PARADIS ET ENFER, SYMBOLE ET RÉALITÉ 6.7


Conques est en effet bâti dans une corbeille ou une coquille de verdure, d’où son nom, à flan d’un coteau du Rouergue, dans la vallée du Dourdou en jouissant d’une exposition plein sud. La quitter ce matin après avoir traversé la rivière sur le “pont romain” et avant d’aborder la rude montée de 300 m de dénivelé pour rejoindre le coteau sud et ouest, par une matinée lumineuse et déjà tiède, donnait le sentiment de s’éloigner d’un petit paradis terrestre. Le Paradis des bienheureux est l’un des thèmes du célébrissime tympan de l’abbatiale, une incontestable merveille de l’art roman. Des objections se sont fait jour sur les réseaux sociaux lorsque je l’ai présenté comme un jugement dernier sous l’arbitrage du Christ, les bienheureux étant rangés du côté de sa main droite levée et les damnés du côté de sa main gauche abaissée, envoyés aux enfers auxquels croyaient durs comme fer les hommes du Moyen-âge, lieux infernaux où ils subissent mille tourments de la part de démons monstrueux. Un spécialiste manifeste des représentations religieuses m’a rétorqué qu’il s’agissait en fait d’une “parousie” et que mes “enfers” étaient en réalité le purgatoire. Je ne polémiquerai pas. Cette thèse est due à Pierre Séguret, ce n’est en tout cas pas celle retenue par les pères Prémontrés de Conques qui, chaque soir, détaillent la sculpture comme un jugement dernier rendu par le Christ. Peu importe d’ailleurs pour mon propos, ce chef d’œuvre indique sans ambigüité qu’il vaut mieux se trouver du côté de la main droite levée que de l’autre où je persiste à voir l’enfer des damnés.

Or, l’enfer des damnés, j’en ai eu une représentation en descendant sur Decazeville. Pour qui a quitté Conques cinq heures auparavant, le contraste est saisissant. Ce n’est pas tellement que vers midi aujourd’hui la cuvette de Decazeville était une fournaise, 32 degrés à mon arrivée et près de 34 à mon départ, soleil de plomb et absence de tout souffle de vent, si bien que l’on ressentait durant la descente une sensation à la limite de la brûlure sur le visage, les bras et les jambes. C’est surtout que cette cité, comme Nouzonville dans les Ardennes, est devenue l’un de ces lieux sans espoir où l’on prend conscience de ce qu’est la mort d’un territoire. Du plateau, on aperçoit de grandes implantations industrielles dont aucune n’émet plus la moindre fumée, le moindre bruit. Une fois au fond de la cuvette, je me suis tout de suite étonné de ce que le GR 65 bifurque immédiatement pour s’éloigner de la cité par le nord alors qu’il a en général à cœur de faire passer les pèlerins par les centres villes. Il était 12h20, j’avais décidé de déjeuner à Decazeville et m’engageai donc dans la direction marquée “tous commerces” à la recherche d’un lieu pour me restaurer. D’emblée je fus surpris par le relatif délabrement de beaucoup d’édifices et surtout par la proportion des magasins fermés, un sur deux ou deux sur trois, marqués “à vendre” ou à un total abandon. Le malaise était aussi amplifié par le nombre anormalement élevé de personnes sans doute sous l’emprise de la boisson et dont les vêtements suggéraient un état avancé de désocialisation. Dans la rue principale presque déserte et brûlante, des hauts-parleurs diffusaient en boucle des messages publicitaires pour les quelques enseignes encore actives, peut-être pour éviter qu’elles ne disparaissent elles aussi. Quant à ma prétention de trouver un petit restaurant aveyronnais, elle relevait de l’inconscience. Après avoir parcouru un km en ville pour en trouver un, sans résultat, je me décidai à demander. Une personne me répondit ” mais vous savez, il n’y a rien, ici”. D’autres m’indiquèrent des mini-échoppes de restauration rapide industrielle, ou des adresses qui toutes correspondaient à des établissements qui avaient fermé.

