L’ANNÉE 2017 TELLE QU’ELLE POURRAIT ÊTRE


On n’a pas regretté l’année 2015, on ne regrettera pas 2016. Les attentats de masse de Charlie-hebdo et de l’hypercacher, puis du Bataclan en 2015, du 14 juillet 2016 à Nice, un prêtre égorgé en son église, d’autres actes sanglants revendiqués par DAECH, rien qu’en France ; l’Europe, les États-Unis, les pays du Proche, du Moyen et de l’Extrême Orient concernés eux-aussi, les milliers de migrants noyés, des conflits sanglants persistants, nombreux sont les événements et les situations qui empêcheront même les plus optimistes de garder un bon souvenir de ces années. Au revoir, par conséquent, et sans regret.

Les paramètres qui contribueront à façonner 2017 découlent cependant de la période qui vient de s’écouler et que nous ne pouvons de la sorte gommer de notre panorama : la nouvelle année s’enracine dans la non-candidature de François Hollande à sa succession, l’éviction de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé au profit de François Fillon, le Brexit, l’élection de Donald Trump à la Présidence des États-Unis, l’évolution de le situation en Syrie et ailleurs au Moyen-Orient, etc, soit une série impressionnantes d’événements essentiels dans le monde. Le cru 2016 ne laissera pas le souvenir d’une année paisible et heureuse mais certainement celui d’une année essentielle. Qu’annonce-t-elle, en définitive, prêtons-nous au jeu des anticipations.

ÉCONOMIE

La conjoncture  économique est un cadre dans lequel baignent tous les autres processus qu’elle influence, parfois provoque. Le tournant 2016 – 2017 est marqué par un net changement d’atmosphère, en partie lié à l’élection de Donald Trump. Depuis la crise de 2008, s’est progressivement installée une ambiance globalement déflationniste de l’économie mondiale et européenne, associée et amplifiée par le “trou d’air” des BRICS, Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Nous assistons aujourd’hui à une certaine stabilisation économique de ces pays, une frémissement de croissance retrouvée en Inde, Brésil et Russie, Russie dont l’économie durement frappée par la baisse des cours du pétrole et les sanctions occidentales ne s’est pas effondrée et, sur des bases un peu modifiées, semble devoir redémarrer. L’effet Trump est quant à lui lié au plan de relance très roseveltien de mille milliards de dollars qu’il dit vouloir réaliser sous forme très majoritaire, comme dans les années trente, d’investissements dans les grands travaux…dont les États-Unis ont sans conteste grand besoin. Il en résulte une euphorie de la bourse, une remontée des taux d’intérêts, une contribution significative à la remontée des cours de l’énergie. Le baril de brut, à 40 dollars il y a peu, sera bientôt à 60 dollars.

Pour notre pays, cela signifie que les possibilités d’emprunt à taux zéro et le bas niveau de la facture énergétique s’estompent, renchérissant le coût de la dette et celui des productions. En revanche, l’éventuel retour à plus de croissance des émergents accroît l’avantage sur la compétitivité européenne du taux de change très bas de l’euro, évidement sans intérêt pour le commerce intra-européen. En attendant que se muscle à nouveau le commerce international hors Europe, l’économie française, comme celle de ses voisins, restera très dépendante de la consommation intérieure. Le défi sera par conséquent de la soutenir sans accroître le déficit et le service de la dette, du pain sur la planche pour les futurs gouvernants.

POLITIQUE FRANÇAISE

L’équilibre des forces politiques est en France de l’ordre de 35 % de suffrages potentiels pour l’ensemble des gauches, de 30 % pour les extrêmes droites et assimilées, et de 35 % pour la droite républicaine et le centre droit. La division actuellement irréductible de la gauche entre libéraux et antilibéraux rend sa victoire quasi-impossible à la présidentielle et aux législatives, et compromet fort sa présence au second tour de la présidentielle en mai 2017. De même, le FN de Marine Le Pen, que je pronostique toujours en tête du premier tour d’avril avec autour de neuf millions de voix, n’a sans doute pas assez de réserves pour atteindre les quelques 15 à 17 millions nécessaires, selon le taux de participation, pour l’emporter au second tour. La victoire ne devrait par conséquent pas échapper à la droite ou au centre.

