Le vaccin Astra-Zeneca, cas d’école et révélateur.


De nombreux vaccins anticovid sont massivement utilisés dans le monde à cette date du 17 mars 2021. Les vaccins ARN, BioNTech/Pfizer, Moderna, bientôt Curevac. Les vaccins constitués de particules virales inactivées, SinoVac, SinoPharm, bientôt un vaccin franco-britannique. Quelques vaccins protéïques, cubains, Novavac à défaut de Sanofi. Puis les vaccins “vivants” constitués d’adénovirus recombinants. Cette technologie a peu d’antécédents chez les humains, on peut relever les vaccins anti-Ebola de J&J et du russe Gameleya. Aujourd’hui, elle a été privilégiée par Astra-Zeneca, J&J (à partir de sa plateforme Ebola), Gameleya (Spoutnik), et CanSino.

Ces vaccins sont tous  constitué d’un ADN codant la protéine de spicule de CoV-2 inséré dans le génome d’adénovirus vivants de différents sérotype : adénovirus de primates non-humains pour Astra-Zeneca, adénovirus humains pour J&J (Ad 26),et Spoutnik (Ad 5 et Ad 26 pour la 1ère et la seconde dose).

Le vaccin Astra-Zeneca est aujourd’hui au centre de la controverse. Il est très efficace (100 % de protection contre les formes graves et au moins 80 %  pour l’ensemble des formes). Il entraîne cependant après la 1ère dose, avec une fréquence très singulière, des réactions pseudo grippales bénignes mais cognées chez les jeunes. Elles sont bien contrôlées par du paracétamol, peu importantes après 50 ans mais peu banales. J’ai travaillé des années en lien avec l’industrie des vaccins et ne me rappelle pas d’un phénomène d’une semblable intensité. Il ne peut s’agir d’une réaction immune précoce car les humains  n’ont jamais été infectés par l’adénovirus de chimpanzé et que les réactions ne sont en rien limitées à des jeunes adultes ayant toutes les chances d’avoir déjà été contaminés par CoV-2 tels les soignants. Il pourrait bien s’agir d’une réponse à l’infection bénigne par l’adénovirus de primates contre lequel les humains n’ont aucun anticorps. En faveur de cette thèse est l’observation que les réactions à la seconde dose sont atténuées : la possible infection adénovirale est atténuée par la réaction immune provoquée par la première injection. D’ailleurs, selon le même principe, les vaccins J&J et Spoutnik ne devraient pas entrainer les mêmes problèmes car tout le monde a déjà été infecté par des adénovirus humains.

Dès cas très rares mais éventuellement mortels de coagulation intra-vasculaire avec thrombopénie et thrombose de sinus veineux cérébraux ont été notés dans plusieurs pays après vaccination par le produit Astra-Zeneca, plus fréquents que dans la population générale. Une trentaine de cas ont été rapportés (en Allemagne, sept cas, six femmes, deux décès) ;  c’est peu sur des millions de personnes vaccinées mais sans doute spécifique car cette affection thrombotique grave est sinon très rare et la survenue de cas groupés chez des personnes vaccinées ne semble pas pouvoir relever du hasard.

Mon hypothèse est qu’ils pourraient constituer une complication exceptionnelle du syndrome infectieux habituellement bénin déclenché par l’adénovirus. Du syndrome inflammatoire en tout cas.Il sera important de savoir si les femmes affectées prenaient la pilule, avec ses propres risques de favoriser des complications thrombo-emboliques.

Ces complications n’ont pas été décrites en Grande-Bretagne qui a massivement administré ce vaccin. S’agit-il d’une politique de santé publique destinée à ne pas inquiéter ? Ou alors d’un changement de lots de vaccins ? Le titre de certains est-il sous-estimé ? Une mutation du vecteur le rendant faiblement replicatif est-elle apparue ? Simples hypothèses.

L’attitude de beaucoup de médecins, honorables confrères, m’a surpris. Ils se sont élevés avec véhémence contre l’interruption temporaire de la vaccination. Et quoi, on détecterait des risques faibles mais apparaissant hautement spécifiques d’accidents graves et on n’y regarderait pas de plus prêt ? Cela irait à l’encontre de toutes les règles de la pharmacovigilance de produits nouvellement sur le marché et risquerait de saper encore plus la confiance dans les autorités de santé.

Même si le rapport bénéfice-risque du vaccin AZ est très favorable, ce qui semble certain mais n’est qu’un des éléments du problème, l’avenir de son utilisation est fort compromis, sachant que de nombreux produits plus sûrs sont disponibles ou à venir.