Je battis alors en retraite et m’engageai à nouveau sur le GR-Camino d’où j’avisai dans le faubourg un estaminet ouvrier où un homme jeune cuisinait vraiment. Je mangeai très honorablement. Dans l’établissement, outre le patron, quatre hommes de la cinquantaine passée étaient accoudés au bar. J’engageai la conversation et demandai ce qu’il restait des emplois industriels, sachant que la fermeture des houillères du bassin est déjà ancienne, définitive depuis 1982. “Mais monsieur, il n’y a plus rien, “ils” ont tout pris, ne reste que les garages, le bâtiment, les maisons de retraite ou des choses comme ça”. Jadis, couplées à l’exploitation de la houille, existaient de puissantes usines métallurgiques, acier et zinc, elles employaient des dizaines de milliers de personnes. La ville qui avait compté jusqu’à dix huit mille habitants n’en a plus qu’environ cinq mille cinq-cents, une importante proportion aux minimums sociaux. Les seuls emplois qui persistent sont liés au traitement public social de la crise et aux services/commerces privés compatibles avec le maigre pouvoir d’achat ainsi engendré. Bien entendu, un tel modèle économique est tout simplement non viable, il n’offre aucune perspective à terme. Cette situation, je l’ai rencontrée maintes fois depuis mai, cette fois elle m’a comme donné un coup à l’estomac, m’a coupé la respiration, a presque créé chez moi un sentiment de panique. J’avais l’impression que j’allais moi aussi être carbonisé dans cette cuvette dont rien n’atténuait l’impression qu’elle illustrait le malheur et le désespoir. Decazeville est bien du côté de la main gauche baissée du Christ de Conques, elle est même délaissée par le chemin des pèlerins ; il y a des dizaines de Decazeville en France. Le problème est qu’au tympan de l’abbatiale, élus et damnés sont approximativement aussi nombreux les uns que les autres alors que cent-cinquante personnes vivent à Conques, quarante fois plus à Decazeville, encore. Certes, même si je n’y suis pas passé cette fois, je sais qu’à Nantes, Toulouse, Lyon, Sophia-Antipolis, Paris, etc, de belles histoires industrielles peuvent encore être envisagées mais personne n’envisage, je pense, d’y concentrer toute la population du pays. Pour le cœur du tissu français, quelle idée neuve est émise ?

Le désastre de la cuvette de Decazeville est rendu encore plus douloureux et palpable que franchi au nord les bords de la cuvette, on plonge dans la vallée du Lot où fleurissent les serres et les champs maraîchers qui donnent un aspect industrieux à la riante et fertile vallée.

Quatre kilomètres parcourus et on échappe au maléfice. Pourtant, fasse que cette quiétude retrouvée ne nourrisse pas la résignation et l’oubli, c’est à dire l’abandon.

Axel Kahn, le six juillet 2013.

Eau et lumière, le Lot à Livinhac

Eau et lumière, le Lot à Livinhac

 

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18 thoughts on “PARADIS ET ENFER, SYMBOLE ET RÉALITÉ 6.7

  1. J’ai eu la même impression en passant à Decazeville, l’impression d’un gâchis incommensurable, un sentiment de tristesse, en pensant à toutes les villes minières ou industrielles..Remarquez, c’est un peu le sort de tous les centres villes, désertés au profit des zones commerciales de périphérie, 1eres horreurs qu’on aperçoit quand on débarque dans une ville, même les plus touristiques y ont droit..Si je vous disais les horreurs qu’on a construit à la périphérie de ma si jolie petite ville…

  2. Cher Axel Kahn

    -très honoré et remerciements pour avoir mentionné ma thèse sur le tympan de Conques

    E n dépit de votre choix de l”Enfer ,toute la statuaire du tympan m’assure avec Isaïe,(qui en forme le pied droit) que “Dieu jettera le péché de l’homme derrière son dos’” , et que le feu métaphorique du jugement nous éclairera tous, vous, moi et l’abbé de Conques tout particulièrement, co-pélerains sur la route qui conduit au champ des étoiles ;

    Sainte Foy et Marie de Magdala bien représentées au tympan, vous tiennent en joie et sans ampoules aux pieds!