François Fillon reste le grand favori mais il n’est pas totalement à l’abri d’une “fusée Macron” qui continuerait sur sa lancée actuelle. Emmanuel Macron bénéficierait d’une victoire d’Arnaud Montebourg ou de Benoît Hamon à la primaire du PS et apparenté car une grande partie de la droite du parti le rejoindrait alors. En revanche, la victoire de Manuel Valls avantagerait plutôt, pour une raison symétrique, Jean-Luc Mélenchon. Dans ce cas, seul un accord très improbable entre Valls et Macron pourrait permettre de perturber le duel annoncé entre François Fillon et Marine Le Pen. À noter que seul François Fillon serait à peu près assuré de disposer d’une majorité législative. Ce serait difficile pour un candidat socialiste, à peu près impossible pour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, enfin très incertain pour Emmanuel Macron qui devrait fonctionner avec des “majorités de projets”.

En ce qui me concerne, mon choix définitif n’est pas fait. Je ne pense pas participer à la primaire du parti socialiste car j’ai des objections à tous les candidats. Je ne partage pas la vision économique néoclassique de Valls et ne me retrouve pas dans son conservatisme sociétal à tendance autoritaire. Je ne crois pas à une quelconque cohérence d’Arnaud Montebourg, l’artisan aux coups précédents de l’élection de François Hollande et du remplacement de Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls à Matignon. Je conteste le projet de Benoît Hamon d’instaurer un “revenu universel” qui, selon moi, figerait une société à deux vitesses, celle de ceux qui travaillent, une aristocratie, et celle des assistés, des chômeurs mieux indemnisés à vie, en somme. Une évolution vers un vrai partage du travail entre tous les citoyens…et les machines, avec un vrai aménagement pour tous les humains des activités d’édification de soi en interaction avec les autres à ma claire préférence. J’ai aussi parfois été gêné par ce qui m’est apparu relever d’une certaine indulgence de Benoît Hamon envers des traditions musulmanes peu regardantes des égalités femmes-hommes. Quant à Vincent Peillon, qu’il soit aussi – pas que cela, bien entendu, mais aussi – le moyen d’une manipulation de personnes hostiles à Valls mais qui ont préféré ne pas se mouiller eux-même m’indispose.

LES ÉTATS-UNIS DE TRUMP, APRÈS OBAMA.

L’effet Trump est d’abord économique, nous l’avons vu. Cela dit, l’homme apparaît difficile à cerner. Sans conteste xénophobe et sexiste, il s’est entouré d’une équipe très marquée par les positions conservatrices et droitières de ses membres. La réalité et la réussite du plan de relance ne peuvent être assurées ; si tel était néanmoins le cas, cela pourrait conférer une grande popularité à Trump, lui donnant les mains libres pour d’autres actions intérieures et extérieures, en particulier en ce qui concerne les relations avec la Russie. Sinon, son opposition interne est telle qu’il pourrait rencontrer de grandes difficultés à gouverner.

Le contraste entre Trump, provocateur brutal et machiste, et Barak Obama, intellectuel charmeur et fin, est frappant, et il n’est pas en faveur du président élu. Le premier discours d’Obama au soir de son élection de 2008 en a fait pleuré d’émotion plus d’un, moi en particulier. Pourtant, l’objectivité oblige à reconnaître que son bilan est bien contrasté. L’économie américaine a redémarré mais les inégalités se sont creusées. Les affrontements entre la police et la communauté noire témoignent de ce qu’aucune réconciliation paisible entre les “WASP” et les “minorités visibles” n’est réellement en marche. Sur le plan de la politique internationale, aucun progrès n’a été réalisé pour aboutir à une paix israélo-palestinienne durable. Certes Obama a désengagé ses troupes des théâtres de conflits moyen-orientaux mais a peiné de ce fait à faire face aux désastres engendrés par les guerres antérieures des Bush, en particulier en Irak et, de là, en Syrie. Dans ce dernier pays, il a perdu l’essentiel de son influence au profit de son homologue russe. Enfin, les actions anti-russes de dernière heure d’Obama, visant à sanctionner la divulgation possible de messages électroniques d’Hillary Clinton piratés par des hackers russes, prête pour le moins à sourire de la part du président d’un pays dont la NSA a espionné massivement la vie politique et personnelle des leaders du monde entiers, y compris des proches, dont la CIA n’a eu de cesse de chercher à déstabiliser les gouvernements jugés hostiles, à les renverser, parfois à assassiner ou faire assassiner leurs dirigeants (Castro, Allende, etc), dont des décennies durant les subsides ont permis de soutenir les syndicats et mouvements “favorable au monde libre”, etc., etc. Bon, on lui pardonnera, ce sont en effet des enfantillages. 

