PRÉSIDENT, VACCIN ASTRA-ZENECA : MISES AU POINT


Le caractère tranché des réactions mues par un psychisme aux scotomes et emballements passionnels entremêlés se manifeste sur ce mur comme dans la vie, je le comprends. L’enthousiasme ou bien l’antipathie instinctives, partisanes, idéologiques ou culturelles ressentis à la prise de connaissance de tout énoncé en biaise gravement l’analyse, c’est humain, je n’y échappe pas.
Aussi, à distance, des mises au point ne sont pas inutiles.
A, Le coût de la crise de la covid pour les personnes malades du cancer et ma mise en cause du président.
Les amis partisans du Président – je n’en suis pas un adversaire acharné, on me l’a reproché ici – sont peinés de ce que je l’ai mis en cause à plusieurs reprises. Je les comprends et m’explique. Je reproduis pour ce faire un passage de la prochaine newsletter hebdomadaire de La Ligue.
Intervenant souvent dans les médias, j’avance le chiffre de plus de dix milles vies perdues dans les cinq à six années qui seront la tragique conséquence d’un diagnostic retardé et d’un suivi non adéquat des cancers. Ce chiffre se fonde sur le calcul suivant : L’INCa a publié en janvier le nombre de diagnostics de cancers réalisés en 2020 : en recul de 20% par rapport à 2019, soit un manque de près de 80.000. La crise sanitaire a débuté mi-mars, ce qui nous donne un déficit de 8400 diagnostics par mois. Nous sommes mi-mars 2021, il faut ajouter 21.000 retards de diagnostics pour 2021, soir un total d’environ 100.000. Or un article paru dans Br.Med.Journal en automne évalue à 10% l’aggravation moyenne, selon les cancers, du pronostic par mois de retard dans le parcours de soins des personnes malade. La Ligue a évalué sur un effectif plus limité une médiane de trois mois des retards, quels qu’ils soient. La mortalité attendue de 100.000 personnes atteintes de cancer est de 45.000. Une aggravation du pronostic de 10% par mois pendant trois mois nous permet d’arriver à une surmortalité de 13.500 personnes. A tout cela il faudrait rajouter l’ensemble des retards des traitements de cancers diagnostiqués, si bien que le bilan global est en effet terrible. D’autant que la persistance d’une importante circulation virale depuis l’automne, la multiplication des foyers intra-hospitaliers de covid et des infections nosocomiales n’a pas permis de dissiper la défiance envers l’hôpital.
La responsabilité du choix d’une politique sanitaire de tolérance à une circulation virale très élevée pendant au moins quatre mois est peu contestable. Cela m’a amené à critique ce choix politique d’une stratégie sanitaire aux conséquences si lourdes, en particulier pour les personnes malades du cancer. La critique eut bien entendu été la même quelle que soit l’étiquette du Président de la République et de son gouvernement, ces critiques ne violent en rien le devoir de réserve politique des membres de La Ligue. La Ligue critique ce qui lui apparait mauvais pour les personnes malades.
B. Le vaccin Astra-Zeneca
J’ai engagé, vous le savez, toutes mes forces dans le démarrage accéléré et la plus large diffusion de la vaccination contre la Covid. Cependant, pas au point de masquer les vérités et les doutes. Je suis un scientifique et un médecin, pas un propagandiste de quoique ce soit. Avant le début de la vaccination, j’avais simplement indiqué qu’il fallait être prudent avec les vaccins vivants basés sur les adénovirus recombinants. Je connais parfaitement ces vecteurs, ceux que mes équipes ont utilisés dans les premiers essais précliniques de thérapie génique. A fort titre viral, les vecteurs adénoviraux humains humains provoquent des réactions fébriles chez la souris qui ne les a jamais rencontrés. Dans un cas d’essais clinique à Philadelphie utilisant un titre follement élevé de virus ( des centaines de milliards de particules virales par millilitre), un jeune homme de 18 ans était mort. Dans un tableau dramatique de coagulation intra-vasculaire disséminée (CIVD).
J’ai eu plusieurs vies ! Marie-Françoise Capelle va m’accabler, j’ai même été directeur scientifique d’un très grand groupe international des sciences de la vie. Dans son portefeuille, la filière vaccinale française, animale (Mérial) et humaine (Pasteur-Mérieux). De ce temps, la France était un grand pays mondial dans le domaine des vaccins. Pour dire que le domaine des vaccins est aussi l’un de ceux que je connais très bien.
Lorsque la première vaccination des jeunes soignantes par le vaccin Astra-Zeneca en a envoyé entre le tiers et la moitié au lit avec de 38 à plus de 39 degrés de fièvre, des douleurs musculaires et un syndrome pseudo-grippal bénin mais carabiné, j’ai été stupéfait : je n’avais jamais vu cela à ce degré. (https://www.usinenouvelle.com/…/effets-secondaires-du… Je m’en suis ouvert au ministère de la santé et à mon ami et collègue Alain Fischer. Le paracétamol permettant efficacement d’éviter ces symptômes, je me suis comporté en président responsable d’une grande association et n’ai rien dit publiquement. Cependant, lorsque la pharmacovigilance après le début de la vaccination a fait remonter une très petit nombre de cas de CIVD avec thromboses des sinus veineux intracérébraux, l’arrêt momentanée immédiat de la campagne m’est apparu la procédure normale. Le nombre de médecins qui se sont à l’occasion transformés en “propagandistes” de la vaccination coute que coute par le produit AZ, cessant de jouer leur rôle, m’a surpris et peiné.
In fine, la vaccination AZ va reprendre….après 55 ans. C’est sage car les fréquents syndromes pseudo-grippaux cognés et les exceptionnels accidents graves de CIVD concernent les jeunes adultes. Ils seront vaccinés par les vaccins ARN. Je demande depuis la fin décembre que TOUS les soignants soient vaccinés. La multiplication des covids nosocomiaux dans les hôpitaux témoignent de ce que cela était et reste indispensable.
Bon week-end, je vais tâcher de me reposer un peu. Cela redémarre très fort dès lundi. Cependant, pour les accrocs intoxiqués à Axel Kahn, vous pourrez vous en injecter une grosse dose d’une heure dimanche après-midi à 15h sur Europe 1 (Entretien sur mon livre) et encore une heure avec Ariane Ascaris sur La 5, C Politique, de 20 à 21h.
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6 thoughts on “PRÉSIDENT, VACCIN ASTRA-ZENECA : MISES AU POINT