  3. Cher Axel Kahn, je vous invite à venir faire un petit tour à Decazeville pour la fête de la musique, le marché de Noêl, le carnaval …et vous verrez que, certes les batiments sont toujours aussi vides, mais que les Decazevillois sont très accueillants, chaleureux et qu’ils font revivre leur ville avec beaucoup de dynamisme !

  4. Cher Axel Kahn, je vous invite à venir faire un petit tour à Decazeville pour la fête de la musique, le marché de Noêl, le carnaval …et vous verrez que, certes les batiments sont toujours aussi vides, mais que les Decazevillois sont très accueillants, chaleureux et qu’ils font revivre leur ville avec beaucoup de dynamisme !

  5. Je suis né à Decazeville il y a 50 ans, j’en suis parti de 1985 à 1997 pour Paris puis Bordeaux. A mon retour en 1997, les mentalités n’avaient pas changé. Hélas, Decazeville ressemble toujours à un pays de l’Est parce que les gens ont encore une mentalité de l’Est et que, parait-il, on n’a que les élus que l’on mérite! Malheureusement pour Decazeville les élus ont toujours été socialo-communistes! Il est évident que le contraste est saisissant lorsqu’on arrive à Decazeville en venant de Conques, village moyennageux classé 5° plus beau village français. Decazeville est une ville créée à des fins industrielles en 1828! Vous avez constaté que le GR65 ne fait qu’effleurer la ville au lieu de la traverser. En 2013, la moitié des pèlerins qui vont à St J. de C. évite la ville en prenant un raccourci suite à des mauvaises infos ou des rumeurs injustifiées que vous venez d’amplifier. Vous parlez des locaux commerciaux fermés et délabrés, mais comme vous le notez la population a fortement diminué depuis quelques années ce qui diminue aussi le nombre de clients potentiel pour les commerces locaux. Vous parlez également des habitants désocialisés : vos amis communistes et socialistes sont à l’origine de cette situation en encourageant l’assistanat sous forme de logements sociaux et d’allocations diverses et variées. Par chance, vous avez trouvé à vous restaurer chez un véritable héros puisque unique restaurateur et de qualité de surcroit! Hélas, en sortant du restaurant, vous retombez en enfer : les gens vous disent “on nous a tout pris, il y avait des dizaines de milliers d’emplois!” c’est sur, la main droite levée, le Christ du tympan de Conques aurait dû aussi leur dire “aide toi et le ciel t’aidera”. Ce qui me rassure, c’est qu’en tant qu’homme de gauche, vous ayez perçu un profond malaise provoquant un coup à l’estomac coupant votre respiration. C’EST LA GAUCHE QUI A ABANDONNE CETTE VILLE qui lui a tjrs été fidèle!

  6. Monsieur,

    Certes Decazeville fait pâle figure face à la magnifique cité de Conques. Certes cette ville où je suis née, je suis la première à la haïr pour des raisons que vous avez énoncées. Je ne renie donc pas que vous puissiez avoir en partie raison, mais n’exagérons rien, votre point de vue est d’un pédant qui m’a coupé la respiration, faisant presque naître chez moi un sentiment de panique. Vous rendez-vous compte du ridicule de votre réaction : des gens vivent dans cette ville, et même si vous avez pu vous sentir mal à l’aise, il m’étonnerait fortement que vous ayez croisé plus d’une personne sous l’emprise de l’alcool à midi, on ne peut pas dire que ce soit la faute de la ville si il y fait 34 °C, et juger les gens sur le fait qu’ils s’habillent mal, c’est plutôt d’une stupidité étonnante.
    Si la ville de Decazeville a du mal à se sortir de son passé, on ne peut pas dire qu’écrire sur son blog que c’est une ville laide (ce que je ne contredis pas), aux habitant alcooliques et sauvages n’aidera sûrement pas.