De toute façon, la confiance des personnes est ébranlée et, même en cas d’avis in fine favorable de l’Agence européenne du médicament, la compliance à se faire vacciner par le produit AZ plutôt que d’en attendre un plus sûr risque d’être limitée.

L’Europe sera aussi une victime collatérale de l’affaire. Elle a négocié plutôt « petit bras » avec les fournisseurs de vaccins… et s’est empressée de donner l’AMM à AZ alors que la FDA américaine faisait lanterner.

Ce billet est dans l’esprit de mon récent livre sur l’action bonne. Celle d’un sachant, d’un médecin est certes de s’engager mais toujours après avoir exposé avec objectivité les données du problème. Il y a encore du boulot.

Axel Kahn mercredi 17 mars 2021.

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65 thoughts on “Le vaccin Astra-Zeneca, cas d’école et révélateur.

  1. Bonjour M.Kahn,
    Merci de cette information. Il me semble me souvenir qu’il y a quelques mois, vous disiez que vous-même, vous ne vous feriez pas vacciner avec les vaccins type AZ, J&J et Spoutnik, a cause de leur mode de fabrication.
    Je vous suis avec beaucoup d’attention car vous parlez vrai.
    Eleonore Keber

    • Pas exactement. J’appelais à beaucoup de vigilance pour des vaccins vivants, ce qui va de soi.

  2. Ad5 n’est pas Déconseillé comme vecteur depuis un bail, favorisant le risque d’infection par vih? Spoutnik à la poubelle aussi…
    Il n’en reste pas beaucoup…

  3. Merci pour toutes ces informations, qui sont comme une boussole dans le labyrinthe des « avis » divers…

  4. Par conséquent, ne faudrait-il pas, à l’inverse des préconisations initiales de la HAS, réserver le vaccin AZ aux plus de 55/60 ans (à priori pas de sur-risque de thrombose et meilleur rapport bénéfice/risque lié à l’âge) , et vacciner les moins âgés avec Moderna/BioNtech ?

  5. Merci encore pour toutes les informations que vous nous donnez, j’admire votre travail et votre honnêteté intellectuelle. J’ai une question ? J’ai eu la première dose d’AZ , sans réactions, j’ai pris quand même du Doliprane ! Est que je fais la seconde dose ? Ou plutôt que feriez-vous dans mon cas ?

  6. Merci encore pour toutes les informations que vous nous donnez, j’admire votre travail et votre honnêteté intellectuelle. J’ai une question ? J’ai eu la première dose d’AZ , sans réactions, j’ai pris quand même du Doliprane ! Est que je fais la seconde dose ? Ou plutôt que feriez-vous dans mon cas ?

  7. Merci pour cet avis qui répond à plusieurs questions que je me posais.
    Effectivement nous avons besoin d’éclairages et le votre est bienvenu.
    Bonne journée!

  8. Merci pour ces éclairages.il est donc permis de se poser des questions au sujet de ce vaccin.Je ne voulais pas avoir ce vaccin. a cause d’effets secondaires que de connaissances qui se sont fait vacciner avec Astra zenzca.

  9. Pensez vous que l’administration d’une demi dose de vaccin AS en primo-vaccination pourrait réduire la réaction inflammatoire anti – adenovirus et de ce fait les risques tromboemboliques ?
    La demi- dose avait été administrée par « accident » dans l’essai de phase 3 avec de bons résultats en termes d’efficacité.

  10. Je croyais qu’on était lancé dans une course de vitesse entre la vaccination de masse et l’apparition de variants d’un virus qu’on laisse se répliquer ? Bien sûr qu’il faut faire les études de pharmacovigilance mais est-ce que tout médicament administré à des millions de personnes ne risque pas de donner des effets secondaires ? Il faut raisonner en rapport bénéfice /risque, et la position d’attendre que des millions d’autres personnes soient vaccinées pour que les chiffres soient significatifs et alors choisir le meilleur ( le mieux est l’ennemi du bien…) me semble relever d’une stratégie de passager clandestin.
    Je ne comprends pas qu’on ait suspendu la vaccination AZ.

    • On est dans une situation extrêmement habituelle. Un médicament est autorisé à l’emploi. Des phénomènes rares peuvent se révéler que les cohortes limitées des phases 3 ne pouvaient détecter. S’ils sont signalés, alors, on regarde de plus près. ON FAIT TOUJOURS COMME CELA;

    • On est dans une situation extrêmement habituelle. Un médicament est autorisé à l’emploi. Des phénomènes rares peuvent se révéler que les cohortes limitées des phases 3 ne pouvaient détecter. S’ils sont signalés, alors, on regarde de plus près. ON FAIT TOUJOURS COMME CELA.

