les Pierres Bleues, se trouvait dans un endroit magnifique, sur une butte entre la rive gauche (nord) de la Loire à l’est et le rebord du plateau du Velay à l’ouest, dans une zone d’effondrement géologique, l’Emblavez. De plus les images du logis sur son site l’annonçait superbe, dans une grande demeure typique du pays avec ses murs en basalte de types divers, certains bleutés, d’où le nom de la propriété. Je ne pouvais savoir que Annie et Jean-Pierre, qui s’occupent de l’établissement, étaient des hôtes accueillants et dynamiques, qu’Annie est un cordon bleu rare et, de plus, qu’elle vaut tous les syndicats d’initiative du coin, d’autant plus que ces derniers ont jugé opportun de fermer le week-end, les seuls jours où il peut y avoir des touristes en dehors des vacances. Au total, faire la pause en un tel endroit idyllique était une excellente idée.
Que croyez qu’envisage de faire un marcheur un jour de repos? De marcher, bien sûr, de la même manière que dans des conditions similaires, les coureurs du Tour de France roulent, un peu. Tout est dans ce dernier mot, un peu. Je demandai par conséquent conseil à Annie qui, prévenante, me proposa un petit circuit de treize km. Le chiffre porte assurément malheur, je fis une contre-proposition : aller sur le plateau, près de 400m au dessus de la plaine de l’Emblavez, pour en apprécier l’atmosphère générale, voir ses vestiges volcaniques et visiter la collégiale de St-Paulien, réputée sur l’un des trajets des pèlerins de Saint Jacques. La cité est à quinze km de Ceneuil, cela ne fait au moins pas treize. Cela fait même trente km pour qui désire revenir au gîte pour goûter les délices culinaires de l’hôtesse. Trente kilomètres, à condition de ne pas se perdre et de privilégier le chemin le plus court. Ce fut sensiblement plus. Journée de repos quand même puisque mon sac-à-dos était presque vide.
Journée faste aussi, mes nouvelles chaussures ont apprivoisé mes pieds, la promenade du jour me l’a confirmé. Je dis bien que les chaussures ont apprivoisé les pieds, certes pas qu’elles s’y sont faites. D’une marque allemande des plus célèbres, mes souliers sont un brin raides, on les prend tels qu’ils sont, ce n’est pas à un article made in Germany de s’adapter.
Le Velay que j’ai par conséquent eu l’occasion de mieux connaître grâce à ma journée de repos est un vaste plateau à 850-900 mètres d’altitude, en fait composite mais dont le principe de formation repose sur des phases volcaniques qui se sont échelonnées entre il y a 18 millions d’années et 12.000 ans et qui ont remodelé un plateau granitique érodé datant du hercynien, il y a 300 millions d’années. Les remontées de magma visqueux, sans éruption vraie, ont formé les sucs dépourvus de cratères alors qu’existent aussi en Haute Loire des volcans plus typiques pourvus encore de leur cratère, à la manière de ceux de la chaine des puits du Puy-de -Dôme, plus jeunes. Quoiqu’il en soit, le matériel rocheux le plus directement accessible est soit le granit affleurant en certains endroit comme dans le Haut-Forez, soit surtout des roches volcaniques, basaltes plus ou moins denses, certaines proches de la pierre ponce et d’autres très compactes, d’une couleur variant du clair bleuté à un brun foncé presque noir, proche de la pierre de Volvic. C’est là le matériel typique des constructions vellaves, de grande bâtisses carrées de deux ou trois niveaux dans lesquelles les locaux pour les animaux étaient sous le même toit que les pièces d’habitation, comme en Forez dont le granit est le matériel typique de construction. Ici, en Haute Loire, les murs forment une mosaïque de ces pierres volcaniques tirant sur le gris, le bleu, le rouge, le marron ou le noir, conférant à l’ensemble un aspect très caractéristique et, selon moi, fort beau qu’illustrent mes photographies. L’église romane de St-Paulien est construite en le même matériau qui lui confère un aspect d’ensemble moins austère que celui des sinon superbes édifices religieux de Clermont-Ferrand, la cathédrale et Notre-Dame du Port, par exemple.
Voyez tout ce que j’aurais manqué si je m’étais sottement contenté de me reposer durant cette journée de repos…
Axel Kahn, le vingt-trois juin 2013.
Envoyé de mon iPad
Soit raisonnable et humain disait votre père
Humain oui vous l’êtes avec tous ces contacts que vous vous créez durant ce long périple qui vous amène à traverser la France du nord est au sud ouest c’est extraordinaire et surtout courageux
Je suis admiratif de votre brillante carrière ,et vous remercie de votre coté vulgarisateur et de vos différentes prises de position
Bon courage et au plaisir de vous lire
Alain DUPORT
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