  7. Pascal Mazet (Decazeville)
    adjoint delegue a la jeunesse mairie de Decazeville
    Syndicaliste et salarié de l’hôpital de Decazeville
    habitant de Decazeville
    Cher professeur Kahn, suite a vos propos pendant l’émission des grandes gueules sur RMC, je tenais a vous dire, que vous auriez pu dire au moins que c’était une impression rapide., S’ il est vrai qu’a la rue Gambetta que vous avez du voir ( a l’entrée de Decazeville) il y a très peu de magasin ouvert, mais comme dans de nombreuses villes de cette France appauvries et en plein changements sociétaires. sachez qu’il existe encore et heureusement de nombreux commerces dans notre ville, il existe plusieurs hôtels et restaurants qui vous aurez très bien accueillis pour vous héberger ou vous restaurer. Apres de dire que c’est une ville avec des habitants désocialisés et alcoolisées c’est très grave . De nombreux decazevillois ont été très choqués de vos propos, vous avez surement aperçu un seul être alcoolise et désocialisé (nous le voyons tous ! et tous les jours); mais vous , vous pensez que tous les decazevillois sont comme ce pauvre malheureux, quelle énorme maladresse de votre part. Professeur kahn vous devez savoir que de tel propos d’un imminent professeur que vous êtes ont été très mal perçu par les habitants de notre ville. Nous sommes fiers de notre ville des gens qui vivent ici et qui défendent cette ville meurtries par des fermetures d’entreprise dans les années 80, nous sommes les enfants de cette histoire locale . Mais aujourd’hui notre ville est encore la, il y a l’hôpital, la sam et MTI ( métallurgie) unicore (zinc), rld, geant casino etc et de nombreux artisans et commerçants, des écoles , un lycée etc qui font que notre ville existe et existera encore…, Nous vous invitons Professeur Kahn a visiter plus précisément notre ville, a vous rendre compte de . Vous ne devriez pas rester sur une seule image négative. il y a actuellment a Decazeville 6000 habitants, pour terminer mes propos en ironisant, le maléfice ne vous touchera pas si vous revenez nous voir. je reste a votre disposition pour vous faire connaitre cette ville, desservit par l’aéroport de rodez , par le train, par l’autoroute près de Figeac., ce serait un honneur de vous faire visiter aussi notre hôpital de proximité qui a pour service 24/24h:urgence, maternité’ avec 320 accouchements!) chirurgie (viscérale , orthopédique orl etc..), bloc opératoire, laboratoire, radiologie , etc.
    cher professeur n’hésitez pas , revenez visiter Decazeville.
    en attendant une réponse de votre part
    pascal mazet

