Le directeur de l’école communale de Lusigny près de Moulins-sur-Allier où sont trois de mes petits enfants, dont deux en CM2, a profité de l’occasion pour demander à ma fille Cécile de me convaincre qu’il me fallait venir passer une matinée entière avec ses écoliers de CM2. Banco, ma pugnace fille y parvint, sans trop de difficulté, l’idée de la fierté sans doute ressentie alors par Noah et Sacha m’incitant à accepter. Le lundi 7 mars, me voilà donc assis de 8h à 12h 30 sur les bancs de l’école avec une trentaine de gamins, mes camarades d’un jour.
Ayant une très grande habitude et de l’enseignement et des rencontres avec les élèves, quoique d’habitude plus âgés, je n’étais pas trop inquiet mais pourtant au départ concentré.
Bien sérieux, le papy !
Le maitre avait magnifiquement préparé la rencontre. Il me pria d’abord de dire quelques mots de mon parcours. J’insistais sur mon enfance rurale, mon arrivée à Paris, âgé de cinq ans, ma vie d’écolier turbulent…..Écolier, je l’étais redevenu, de plus en plus enjoué avec mes “petits copains”.
Puis, on me projeta une vidéo sur laquelle chacun des écoliers, seul, parfois à deux ou trois, me posait des questions des plus variées, sur les savants, la génétique, mes choix, etc. J’y répondis à mesure, cherchant parfois l’inspiration dans mon petit doigt.
Ensuite, Monsieur Desroches, le maitre, fit lire à tour de rôle par les élèves l’une des quelques dizaines de questions préparées depuis plusieurs semaines. Je ne me contentai bien sûr pas de répondre, je les fis participer, les interrogeai moi-même, testais leur niveau de compréhension, étonnant, remarquable, même. Après que je leur ai succinctement expliqué les règles de la transmission des caractères héréditaires, il se précipitèrent pour m’indiquer de quelles couleurs seraient les yeux des enfants de parents ayant des yeux verts…Le principe des mutations, le gêne hybride des daltoniens, les particularités des jumeaux, etc. n’eurent bientôt plus de secret pour eux. Parfois, je tâchais d’approfondir avec un petit camarade attentif.
Enfin, on m’interrogea sur ma traversée de la France, la leçon que j’en avais tirée, mes conseils aux “autres enfants” : Déterminer ce que l’on veut vraiment faire, oser l’entreprendre, le mener à bien, durement, si nécessaire. Quelle magnifique matinée avec des filles et des garçons d’une dizaine d’année, joyeux, enthousiastes, curieux, attentifs, subtils…..De quoi être optimiste de l’avenir, si la société leur donne toutes leurs chances. Leur donner-telle ? Merci aux maitres et maitresse, ils font avec tout leur cœur un boulot formidable. Restait plus, avant la récré bien méritée, qu’à se plier à la tradition de la photo de groupe….
Axel Kahn, le huit mars 2016






Bravo Axel ! Une rencontre certainement mémorable pour ces élèves, des pistes de réflexion pour eux, peut-être l’éveil de vocations… Et quel bonheur sans doute pour Noah et Sacha! Et pour toute votre famille de l’Allier…
Bises d’Iroise… qui vous suit fidèlement dans vos analyses, souvent sidérée de nos similitudes de valeurs et positions, et attend aussi que la prochaine éclosion des fleurs printanières vous attire sur les sentiers et fasse éclore votre fibre poétique de nouveau.
Bravo , tu es un super Papy !! , des vocations vont naître .
Bises
Quel plaisir de vous lire à nouveau, Iroise. Bise, Brigitte.
Effectivement, votre passage parmi nos CM2 a laissé des souvenirs de qualité. Ce fut une belle matinée de rencontre entre les générations, entre un chercheur et de peut-être futurs savants, entre un penseur humaniste et des enfants pleinement humains.
Merci de votre visite. Merci aussi d’avoir évoqué ce temps sur votre blog.
Michel Desroches
Le métier de chercheur
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Chercher, c’est être explorateur
Du possible et de l’impossible,
Cela tout en étant la cible
De sérieux évaluateurs.
Chercher, c’est être traducteur,
Déchiffrer l’incompréhensible,
En faire une prose lisible,
Dialoguer avec ses lecteurs.
Citoyen, tu me subventionnes,
Je sais que parfois ça t’étonne,
Le désordre sur mon chantier.
Si tu prends ça pour du laxisme
Ou pour du bel amateurisme,
Détrompe-toi, c’est un métier.