LES TICS DE LA PENSÉE JUSTE


Mon analyse de « l’échec » des scientifiques, intellectuels et vulgarisateurs de ma génération – mon échec – a suscité d’abondants commentaires dont l’analyse m’est apparue des plus significatives. Certains m’apparaissent profonds, ils ont apporté à ma réflexion. Beaucoup ne sont pas faux mais « reflexes » et témoignent d’un des tics bien connu de la pensée : ne pas savoir se libérer de convictions fortes, légitimes ou non, et ne laisser la réflexion s’épanouir qu’après s’être soumise à ses règles et stéréotypes. La foi est une conviction de cet ordre, le prisme au-delà duquel se difracte la lumière de l’esprit selon des lois contraintes.

Ceux qui me lisent savent que j’ai beaucoup analysé les origines du libéralisme, ses racines philosophiques, les écoles qui ont succédé à la pensée de ses pères du XVIIIe siècle. J’ai bien mis en évidence la dimension centrale des inégalités, motrices de la société libérale dans toutes les variantes de cette pensée. Ma critique de l’école néoclassique du libéralisme et de ses variantes modernes a été argumentée. (L‘homme, le libéralisme et le bien commun, Stock, 2013).

De ce fait, que la masse des commentateurs se soit retrouvée dans l’affirmation pour eux évidente et indiscutable selon laquelle le coupable du désenchantement du monde était la cupidité du libéralisme ne m’a pas choqué. Sauf que c’est un peu court, un tic de la pensée contrainte de passer par le prisme de convictions inébranlables. Comme la référence de l’immense majorité des économies mondiales est le libéralisme néoclassique, cette explication réflexe apparait se vérifier le plus souvent. Cependant, la frustration et la révolte des peuples du camp soviétique à la fin du siècle dernier, des Ukrainiens plus près de nous, des Biélorusses en ce moment ne sont pas vraiment provoquées par le libéralisme. Pas plus que la révolte des jeunes étudiants de Hong-Kong, que le mouvement qui a chassé Evo Morales en Équateur, les contestations à Cuba, au Nicaragua, au Venezuela, au Surinam. Pas plus non plus que la diversité des printemps arabes. Je me rappelle avoir donné une conférence sur le progrès à l’ENA, à Strasbourg, à la fin des années 90. Un fort contingent de stagiaires des Pays Baltes y assistait. Alors que ma critique sans concession du libéralisme moderne est en général accueillie avec faveur par mes publics français, canadiens et européens de l’ouest, ces stagiaires ne me cachèrent  pas qu’ils jugeaient mes propos incompréhensibles. Le libéralisme que je vilipendais était pour eux les droits de l’homme et la liberté, la fin d’un long cauchemar.

Le mouvement négationniste et complotiste dont la plus belle illustration est le « documentaire » (!!!) Hold-Up n’est en rien « antilibéral », si ce n’est dans sa composante fascisante. Cela vaut aussi pour l’essentiel du mouvement des gilets jaunes dont les connexions avec l’irrédentisme actuel à la raison sont patentes. Didier Raoult et Fly rider ! Didier Raoult, puisque je l’ai évoqué, est un homme de droite très lié à Gaudin et, un temps, à Nicolas Sarkozy. C’est là strictement son droit et cette réflexion n’est en rien une critique. La « révolte » contre l’atteinte aux libertés individuelles que constitueraient les règles sanitaires  est parallèle à l’évolution du concept d’une liberté qui intègre des objectifs collectifs et solidaires des libéraux révolutionnaires de 1789 à l’individualisme forcené des anarcho-capitalistes américains, piliers du soutien à Donald Trump.

Alors, soyons francs : ce cri du cœur renvoyé sur mon mur comme un écho « C’est la faute du libéralisme » est un peu court, un tic de la pensée. Encore un effort pour comprendre. Pour ma part, je tente de m’y atteler.

Axel Kahn, dimanche 15 novembre 2020.