  1. Doublons le nombre de vaccinés avec moins de vaccins
    Toutes les études cliniques sur les vaccins a vecteur adenovirus recombinants ont des zones grises avec peut être une exception le vaccin unidose Janssen filiale européenne du leader mondial du vaccin, l’américain Johnson et Johnson. Mais il me semble que les américains qui l’ont financé ont verrouillé en faisant l’embouteillage sur le sol US….Nous n’avons d’autre choix que d’ajouter aux zones grises anglaises, celles encore plus sombres des russes en unidose ad 26 comme le vaccin Janssen
    Une voie compementaire consisterait à transformer les vaccins Arn messager en monodose efficace à 85%…

  2. Pour résumer tous les ARN messager Biontech Pfizer Moderna et bientôt Curevac en unidose pour seniors et soignants…avec une efficacité bien supérieure au vaccin grippal
    Janssen ad 26 et Spoutnik ad 26 en unidose pour les autres, les plus jeunes a plus faible risque.1q
    Pour AZ , je n’exclue pas un pb de fab en Belgique et une sous estimation de la toxicité en GB.

  3. Le vaccin grippal monodose est en général effiCace à 60 à 70%,
    C’est pourquoi je propose de me caler sur cette efficacité bien supérieure au 50 % demandés pour le vaccin anti covid par l’OMS.
    L’Efficacite du vaccin grippal peut cependant tomber à 40% a cause de la durée de production des œufs fécondés cs. Avec l’ARN messager on peut réduire par 3cette durée et faire plus tard un booster incluant les variants

  4. Je lis aujourd’hui que AZ exclut tout risque de caillots, et j’apprends qu’un étudiant en médecine de 24 ans en parfaite
    santé est décédé 10 jours après son injection des suites d’une hémorragie interne due à une thrombose (enquête en cours).
    Ce type d’accident ne semble pas concerner que des gens de moins de 55 ans, ainsi un Danois de 63 ans est décédé.
    Comment franchir le pas dans ces conditions ?

  5. Bonjour
    La ligue s’est-elle prononcée sur la question de la vaccination anti COVID des proches vivant sous le même toit que des personnes atteintes d’hémopathie maligne notamment lymphome B à grandes cellules dont on sait que l’immunité est durablement (9 à 12 mois) affectée par le Rituximab, bien après les cures d’immuno-chimiothérapie subies ? Ayant été confronté à ce sujet, j’avais vacciné contre la grippe tout l’entourage de ce proche mais je ne trouve pas dans les reco actuelles la moindre allusion à ce sujet concernant la vaccination contre la COVID 19. Merci par avance de votre éclairage.
    Bien amicalement

  6. Merci de votre mise au point qui me semble plus claire. Je pense que l’affaire du vaccin AZ est un cas d’école… de communication déplorable: on dit que tout va bien, le lendemain on suspend en attendant un avis de l’EMA qui évidemment dit à peu près la même chose 2 jours après que ce qu’elle disait avant, à savoir qu’on ne peut pas faire de lien mais qu’on ne peut pas l’exclure non plus et qu’il faut continuer à vacciner, puis la HAS recommande de réserver l’AZ aux plus de 55 ans “par précaution” et 1 semaine après dit que finalement il y a bien un lien entre le vaccin et les très rares cas de thromboses, ce qui, vos déclarations le confirme, aurait déjà pu être dit il y a 10 jours. En réalité, le point important est que le rapport bénéfices-risques du vaccin AZ reste très favorable et que l’on peut faire confiance à nos autorités compétentes pour surveiller et adapter les recommandations afin de minimiser les seconds tout en conservant les premiers. Malheureusement, je pense que ce n’est pas ce que retiennent beaucoup de gens…

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