  8. Monsieur;
    Permettez moi de revenir sur votre passage à Decazeville.
    Ce que l’on peut dire, c’est que cela a au moins réveillé les gens, ( voir les commentaires sur “la dépêche du midi”, article du 7 août).
    Je pense que c’est la triste vérité que vous avez ressentie mais qu’elle est cependant plus nuancé que ce que vous avez écrit.
    Je comprends très bien votre malaise, en effet,comment pourrait-il en être autrement?.
    Vous avez milité plus de 16 ans au Parti Communiste Français, certainement dans les hautes sphères et là, en allant au ras du terrain, vous avez eu la vision, comme un flash, des conséquences de vos actes. Vous vous êtes rendu compte, heureusement comme un nombre sans cesse croissant de Français, que les actions du PC et de la CGT ont, en fait, fait fuir toute volonté entrepreneuriale hors de France. Et donc, cet engagement politique, au départ noble, de vouloir défendre les intérêts des plus faibles, par anachronisme et incompétence intellectuelle leur a amené, en fait,…du chômage.
    Quel industriel ne jetterait pas l’éponge en allant investir dans des pays plus souples, plus réalistes et où le coût du travail est moindre?.
    Concentré sur un petit territoire, c’est ça que vous avez pris en pleine gueule en descendant dans la cuvette de Decazeville, dans l’enfer des damnés, à main gauche du Christ comme vous dites. A gauche, très à gauche, là ou vote encore une majorité de Decazevillois, engluant leur ville et leur avenir avec des politiques inadaptés au monde d’aujourd’hui.
    Cependant, vous ne pouvez pas rester sur une impression due à un passage aussi hâtif, certaines choses positives se réalisent malgré tout. Je souhaiterai vivement que vous reveniez vous en rendre compte en prenant plus de temps.
    Même si je suis loin d’avoir les mêmes opinions politiques que vous, je pense que nous avons besoin de votre analyse, de votre culture, bref de votre aide en un mot. Compte tenu du mal que nous a fait votre récit et votre intervention sur “les grandes gueules”, vous qui êtes un chercheur…peut-être trouverez-vous des solutions que nous sommes incapable de voir.
    VOUS NOUS DEVEZ BIEN CA!!!. D’AVANCE MERCI.

  9. « On ne voit bien qu’avec le cœur » !
    Comment ne pas être sidérée à la lecture des propos tenus par M. Khan ? Du coup, je suis même allée vérifier sur internet pour écouter ladite émission qui, décidément, porte bien son nom « les grandes gueules » ! Personnellement, je trouve qu’il y en a qui ferait mieux de la fermer non ? Cela leur éviterait de dire autant de bêtises (pour rester polie).
    En effet, comment peut-il se permettre de porter de tels jugement à l’emporte pièce, ne sachant rien de cette ville à peine traversée en 1 ou 2h de temps ? Les rues désertes : c’est qu’ici, les gens ont la chance de pouvoir rentrer déjeuner chez eux ! Alors c’est vrai qu’après midi et avant deux heures, il n’y a plus grand monde dans les rues. Et à plus forte raison quand il fait très chaud, les gens se tiennent au frais ! Ne sortent que ceux qui y sont obligés par leurs activités professionnelles !
    S’il avait pris un peu plus de temps, on aurait pu lui dire qu’à la mine, le fond a fermé en 1962 (et non pas 1982), mais que l’activité a continué en Découverte jusqu’en en 2001. Que l’activité du zinc ne se trouve pas à Decazeville mais à Viviez et qu’elle se poursuit de très belle manière (même si, automatisme oblige, les emplois y sont moins nombreux). Que, fort heureusement, Decazeville compte encore quelques industries : MTI, SAM (à cheval sur la commune et celle de Viviez), STS, Bourgeois, Molénat… le secteur de la santé y occupe une place importante, que viennent compléter le secteur administratif, éducatif et commercial. Même si ce dernier a effectivement suivi l’évolution démographique, ce qui peut expliquer le nombre de magasins fermés…
    Que l’emplacement des anciennes usines métallurgiques, en centre ville, après dépollution, est en train d’être réaménagé. Et au lieu de s’indigner sur l’état de délabrement de notre ville, lui qui se targue d’être un homme de gauche, aurait dû le faire sur ceux qui en sont la cause et sont partis en laissant l’ardoise à payer à la ville et à ses habitants ! (rachat des terrains, installation d’usines relais et loyers impayés, dépollution, démolition….). Il devrait savoir qu’en France, il faut toujours un « certain temps » entre les projets et leur réalisation !
    Ce « grand professeur » habitué à voir l’infiniment petit aurait mieux fait d’y regarder à deux fois avant de tirer sur l’ambulance comme il l’a fait ! Car à le lire et à l’entendre tous les decazevillois sont avinés, dépenaillés et vivent des minimas sociaux ! Mais comment peut-il se permettre de tenir de tels propos ?
    Notre maire a raison de ne pas perdre son temps à lui répondre ! Mais moi, retraitée, je le peux afin de ne pas laisser ce Monsieur dire autant de bêtises ! N’étant pas née à Decazeville, je suis d’autant plus libre de le faire que moi j’y vis ! Et depuis assez de temps pour témoigner que ce Bassin est tout le contraire de l’image qu’il en a donnée.
    Il faut croire qu’il ne voit dans la marche que le côté sportif, la performance, l’exploit ! Il semble, là aussi, être passé à côté de l’essentiel : la rencontre de soi-même et des autres dans un esprit de « charité » (même hors du sens chrétien que ce mot peut avoir). En tout cas, il semble ne pas avoir su se « déconnecter » lui qui s’est astreint à la rédaction d’un blog à chaque étape (sans parler des émissions radios et TV !). Mais si c’est pour y dire autant de bêtises, n’aurait-il pas mieux fait de s’abstenir ?
    Quel dommage d’utiliser si mal ses talents de parole et d’écriture. A mon humble avis, sur ce coup là, il a oublié « d’être humain et raisonnable » comme le lui demandait son père qui devait bien le connaître…
    Dommage pour nous, habitants de ce Bassin de VIE, ne lui en déplaise, où l’on sait ce que veut dire lutter pour vivre et travailler au pays !
    Voilà ce que je tenais à lui dire même si, n’ayant pas ses talents, c’est maladroitement dit. Mais à l’instar du président de l’OT, et d’autres, je l’invite moi aussi à revenir à Decazeville et à y passer quelques jours. Il y verra toute la richesse et la diversité des 170 associations de la ville qui œuvrent prouvant qu’elle est bien vivante ! Il y trouvera deux hôtels pour y loger, pas « d’estaminet » peut-être… mais quelques petits restaurants qui ne demandent qu’à lui présenter leur carte ! Et enfin, quand on s’arrête quelque part, le meilleur moyen de s’informer n’est-il pas de s’adresser à l’office de tourisme local pour « sentir et ressentir » le pays traversé et y trouver de bonnes adresses ?