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11 thoughts on “LES TICS DE LA PENSÉE JUSTE

  1. Bonjour M. Kahn, étant simplement « abonné » à votre page Facebook et non « ami », je n’avais pas la possibilité de laisser un commentaire en réaction à votre analyse, alors que le sujet m’intéresse et me préoccupe énormément… Je profite donc de cette occasion pour vous soumettre le commentaire assez long que j’avais pris la peine de rédiger et que je n’avais pas pu partager, en espérant que vous aurez le temps d’y jeter un œil (mais je comprendrais que ce ne soit pas le cas, vos engagements si essentiels passent avant tout ! En tous les cas, merci pour vos précieux éclaircissements en ces temps obscurs !) :
    Je trouve admirable que vous vous posiez la question de votre responsabilité dans cette « déferlante complotiste » et la dangereuse dérive vers un monde de post-vérité, même si je vous trouve un poil trop sévère avec vous-même et que vous sous-estimez peut-être un point essentiel dans votre analyse : la folle influence d’Internet sur la formation de nos raisonnements et opinions. Je suis loin, très loin d’avoir votre niveau de compétence dans le domaine, mais pour vous faire part de mes petites réflexions à ce sujet, je pense que l’actuelle propagation du virus de la défiance est due à la conjonction inédite de 3 facteurs principaux :
    1) UNE PART DE LÉGITIMITÉ DANS LA DEFIANCE : il faut bien avouer que les « élites », qu’elles soient politiques, économiques, scientifiques, journalistiques, nous ont donné beaucoup de bonnes raisons de douter d’elles depuis des lustres. Le mensonge en politique est une religion intensément pratiquée, la corruption n’est pas un mythe, les lobbys ont droit de cité au Parlement européen, la connivence entre le monde politique et les médias est troublante, et on voit parfois les intérêts économiques polluer l’intégrité des études scientifiques. C’est bien sur ce terreau-là qu’a grandi le sentiment de trahison qui contribue aujourd’hui à la surgénéralisation du sentiment de défiance, sur le mode « qui a trompé une fois trompera toujours ». C’est bien ce dépit amoureux, ou pour reprendre vos termes, cette « passion » transformée « en rage et agressivité envers l’amant infidèle » qui empêche beaucoup d’entre nous d’avoir une approche rationnelle des choses et nous fait voir des complots partout, surtout là où il n’y a pas de raisons objectives d’en voir. Englué dans un raisonnement émotionnel empreint de rancune dépitée, on aura ainsi tendance à croire plus volontiers le premier péquin venu sur Youtube ou CNews qui prétend nous démontrer par 1 + 1 = 11 que tout ça est un complot ou une manipulation politique. La frontière entre doute légitime et dérive conspirationniste s’atténue alors dangereusement. Ajoutez à cela le creusement des inégalités, le sentiment qu’une majorité de gens triment comme des malades pendant qu’une petite minorité se remplit la panse, ou encore l’impression que les puissants s’en sortent toujours à bon compte quelles que soient leurs turpitudes (politiques poursuivant leur carrière après condamnation, « Lancet gate » sans coupables ?, etc.), et la coupe de la défiance et du complotisme est définitivement pleine. Mais si l’on se contente de dénigrer les complotistes et de dénoncer leurs fabulations, en donnant finalement l’impression que tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles, sans admettre l’iniquité et l’impunité – bien réelles – qui rongent nos sociétés et sans s’efforcer d’y remédier, comment peut-on espérer un jour rétablir la confiance perdue ?
    2) L’AVÈNEMENT D’INTERNET, et notamment :
