J’étais par conséquent hier soir à l’émission “les informé” de France info, entre 20 et 21 heures, avec Patricia Adam, députée PS et présidente de la commission de la défense ; Bruno Beschizza, maire LR d’Aulnay-sous-Bois ; Serge Moati et, pour les quinze première minutes, Patrick Pelloux. Le sujet unique traité était bien entendu celui des attentats à Paris et de ses suites et conséquences.
Nous avons tous été d’accord sur le constat que les assassins nihilistes de vendredi treize partageaient une culture de mort et visaient la France telle qu’elle est, laïque, impertinente, libertine avec ses citoyen(ne)s aspirant au bonheur, et sur le fait qu’il convenait de persister dans cet état d’être et de résister, sans rien céder aux terroristes sur le plan des libertés de vivre et de conscience.
J’ai rappelé, sans être contredit, que parmi les libertés et les droits fondamentaux, il y avait celui d’être en sécurité, de vaquer sans crainte à ses occupations, de se distraire. Les protéger ne saurait constituer une atteinte aux droits. Pour autant, bien entendu, toutes les autres libertés doivent aussi, pour l’essentiel, être préservées et défendues, dans l’esprit même de la lutte contre les assassins.
Concernant l’utilisation du mot guerre, j’ai été le seul à indiquer que, pour ma part, je le trouvais inadapté car cela faisait bien de l’honneur aux misérables assassins de Daesch que la France leur fasse la guerre. Cependant, j’ai refusé d’en faire un sujet de querelle sémantique.
Je me suis – légèrement – opposé à Serge Moati sur l’état d’urgence. Alors qu’il le voyait comme un régime durable adapté à la situation actuelle du pays, j’ai noté que, par définition, la notion d’urgence rejoint l’exceptionnel et qu’une urgence permanente est une sorte d’oxymore. Il me semble, ai-je avancé, que cette période exceptionnelle, obligatoirement temporaire, doit être mise à profit pour régler les questions urgentes qui le requièrent et adapter dans la durée l’État à la situation nouvelle.
Je me suis aussi félicité de l’inflexion présidentielle en matière de politique étrangère : former une coalition unique contre Daesch, incluant les Russes ; tout en rappelant que Bachar al Assad ne saurait constituer l’avenir de la Syrie, ne plus faire de son éviction un préalable à cette unité d’action contre l’ennemi unique clairement désigné, Daesch. Seul Serge Moati a manifesté une certaine réticence sur ce point. Je lui ai rétorqué que si, puisqu’il était bien difficile dans le chaos syrien d’envoyer des troupes aux sols, les forces gouvernementales aidées des milices irakiennes, iraniennes et libanaises, soutenues par les frappes alliées, reprenaient Raqqa et Palmyre à l’État islamique, je ne m’en désolerais pas.
J’ai douté, comme les autres participants, de l’unité nationale dans le contexte électoral actuel mais ai noté que si nous nous entendions, au moins entre les partis républicains, sur les valeurs républicaines qu’il convenait de toute force de préserver des attaques terroristes et de la surenchère extrémiste, l’essentiel serait préservé.
Enfin, concernant l’Europe, j’ai noté que la France était aujourd’hui l’un des seuls pays, avec la Grande Bretagne, à disposer d’une capacité militaire significative. À ce titre, lorsqu’elle accroit ses efforts en ce sens, qu’elle évite que tout le Sahel tombe entre les mais d’AQMI et de ses alliés, qu’elle lutte contre Daesch qui menace la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Grande Bretagne, voire l’Italie et l’Espagne aussi bien qu’elle même, ses partenaires se devaient de manifester leur solidarité, au moins financière. Il s’agit d’éviter que l’abandon du pacte de stabilité au profit d’un pacte de sécurité ne lui soit douloureusement compté comme passif par les autorités de l’Union.
Axel Kahn
Tout à fait d’accord avec vous Axel Kahn.
L’ennemi N°1 est Daesh même s’il n”est pa
L’état d’urgence ne pourra devenir un état permanent sauf à devenir liberticide.
Tout à fait d’accord avec vous .
Notre ennemi n°1 est Daesh :sans doute n’est-il pas satisfaisant de s’unir à la Russie et à l’Iran mais Hitler n”aurait sans doute pas été vaincu sans l’URSS. La complexité de la situation au MO exige de désigner des priorités .
L’état d’urgence ne doit pas devenir un état permanent sauf à devenir liberticide.
Quant au mot “guerre” ,effectivement n’en faisons pas une bataille sémantique.
Bonjour Monsieur Axel Kahn et merci d’être venu nous rendre visite à Biarritz.
C’est à propos du mot “guerre” que l’on entend dans la bouche de tout un chacun que je voudrais m’associer avec vous.
Non ce n’est pas ça la guerre et mon grand-père qui a participé aux deux guerres du XX siècles pourrait le dire mieux que moi. Vous avez très bien défini ce dont il s’agissait, je ne vais pas en rajouter mais juste citer A.Camus qui disait :” il faut employer le mot juste pour ne pas rajouter aux malheurs du monde”
Merci encore pour toutes vos interventions emplies de pertinences.
En plein accord avec vous, cher Monsieur…
Daesh peut être temporairement démantelé en Syrie-Irak, mais sans règlement du conflit entre chiites et sunnites dans ces pays, il réapparaitra sous une forme ou une autre.
http://www.scienceshumaines.com/de-quoi-daesh-est-il-le-nom_fr_35298.html