  10. Vous savez, à Decazeville, il y a aussi des plombiers, des menuisiers, des profs, des médecins, des infirmières, des informaticiens, des dentistes, des notaires, des gens simplement cultivés, et même, (mais oui, étonnant, non?) des commerçants!! mais peut-être ont-ils tous l’air “avinés et dépenaillés”? A moins que tout simplement ils ne soient restés chez eux pour déjeuner, car à 12h 25 à la campagne par 35° à l’ombre, on n’est pas fou! on se tient au frais!! Mais venez donc faire un tour au marché (vers 9h25!) le Vendredi, vous ne pourrez même pas garer votre sac à dos. Et en plus vous pourrez vous sustenter de plats aveyronnais pur jus et délicieux pour pas cher!

  11. Vous savez, à Decazeville, il y a aussi des plombiers, des menuisiers, des profs, des médecins, des infirmières, des informaticiens, des dentistes, des notaires, des gens simplement cultivés, et même, (mais oui, étonnant, non?) des commerçants!! mais peut-être ont-ils tous l’air “avinés et dépenaillés”? A moins que tout simplement ils ne soient restés chez eux pour déjeuner, car à 12h 25 à la campagne par 35° à l’ombre, on n’est pas fou! on se tient au frais!! Mais venez donc faire un tour au marché (vers 9h25!) le Vendredi, vous ne pourrez même pas garer votre sac à dos. Et en plus vous pourrez vous sustenter de plats aveyronnais pur jus et délicieux pour pas cher!

  12. Vous savez, à Decazeville, il y a aussi des plombiers, des menuisiers, des profs, des médecins, des infirmières, des informaticiens, des dentistes, des notaires, des gens simplement cultivés, et même, (mais oui, étonnant, non?) des commerçants!! mais peut-être ont-ils tous l’air “avinés et dépenaillés”? A moins que tout simplement ils ne soient restés chez eux pour déjeuner, car à 12h 25 à la campagne par 35° à l’ombre, on n’est pas fou! on se tient au frais!! Mais venez donc faire un tour au marché (vers 9h25!) le Vendredi, vous ne pourrez même pas garer votre sac à dos. Et en plus vous pourrez vous sustenter de plats aveyronnais pur jus et délicieux pour pas cher!