    – le flot d’informations démentiel et sans précédent généré par Internet, où, pour reprendre les termes d’Étienne Klein dans « Le goût du vrai », « circulent dans les mêmes canaux de communication des éléments appartenant à des registres très différents : connaissances, croyances, informations, opinions, commentaires, fake news… Immanquablement, leurs statuts respectifs se contaminent ».
    – les moteurs de recherche et la folle profusion des « produits cognitifs » disponibles (dixit Gérald Bronner) qui renforcent le biais de confirmation  en « googelant » quelques brefs instants, on finit immanquablement par trouver du grain à moudre pour nourrir et conforter nos croyances établies « en négligeant les données qui les infirment » (« Des têtes bien faites », Gauvrit/Delouvrée).
    – les réseaux dits sociaux et les algorithmes de sélection des contenus qui favorisent la pensée en vase clos et la viralité des « fake news » : Youtube et les groupes Facebook (Pro-Raoult, par exemple) sont devenus pour un nombre croissant de personnes les seules et uniques sources d’information. Les membres de ces groupes partagent entre eux exclusivement des informations qui confirment leurs prémisses (« l’hydroxychloroquine marche », « il y a un complot de big pharma contre Raoult », etc.), tandis que toute information qui tend à démontrer le contraire est violemment attaquée. Des phénomènes largement amplifiés par le sentiment d’appartenance au groupe : « lorsque l’on appartient à un groupe dont les membres semblent comprendre et valoriser les phrases obscures, on risque la marginalisation à les critiquer et à mettre au jour son incompréhension. » (« Des têtes bien faites », Gauvrit/Delouvrée).
    3) UNE FAILLITE EDUCATIVE : Internet est sans aucun doute un outil révolutionnaire pour faire avancer la connaissance. Si on l’utilise à bon escient. Or, si les théories du complot ont autant le vent en poupe aujourd’hui, c’est aussi parce que le système éducatif nous prépare insuffisamment à gérer le trop-plein d’informations numériques, l’école a échoué à nous doter de suffisamment de discernement et d’esprit critique pour faire le tri dans tout ce fatras et distinguer une information pertinente d’un délire absolu. Vraiment, je constate jour après jour, en traînant sur les réseaux, qu’une foultitude de gens n’a simplement pas les outils, pas le bagage, pas les bases pour prendre le recul nécessaire sur certains contenus numériques qui ne mériteraient pas le moindre crédit, contenus qui sont pourtant partagés sans vergogne, dans le mouvement de l’émotion, au seul motif qu’ils confirment notre opinion ou notre intuition, ou caressent dans le sens du poil nos bas instincts, notre colère, notre angoisse. Toutes les infos semblent se valoir, on ne prend pas la peine de vérifier leur pertinence, de les recouper, on ne se pose pas la question de savoir « qui parle ? » et « pourquoi ? ». Est-ce une pointure dans son domaine, reconnue et respectée par ses pairs ? Ou une personnalité controversée et isolée qui s’exprime en dehors de son champ de compétence ? Ou simplement un scientifique de comptoir en mal d’attention qui cherche une oreille crédule pour éructer sa pseudoscience sur Youtube en parlant avec une assurance inversement proportionnelle à son niveau de compétence, dopé par la « montagne de stupidité » induite par l’effet Dunning-Krüger ? (La fameuse citation d’Umberto Eco paraît à cet égard visionnaire : « Les réseaux sociaux ont généré une invasion d’imbéciles qui donnent le droit de parler à des légions d’idiots qui auparavant ne parlaient qu’au bar après un verre de vin, sans nuire à la communauté et ont maintenant le même droit de parler qu’un Prix Nobel »). Le temps de « débunker » ce genre de sornettes, et il est déjà trop tard, les esprits sont contaminés, parfois durablement. Des cours de lecture critique des médias commencent apparemment à être proposés dans certaines écoles, une démarche sans doute à soutenir.