LA RUSSIE DE POUTINE

Ni la Russie tsariste, ni L’URSS, ni la Russie post-soviétique n’ont jamais été des pays démocratiques. Eltsine, un ivrogne notoire dont tout citoyen russe partageait la honte, était assez apprécié en Occident. Pourtant, ce “démocrate” faisait tirer au canon et au char d’assaut sur le parlement russe démocratiquement élu mais qui s’opposait à sa politique. En ces temps où la Russie semblait se clochardiser, où autour de moi la plupart des politiques et des hommes d’affaires considéraient que c’était là une bonne chose à laquelle on avait raison de contribuer, que l’affaire était entendue pour des générations, je mettais en garde qui voulait m’entendre. Je connais bien la Russie pré- et post-soviétique et ai toujours été convaincu que l’on avait tort de la prendre définitivement pour quantité négligeable. Ce pays immense et en proportion peu peuplé, aux innombrables richesses naturelles, est habité de citoyens dont le niveau scolaire et universitaire est remarquable, un nation où la création musicale, artistique, littéraire et poétique reste active. La Russie dispose d’un arsenal nucléaire convainquant et possède parmi les meilleurs mathématiciens et physiciens du monde, il est l’un des deux leaders mondiaux de la conquête spatiale, ce sont ses engins qui servent la station orbitale internationale, y amenant et en ramenant les cosmonautes, approvisionnant -avec quelques loupés – la station. Dans l’histoire, à l’exception de l’Afghanistan, son armée n’a presque jamais était vaincue. Et même en Aghanistan, avec des moyens militaires et financiers sans commune mesure avec ceux de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, elle n’a tellement fait moins bien qu’eux. En bref, j’ai toujours été persuadé que la Russie, en dépit de sa crise démographique, sanitaire, économique, etc., réapparaîtrait dans l’histoire, et qu’il convenait de s’en faire un partenaire plutôt que de tenter de lui maintenir la tête sous l’eau.

C’est là le terrain qui explique l’effet “Poutine” sur la Russie. Dès lors qu’il atténuait cette honte de la déchéance que j’ai déjà évoquée, cet autocrate autoritaire, lui aussi machiste, homophobe et sachant être violent, pouvait compter sur la mobilisation d’un grand peuple. Avec un PIB de l’ordre de celui de l’Italie, un budget militaire de l’ordre de celui de la France, la Russie est à l’évidence la grande gagnante de l’année 2016 et sera un acteur important de l’histoire du monde en 2017 et après. C’est que Poutine est actuellement dans le monde, peut-être avec Angéla Merkel, le seul dirigent de la trempe des Winston Churchill, Joseph Staline et Charles de Gaulle et Franklin Roosevelt avant que la maladie n’atténue sa résistance à Staline : il fait de la politique comme Machiavel a expliqué qu’il fallait la faire. Il a des objectifs, il les hiérarchise et les poursuit dans l’ordre de l’importance qu’il leur confère. Le premier est bien entendu le rétablissement d’une partie de l’influence de la Russie et de l’URSS d’antan. La flotte de la mer Noire, Sébastopol, la Crimée. Une déstabilisation suffisante de l’Ukraine pour l’empêcher d’adhérer à l’OTAN. Des positions stables sur le flan sud de la Russie, Turquie et Syrie, pour peser dans la région et  contrôler ses républiques musulmanes du Caucase dans lesquelles l’islamisme est une menace constante. Le reste, selon les circonstances, en jouant le coup, la tension et l’intervention en contrepoint de négociations qu’il s’agit d’entamer si possible en situation de force, selon les préceptes bien connus de Machiavel.