  13. Désolée, je me suis un peu énervée sur les boutons, d’où trois fois le même commentaire. Mais vous pouvez ne le lire qu’une fois!

  14. Bonjour Professeur,

    Votre analyse de la cité de Decazeville illustre parfaitement cette réalité d’aujourd’hui. L’universitaire Donald Reed a décrit cette lente agonie de ce que l’on appelle communément “le bassin”, à savoir les 5 cités Decazeville, viviez, cransac, firmi, aubin.
    Que cette description ne convienne pas aux autochtones semble évident ! Ville en déshérence, qui laisse un souvenir mortifère où la dictature du prolétariat est une réalité depuis des décennies !

    • rolande marcoux

      3 septembre 2013 at 16 h 38 min · Répondre

      Vous vous êtes intéressé, cher monsieur, au devenir de cette ville qui depuis longtemps vit dans un passé social et économique révolu. Votre contenu sociologique est d’une rigueur exhaustive. Il s’agit bien d’une ville qui se meurt. 42 % de la population a plus de 60 ans (moyenne France 21 %) sur une population de 6.000 habitants, en une génération 2.500 d’entre eux seront amenés à disparaître. Ce constat est sans appel.
      Il est préférable de passer sous silence les manières d’être et d’exister de la population de cette bourgade.
      Ils se reconnaissent eux-mêmes avoir « la tête près du bonnet » et s’en glorifient. leurs réponses à vos propos attestent de cet obscurantisme local. Finalement, cher monsieur, vous leur avez fait trop d’honneur en parlant de leur territoire qu’il qualifient de « Decazevillix » eu égard au fait qu’ils savent se battre non pas pour exister mais « réxister » terme d’une action « culturelle menée en 2011 par la collectivité communautaire

  15. A l’attention de Mr AXEL KHAN

    Vous avez raison à propos des commentaires concernant nos élus.
    Voici que maintenant on veut nous imposer un centre de traitement des déchets de tout l’Aveyron et bientôt du Lot et Cantal
    Voici la pétition lancée à l’encontre de tous ces irresponsables qui veulent tuer le bassin
    À l’attention : des élus des communes du Bassin Decazeville-Aubin et de la Vallée du Lot, des délégués du Comité Syndical du SYDOM 12, des conseillers départementaux

    Depuis plus d’un siècle et demi, les habitants de Viviez et d’Aubin subissent les pollutions émises par les activités industrielles de leurs communes. De nombreuses études historiques, scientifiques ou sociologiques décrivent avec détails les conséquences néfastes de ces pollutions sur leur santé et leur environnement proche et même au delà.

    L’annonce de la dépollution de divers sites de l’entreprise Umicore en 2007 représentait pour ces habitants l’espoir de retrouver enfin un cadre de vie plus agréable et plus sain.

    Cet espoir était entretenu par les acteurs de cette dépollution qui développaient à travers les médias et dans des réunions leur volonté de réhabiliter tous les sites, de les revégétabiliser et de retirer le convoyeur.

    Certes, des rumeurs circulaient localement faisant état de la création d’une décharge de déchets ménagers en lieu et place de la décharge de déchets industriels de l’Igue du Mas. Mais ces rumeurs étaient heureusement mises à mal par la volonté de la municipalité viviezoise de voir “l’Igue du Mas redevenir très exactement ce qu’elle était avant l’ère industrielle, c’est à dire une zone naturelle“. De quoi rassurer les riverains.