    Voilà selon moi pourquoi on en est là : 1) il y a des raisons objectives à la défiance, 2) Internet offre une caisse de résonnance gigantesque au sentiment de défiance qui prend des proportions irrationnelles, 3) beaucoup d’entre nous ne sont pas suffisamment armés pour se défendre contre les effets pervers d’Internet, un phénomène qui reste finalement très récent et dont on n’a peut-être pas encore cerné et mesuré toutes les implications.

    • Votre analyse est complexe et riche. Je la partage grandement. J’y ajouterai que sur wikipedia, on lit que l’effet Dunning-kruger (=surestimation de ses compétences) semblerait inversé en Asie du Sud-est. Peut être l’effet d’un ensemble de valeurs différentes de celles de l’Occident et de son individualisme forcené. Les est-asiatiques épousent souvent la religion bouddhiste et l’approche collective … Comme je le disais très incomplètement dans un commentaire du profil Facebook du professeur Axel Kahn, l’inadaptation des valeurs marchandes et individualistes de l’Occident et d’une grande partie du monde pourrait être une autre forme du problème … Elles nourrissent frustrations, mal-être et rancœurs alors que la situation matérielle reste bonne jusque là …

    • En matière de désinformation et de discours extrémiste la TV, la radio et une grande partie de la presse sont les champions absolus. BFMTV, L’obs, Libération, Slate ou les chaînes publiques parmi d’autres exemples contribuent plus à véhiculer la désinformation et la haine que les réseaux sociaux : les médias français sont avec les médias anglo-saxons parmi les plus radicalisés au monde. Sans compter nos universités elles aussi gangrenées par des mouvements d’extrême droite comme le PIR. Se focaliser sur les réseaux sociaux revient in fine à évacuer 80% du problème d’autant que sur certains d’entre eux on trouve des contenus culturels ou scientifiques d’une valeur très supérieure à ce qui existe dans des médias traditionnels. Voud ne comprenez pas l’évolution en cours : le rapport qualitatif médias traditionnels/nouveaux médias est en train de s’inverser totalement. Bien à vous

    • Merci Michaël Klatt pour cette analyse très clairement exposée. Serez-vous d’accord avec les remarques suivantes ? Pour reprendre les termes d’Umberto Eco, il n’y a pas que des imbéciles qui sont capables de manipulation, déductions hâtives, informations non vérifiées … et il n’y a pas que des idiots pour s’y laisser prendre. Je me souviens encore d’une voix compétente sur une grante antenne de radio proclamant “maintenant, on sait que l’irak possède des armes chimiques”. J’ai aussi à titre personnel parfois lu dans des magazines des présentations flatteuses et autres exposés partiels et trompeurs sur un sujet dont j’étais spécialiste. Il y a aussi cette phrase que nous avons tous entendue un jour : “les statistiques, on leur fait dire ce que l’on veut”. Tout ça pour dire que les manipulations et autres désinformations des hommes par les hommes ne datent pas du développement d’internet. Ce n’est pas seulement que “beaucoup d’entre nous ne sont pas suffisament armés”, c’est que tout le monde est plus ou moins vulnérable. Au plaisir de vous lire.

  2. Oiseau qui pense trop
    ————

    Trop de notions qui se bousculent
    Dans ma cervelle minuscule,
    Ce foisonnement de pensées
    Vers un pur délire bascule.

  3. Ce qui est certain c’est que l’irrationalité se situe du côté du gouvernement français : fermeture des bars, des restaurants et des librairies sans motif sanitaire cohérent. La France est moquée du fait des attestations : elle est le seul pays à mettre encore en œuvre ce procédé ridicule et humiliant. En outre les psychiatres et psychologues annoncent une vague de dépressions très importante due à ce confinement qui causera peut-être à lui seul autant de décès que le covid. La dépression tue et une politique sanitaire responsable et humaine tient compte de cet aspect essentiel de la santé publique.

  4. Merci d’avoir pris le temps de partager vos précieuses réflexions, qui sont pour moi éclairantes. Quand je pense à mon fils de trois ans, j’espère que son entourage parviendra à l’«outiller» – plutôt qu’«armer», si vous le permettez – pour se défendre contre les effets pervers d’Internet et développer un esprit libre.
    À vous comme à vos proches, mes meilleurs voeux pour les temps qui viennent,

  5. Professeur Axel khan.
    C’est suite à votre passage à la bibliothèque Alexie de Tocqueville de Caen que j’ai pris connaissance de votre existence et de vos recherches. Votre discours m’a été d’une très grande utilité car il m’à permis de changer de vie. Et c’est en retour que je m’adresse à vous, en espérant vous apporté un peu de lumière. Au moment ou mon défunt père le généraliste Franky LHOMME était sur la fin de sa vie en 2016, certains de ces amis m’ont rapporté les propos du professeur Ishak. Selon eux un des paires de la cancérologie actuelle, il avait perdu une partie de sa famille pendant l’holocauste allemand. il aurait prononcé cette phrase fataliste et teinté de tristesse ” les Français n’ont pas tiré les leçons de Auschwitz” . Si cette phrase aujourd’hui peu amené à moins d’empathie que dans le passé, au moment ou j’ai autorisée l’arrêt des soins palliatif pour mon père elle à été aussi une énorme révélation pour moi de l’état actuelle du système hospitalier. Et me conforte dans l’idée que j’ai sauvé son âme plutôt que de le laisser souffrir à petit feu comme il avait en horreur au vue de se qui se passe actuellement.