On lui oppose un embargo commercial qui lui fait mal mais est douloureux aussi pour les pays européens, il se redéploie vers l’Asie, la Chine mais aussi le Japon, augmente les échanges de son pays avec le Vietnam et l’Inde, et en définitive, son économie résiste et redémarre même. Le prestige que lui confère son autorité, sa position autoproclamée de défenseur des chrétiens d’Orient et son conservatisme sociétal lui permettent de développer de nombreuses alliances avec les droites mondiales….demain Trump, peut-être Fillon…..Décidément, “Russia is back'”…….

L’EUROPE

C’est un euphémisme d’observer que l’Europe  n’est pas dans un forme éclatante. L’identification du projet européen aux politiques austéritaires l’a considérablement déconsidérée aux yeux des Européens. Sa situation économique, la tension déflationniste en son sein n’en fait en rien une zone mondiale protégée, au contraire. Le sentiment agité par les responsables de l’Union que la quitter serait une catastrophe pour les citoyens a, jusqu’au référendum britannique évité que prospère par trop le courant sécessionniste anti-européen. Cependant, les conséquences pour la Grande Bretagne du Brexit pourraient changer la donne et menacer les digues retenant les citoyens au sein de l’Union. Si, comme cela est possible, nos voisin outre-Manche tirent tout compte fait bien leur épingle du jeu, alors 2017 pourrait marquer une date essentielle dans la dissolution du bel espoir européen. Personne ne pourrait s’en réjouir.

Axel Kahn, le dimanche premier janvier 2017

23 thoughts on “L’ANNÉE 2017 TELLE QU’ELLE POURRAIT ÊTRE

  1. Ce qui m’intéresse particulièrement dans votre longue analyse de la situation mondiale, politique et économique, c’est votre point de vue, que je trouve très pessimiste, sur l’Europe. Personnellement je considère que c’est l’avenir de notre Europe à nous Européens qui devrait retenir notre attention première. Que ce magnifique projet soit réduit à néant me désespère. J’espère que votre pessimisme, sans doute est-ce pour vous de la lucidité, sera battu en brèche et que Français, Allemands, Italiens, Espagnols, Néerlandais, Grecs, Belges, Danois et tous les autres relèveront le défi d’une Europe solidaire devant les dangers et les problèmes auxquels ils seront confrontés, particulièrement la mondialisation du commerce, l’immigration ou le réchauffement climatique et la défense de la biodiversité. Je voudrais que 2017 soit justement celle de l’Europe solidaire.
    Bonne année à vous.

  2. Une société va mal quand son agriculture va mal : biodiversité, climat, paysages, emploi, eau, sol, santé…
    La crise agricole est d’abord et surtout une crise du sol