    Jusqu’à l’annonce par les entreprises Séché-Environnement et Sévigné d’un projet de création d’un centre de traitement et de stockage de déchets appelé Solena, sur les anciens sites dépollués d’Umicore, et du choix du SYDOM 12 d’opter pour cette solution le 23 mars dernier.

    Ces annonces ont été reçues par les habitants de Viviez et Aubin comme un coup de poignard, une injustice et une humiliation. Il y avait 200 personnes inquiètes et révoltées le 20 octobre dernier à la toute première réunion d’information organisée par un collectif mis en place rapidement pour s’opposer à ce projet.

    Ce projet est non seulement néfaste pour les habitants de Viviez et d’Aubin, mais il l’est également pour tout le Bassin Decazeville-Aubin et la Vallée du Lot très proche.

    Les emplois perdus ou non créés à cause de ce projet seraient très largement supérieurs à la poignée d’emplois qu’il pourrait créer. L’économie locale, les activités touristiques, l’immobilier… seraient très profondément touchés par ce projet. Qui aurait envie en effet de créer son activité ou d’habiter sur un territoire qui abrite une usine de traitement et de stockage des déchets ?

    La RD 840 déjà très fréquentée verrait passer des norias de camions supplémentaires venant déposer ou reprendre des déchets à Viviez, augmentant ainsi les risques d’accidents, notamment dans la traversée de nos communes.

    Ce projet risque également de mettre à mal les efforts des collectivités, des entreprises et des associations locales de chasse, de pêche et de protection de l’environnement pour retrouver un bon état des milieux aquatiques et favoriser le développement de la faune et la flore sauvage.

    La proximité de nombreuses habitations et d’une entreprise répertoriée Seveso seuil bas n’est pas le meilleur endroit pour installer une usine de traitement des déchets, secteur industriel qui figure au troisième rang des activités accidentogènes.

    Le projet de territoire porté par la nouvelle communauté de communes réunissant les communes urbaines du Bassin et celles de la Vallée du Lot est basé sur une diversification de l’économie, une amélioration du cadre de vie pour favoriser l’attractivité résidentielle, sur le développement de l’agriculture et sur la valorisation des richesses touristiques et patrimoniales.

    Le projet Solena anéantit complètement ce projet de territoire.

    Mais ce projet est également néfaste pour tous les foyers aveyronnais qui financent ce service à travers la taxe ou la redevance des ordures ménagères, puisque le traitement d’une tonne de déchets par le projet privé Solena coûtera dix euros de plus la tonne que le projet concurrent présenté par Trifyl, projet public de mutualisation entre le Tarn et l’Aveyron. Soit un coût supplémentaire de 600 000 euros / an environ à la charge des foyers aveyronnais.

    Les habitants du Bassin ont l’impression d’être pris pour des sous-citoyens. Alors que ce genre de projet est rejeté partout en Aveyron avec le soutien actif de tous les élus locaux, ici, certains élus locaux portent et soutiennent ce projet. C’est inadmissible !

    Nous sommes bien sûr déterminés à poursuivre et à amplifier nos actions pour la réhabilitation complète des zones dépolluées par Umicore et pour le retrait du projet Solena à Aubin et Viviez car c’est un mauvais projet pour l’avenir de notre territoire et de ses habitants.

    Nous souhaitons donc que Umicore tienne ses engagements maintes fois répétés de réhabiliter les sites dépollués, de les revégétaliser et d’enlever le convoyeur.

    Nous souhaitons également que les élus locaux de notre territoire prennent rapidement position contre le projet Solena et qu’ils communiquent cette position au SYDOM 12.

    Ce sera au SYDOM 12 de revoir rapidement sa copie et d’opter pour une solution du traitement des déchets que nous souhaitons publique, transparente, pérenne et économique, y compris en partenariat avec d’autres départements.

    Enfin, nous souhaitons que le SYDOM 12 engage l’Aveyron dans une démarche et des actions exemplaires de forte réduction de la production de déchets à travers par exemple l’opération “Territoire zéro déchet, zéro gaspillage“.

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