    je ne peu vous caché ma grande déception de ce pénible moment et la déprime que j’ai subi. Moi qui espérais que le progrès et la nouvelle génération cumulé à ma bonne volonté allait aboutir à une victoire éclatante sur son cancer, tout à été réduit à néant à cause d’une prothèse défectueuse, mes espoirs, mes souvenir que je ne pourrais plus partagé avec lui, surtout que j’ai partagé en grande partie toutes ces activité, des missions en Afrique en passant par la Yougoslavie, et la chine pour son deuxième doctorat.

    Puis au cour des 4 dernières années par tranche de 6 mois plusieurs de ses amies et confrères ont également quitté ce monde.

    Je peu comprendre que vous-vous sentiez incompris face à la nouvelle génération qui ne souhaite plus abordé les heures sombre de l’histoire. Parce qu’aujourd’hui plus que jamais pour beaucoup de gens notre siècle est la répétition du siècle précédant, ils veulent vivre et non survivre ! Avec une Union européenne que nous ne comprenons tous simplement pas! Parce qu’elle est imprévisible, parce qu’elle supprime certain repaires et remet la notion de souveraineté dans les débats!

    Si pour vous et pour beaucoup de gens de votre génération le mot guerre réveille chez vous les pires cauchemars. Acceptez et souffrez aussi que ceux que vous appelez les complotistes sont habité par la peur, une peur qui n’est pas une forme d’occultisme mêlé à de la haine revancharde, d’une guerre entre le royalisme et la république ou une guerre entre nationalisme et communisme. Mais par tout simplement le fait réel qu’en 2005 plus de 50% des français ont dis non à un référendum qui à été piétiné par les représentant de l’époque et le fait que par suite à beaucoup d’actes manqué et de mauvaises décisions et qui aujourd’hui rejettent Emanuelle Macron parce que le refoulé Mastrichien est traité d’idiot, de bouseux. Sans vouloir vous insulté ni vous faire offense, je crois que vous êtes un peu tiède comme le pape François qui pense que la France est la fille ainée de l’église, mais pas la plus fidèle. D’autant plus qu’à l’époque du virus H5N1 ou du H1N1 lorsqu’on à eu sois disant un vaccin fait pour la situation, il était crée déjà par Bayer, il à été mis sur le marché avant qu’on ne parle d’épidémie, pour finir avec des masques que madame Bachelot à acheté bien trop tôt. J’espère que vous remplirez bien votre rôle de président de la ligue de la ligue contre le cancer.

    je ne connait pas votre ouvrage “L‘homme, le libéralisme et le bien commun, Stock, 2013.” qui doit être fort pertinent.

    Mais en revanche, j’espère vous recroiser un jour, et en espérant pouvoir échanger de vive voix sur vos ouvrages et que ce bouquet de nerfs vous offre de la lumière …

    WMJCF LHOMME

  6. La pensée cherche une voie
    ———-

    — La voie est ineffable, et tu dois le savoir.
    Elle n’est pas construite au gré de la pensée
    Qui par sa propre danse est souvent dépassée ;
    Elle dit sans parole, et va sans se mouvoir.

    — La leçon que j’entends n’est certes pas récente.
    J’avance sur la voie, non d’esprit, mais de corps ;
    Mes gestes sont des traits, mes mots sont des accords,
    Ainsi court un chamois sur l’invisible sente.

    — Disciple, tu tiens là le discours de l’ivresse :
    Mon livre le permet, tout au moins, par instants.
    Maintenant, fais ton oeuvre, et sois assez constant
    Pour que ta fantaisie se transforme en sagesse.

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