    Année après année, la crise agricole s’intensifie : des rendements au plus bas dans la moitié Nord de la France suite à la pluviométrie tropicale du mois de mai puis la sécheresse consécutive de l’été 2016. Pourtant, le changement climatique n’est pas le seul responsable de ces désastres agricoles. En réalité, il ne vient qu’aggraver la perte de résilience de nos systèmes agronomiques, conséquence de 50 ans d’un modèle en perte de vitesse. C’est notre agriculture qui est à bout de souffle. ; une agriculture qui se plante ??
    Des labours de plus en plus profonds, la disparition de l’élevage dans les rotations et la maigreur des restitutions de biomasse (variétés naines, intercultures nues, exportation ou enfouissement des pailles) finissent par appauvrir le capital de fertilité des sols que nous avions hérité des humus forestiers. L’érosion, la destruction de la biodiversité, la perte de la matière organique, la compaction des terres,… détruisent inexorablement le potentiel productif de nos sols.
    Pourquoi avons-nous tant perdu là où les sols de la forêt, sans aucun apport extérieur, continueront à jamais de produire des plantes en bonne santé, sans laisser fuir les nitrates vers la mer et en restant humides, même en été ? Pourquoi les plantes et les arbres poussent-ils partout où il y a de l’eau ? Pourquoi rien ne pousse dans nos champs ? Parce que la nature est une formidable machine biologique –champignons, bactéries, insectes, protozoaires et autres microorganismes encore souvent inconnus– qui, pour se maintenir, a besoin du gîte et du couvert. Comme les humains, le sol vivant besoin de se nourrir et d’une maison en bon état.
    Depuis des décennies, à grand renfort d’énergie et de mécanisation, l’agriculture dégrade les sols et détruit les habitats : tandis que le travail du sol (labour, hersage, binage, …) dégrade l’équilibre subtil des horizons et des agrégats que la nature avait modelé, nos itinéraires techniques exportent plus de matière qu’ils n’en restituent. Nous n’avons pensé qu’à produire sans prendre soin de notre outil de production, le sol.
    De même que les campagnes sont désertées par l’exode rural, les paysages méticuleusement désherbés cuisent au soleil, finissant de stériliser nos champs. La moindre pluie peine à recharger les réserves utiles, entraînant ruissellement et battance ; les sols laissés à nu se compactent, se lessivent et continuent à perdre de la matière organique. Nos façons culturales actuelles ne sont vouées qu’à appauvrir les sols et à enrichir les rivières.
    A ce rythme, les rendements continueront à chuter, et leur maintien ne se fera qu’au prix de coûts de production prohibitifs. Est-il raisonnable de compenser chimiquement la disparition de ce que pouvait offrir à la plante un sol en bonne santé (nutriments, eau, trousse à pharmacie,…) ? Est-il raisonnable de lutter contre les « mauvaises herbes » qui ne cherchent qu’à corriger notre mauvaise gestion en mettant le doigt sur ses conséquences (tassement, hydromorphie, pollution, surfertilisation, perte de matière organique, lessivage des nutriments, déstructuration des argiles,…) ?
    Nous nous trompons de sujet en ne parlant jamais d’agronomie. L’évidence qui devrait mobiliser tous les acteurs, les agriculteurs conventionnels comme les bio, les élus comme les consommateurs, c’est que seul le vivant nous permettra de continuer à produire beaucoup, beaucoup plus même, tout en diminuant les charges et les externalités négatives. Seul un paysage complexe et un sol vivant, toujours couvert et correctement alimenté –un système où le premier intrant serait le carbone de la photosynthèse– peuvent absorber les événements extrêmes, nourrir correctement les cultures, réguler les bioagresseurs et s’adapter au changement climatique.
    Une agriculture durable doit copier la nature et s’inspirer de ce qu’elle fait depuis si longtemps, en ramenant de la diversité et une couverture végétale de survie dans les parcelles agricoles. C’est notamment ce que proposent les pratiques de couverture végétale et d’agroforesterie. Fidèles aux principes de l’agroécologie, elles permettent de réintroduire de la biodiversité dans les paysages cultivés et de garantir le bon fonctionnement de la biologie du sol.
    Les solutions techniques existent déjà, portées par des paysans qui ne reviendraient en arrière pour rien au monde. Leur démarche a d’ailleurs souvent été, dans un contexte de prix déraisonnablement bas, de réduire les coûts de production, notamment les charges de mécanisation, en laissant travailler la nature et les vers de terre à la place des outils. Alors que cette implication d’agriculteurs pionniers et leurs nombreuses années de développement rendent aujourd’hui plus que jamais transposables et adaptables ces techniques aux situations de chacun, il est grand temps d’interpeler les acteurs institutionnels et le grand public à l’urgence du changement de paradigme en agriculture que suppose la crise du sol.
    Ne nous y trompons pas, l ‘actuelle crise économique de l’agriculture est avant tout une crise du sol. A nous de lui redonner toute sa fertilité avec des plantes en permanence.

    • Président du Comité d’éthique commun de l’INRA, du CIRAD et de l’IFREMER, je suis très sensible aux problèmes des sols et, plus généralement, de l’Agriculture à pro^pos de laquelle je me suis souvent exprimé. Mille mercis de votre passionnante contribution.

  3. Merci Messieurs Axel Kahn et Alain Canet pour vos intéressantes analyses ! Oui en plus de la géopolitique parlons d’agronomie, d’agriculture, de forêt, du rural en général.. c’est une si grande richesse de la France .Un énorme patrimoine et un enjeu …

  4. Il fautt lire “Sur les chemins noirs” de Sylvain Tesson pour apprendre ce qu’est l’hyper ruralité..

    Je vis à la campagne mais vois même ici à quel point le béton et les routes polluent les paysages!

    • Oui. Vous pourriez lire aussi mes deux récits de traversées diagonales de la France dans lesquelles je me suis longuement penché sur la ruralité. “Pensée en chemin” et “Entre deux mers”. Disponibles tous deux en poche.

  5. A lire absolument : l’article intitulé “Pour atteindre Valls Vincent Peillon s’attaque à la laïcité ” dans le dernier numéro de Marianne, quI montre au grand jour le double langage de certains socialistes au sujet de la laïcité et des valeurs républicaines. Même après les carnages de 2015 et 2016, une grande partie de la gauche continue de minimiser la menace que constitue le nazisme islamiste.
    Le PS est bel et bien un astre mort et 2017 verra peut être son éclatement. Ce sera un mal pour un bien.

  6. Primaires de la gauche : à ma grande surprise deuxième débat dans l’ensemble digne et intelligent. Avantage Valls et Montebourg.

  7. Comment joindre Axel Kahn ?
    L’Abbaye de Rhuys est un Centre Culturel et Spirituel et propose des conférences pendant les vacances et en particulier l’été.
    Nous souhaiterions une conférence du Dr Axel Kahn. Le thème serait à déterminer avec lui bien entendu.
    Celà est-il possible ?
    Merci , en attendant de vous lire.

  8. Bonjour A.K.
    J’ai lu vos deux livres et vous ai vu enparler. Ils sont même dédicacés. Mais celui de S.Tesson est très différent
    Le personnage est peu “académique” encore que lon ne puisse pas vous attribuer ce qualificatif.
    Je vais voter demain!

  9. Primaires de la gauche : d’un côté là gauche républicaine laïque et responsable de Valls, de l’l’autre la gauche la plus bête, démago et irresponsable qu’on puisse imaginer : celle de Harmon. Et les électeurs de gauche préfèrent la deuxième. ..
    Étonnant, non ?

  10. Que vous ayez vos convictions et les exprimiez, c’est respectable, mais que vous crachiez votre mépris sur des électeurs qui n’ont pas votre “clairvoyance (!)”, c’est, pour moi, insupportable. Je respecte la candidature de Manuel Valls et le considère aussi comme un homme politique responsable. Mais je prends en compte ce que dit Benoit Hamon, c’est à dire que je vois en son projet la naissance d’une société solidaire centrée sur l’humain, celle qui , je l’espère, naîtra un jour et s’imposera comme la seule véritable espérance de l’humanité. Que la jeunesse vote pour lui et puisse-t-il continuer à porter ses ou ces réflexions.

  11. On nage vraiment en pleine démagogie, en plein populisme. Vous devriez l’article de Marianne montrant le double discours de Hamon en matière de laïcité et de lutte contre l’l’islamisme. Alors que cela plaise ou non oui il s’agit bien d’une gauche irresponsable et démago n’ayant jamais tiré les leçons des massacres de 2012 2015 et 2016. Hamon et les islamo-gauchistes dans son genre sont aussi dangereux que le FN : tous les extrêmes se valent.

  12. Je ne comprends pas ce que vous pensez. Quelle est votre conception de la laïcité? Quelle est votre conception de ce que doit être une lutte contre l’islamisme? Qu’est-ce que ce groupe, les “islamo-gauchistes” et qu’est-ce que Benoit Hamon a à voir avec ça?
    Je n’ai jamais entendu Benoit Hamon tenir de double discours sur la laïcité ou quelque autre sujet que ce soit.
    Vous pouvez exprimer votre désaccord avec ses idées mais vous ne pouvez pas déformer distordre ce qu’il dit, ce qu’il pense, ce qu’il est. C’est une question d’honnêteté intellectuelle.

    • Je précise que j’ai voté à cette primaire de la “Belle alliance populaire” et que mon choix s’est porté sur Manuel Valls. et pourtant mon cœur choisit la société que propose, que rêve ou que veut préparer Benoit Hamon. Mais j’ai pensé qu’il fallait attendre que ces idées-là mûrissent, se précisent pour devenir crédibles dans l’état actuel du monde. Je me dis que je devrais voter pour ce que souhaite la jeunesse de notre pays. Et surtout ne pas voter en fonction des choix qui se profilent pour les élections de mai 2017. Que personne ne connaît d’ailleurs.

  13. Ma conception de la laïcité est la même que celle de Manuel Valls Malek Bouthi et Loubna Meliane. En ce qui concerne les nombreuses prises de position anti-laïques de Harmon et Aubry elles sont suffisamment notoires pour que je n’aie pas besoin d’y revenir.
    Le revenu universel ? Son application supposerait la suppression des aides au logement ce qui signifie que les plus vulnérables (adultes handicapés, par exemple ) seraient fortement pénalisés. En supposant que l’on ne touche pas à ces aides le bénéfice serait nul. Donc aucun progrès social réel à la clef et une dette publique qui explosera it : super idée !

  14. En ce qui concerne les allocations au logement en cas de revenu universel les propositions divergent selon ses partisans, mais dans tous les cas de figure on aboutit à une augmentation massive des impôts et de la dette publique : effet dévastateur assuré sur l’économie et l’état des finances. Et Benoît Harmon le sait pertinemment.

  15. Vous lisant, je pense que Benoit Hamon ne trouvera donc aucun soutien chez les économistes et tous les experts qui calculent, font des prévisions et des rapports, et aussi tous les chercheurs concernés par le devenir de la société . Aurait-il bâti son projet sur des chimères? Je ne le crois pas. L’idée de revenu universel est une idée sérieuse . Il paraît qu’elle remonte à Thomas More au XVIe siècle. Elle n’a jamais été appliquée bien sûr, tout au moins dans un grand pays comme la France.
    Attendons qu’il précise sa pensée sur les conditions de sa mise en œuvre. Un revenu universel pour les étudiants ce serait déjà pas mal non? Et puis pour tous ceux qui ont tant de mal à gagner leur vie par leur travail, des petits agriculteurs ou éleveurs, des aides-soignants, des ouvriers, des travailleurs employés à des tâches répétitives etc… Benoit Hamon a l’originalité de penser à la nouvelle conception du travail que va connaître notre société. Et il nous oblige à y penser nous aussi . Ce n’est pas grotesque, ni irresponsable comme vous semblez l’écrire.
    Il me semble vraiment que nous devons nous obliger à penser une société qui cesse de laisser un pourcentage de plus en plus important de ses citoyens de côté, ceux qui seraient les abandonnés du progrès technique, qui seraient “en trop” “inutiles” “bons pour la casse” “le rebut”.
    Ce n’est pas qu’un rêve, c’est un désir profond.
    Et vous ne pouvez pas considérer qu’il y a d’un côté les “bons” électeurs, ceux qui votent intelligemment selon vos propres critères, et, de l’autre les mauvais qui n’ont aucune réflexion. De là à distribuer un certificat d’électeur autorisé pour pouvoir voter, vous n’êtes pas loin.

  16. Soyez assurée que je suis autant soucieux que vous de justice sociale, mais ce que préconise Hamon serait totalement contre-productif.
    Et il y a pire : il appartient à cette gauche “terra nova” qui a maintes fois piétiné cette valeur essentielle de la République qu’est la laïcité en faisant preuve de complaisance à l’l’égard de l’islamisme du communautarisme voire de l’antisémitisme. Il n’existe pas plus démagogique et anti-républicain que cette gauche-là, dont tous les renoncements ne sont motivés que par le clientélisme. Fausse générosité, vrai cynisme. .

  17. Monsieur Canet , Monsieur Kahn,

    Ma campagne Feuilladoise est empêtrée dans un projet d’implantation éolien monstrueux ou le sol déjà bien fragilisé n’aura plus lieu d’exister alors je me bats contre ces moulins à vent inutiles ici prés des maisons paysannes , un autre combat après celui de l’antenne inserm jeunes d’angoulême , après diverses maladies. J je reviens vers vous pour vous inviter chez nous au pays . Un petit séjour à Feuillade 16380 : nous vous invitons pour notre soirée le 24 mars 2017 à 18h ; nous avons tout pour vous accueillir sur deux jours . pourriez vous être des nôtres ? je ne sais ou vous joindre MR KAHN mais j’ai dans ma mémoire cet après midi angoumoisin passé en votre compagnie ….
    P 159 entre deux mers: la corruption s’installe cherchez le vent ici non rentable , vous trouverez du béton définitif en lieu et place de notre sol agricole pourquoi Faire ?????

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