      • Bonjour, je viens de prendre connaissance de votre article et j’ai une question importante au sujet de AZ. Vous dites que les effets secondaires pourraient être une réponse à l’infection bénigne par l’adénovirus de primates contre lequel nous n’avons pas d’anticorps mais quels effets secondaires pourraient se manifester chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes (c’est mon cas), cela me fait très peur.
        Avez-vous une idée sur ce cas

  11. Bonjour,
    Je vous ai entendu ce matin sur Europe1 et je ne comprends pas votre message. Je suis bien évidemment d’accord avec le fait que l’on surveille l’apparition d’effets secondaires, mais il faut que précisément le message à la population soit claire et donne confiance…or vous faites tout l’inverse. Vous contredisez les messages martelés ces dernier jours sur le fait que les cas de thromboses n’étaient pas plus fréquent qu’attendus dans la population générale (n’étant pas spécialiste du sujet, je peux pas me prononcer là dessus mais en tout état de cause le nombre de cas est très faible par rapport au nombre de personnes vaccinées), vous insinuez que le gouvernement britanique, a menti au moins par omission, vous parlez de vaccin “vivant” alors que pour moi (en dehors de la controverse sur la nature des virus) un vaccin à vecteur viral non réplicatif n’est pas plus un vaccin “vivant” que le vaccin à ARN de Pfeizer ou Moderna (sans doute plus imunogène)…
    Certes, on a d’autres vaccins à disposition, mais les 2 vaccins à ARN sont en quantité trop limitée (à supposer de plus qu’ils ne soient pas suspendu la semaine prochaine pour je ne sais quelle raison) et le prochain à arriver, le Jansen, est, comme vous l’indiquez, aussi un adénovirus donc il est suspect ou sera considéré comme tel par beaucoup de gens. Comment espérez-vous que l’on se sorte de cette situation dont par ailleurs vous dénoncer, à juste titre les ravages y compris indirects, si l’on sape la confiance dans les meilleures armes à notre disposition (sachant que cette confiance est déjà fragile en particulier en France)?
    Si vous pensez vraiment que l’on ne doit pas utiliser le vaccin AZ, comme j’ai de l’estime pour vous et pour vos avis, je veux bien vous suivre mais dans ce cas allez jusqu’au bout de votre logique, avec l’autorité qui est la votre, et demandez son retrait pur et simple…

    • On est dans une situation extrêmement habituelle. Un médicament est autorisé à l’emploi. Des phénomènes rares peuvent se révéler que les cohortes limitées des phases 3 ne pouvaient détecter. S’ils sont signalés, alors, on regarde de plus près. ON FAIT TOUJOURS COMME CELA. Sur des millions de vaccinés 30 cas de coagulation intravasculaire avec thrombopénie et thromboses des sinus cérébraux ont été signalé. C’est plus qu’on en détecte en une année sur une population équivalente. Dans ce cas, tenter de comprendre est de la phamacovigilance très banale. Si par exemple les accidents ont été observés surtout chez des femmes jeunes sous pilule – hypothèse pour fixer les idées – alors on recommandera de ne pas vacciner cette population avec AZ. La médecine, c’est cela.

      • Je n’ai aucun problème avec ce que vous dites là (hormis le fait que la pandémie n’est justement pas une situation tout à fait habituelle!). Ce que je dis, c’est que je ne comprends pas la transparence qui consiste à faire un débat de spécialistes sur la place publique, surtout lorsqu’il est difficile, même pour les spécialistes d’avoir les idées claires. On ne peut pas envoyer sans arrêt des messages contradictoires: “Faites vous vacciner!”, “Attention! Il n’y a pas assez de doses pour tout le monde” (on n’était même pas sur d’avoir un vaccin il y a quelques mois), “l’UE est nulle!” (de toutes façon c’est toujours le bouc-émissaire idéal), “Faites vous vacciner, c’est un très bon vaccin”, “Les labos ne jouent pas le jeu” (c’est la version polie qui sous-entend qu’ils ne pensent qu’au profit…donc méfiance!), “Faites vous vacciner!”, “Bon, finalement le vaccin est un peu dangereux…mais faites vous vacciner!”. Je suis sur d’une chose: le virus lui est dangereux et il a d’énormes conséquences.
        Je précise que je n’ai aucun lien d’intérêt avec quelque entreprise que ce soit et que je n’étais par particulièrement enthousiaste pour l’AZ, notamment après avoir entendu vos réticences en début d’année et celles d’un collègue spécialiste de la vaccination avec les acides nucléiques qui disait que les vaccin à vecteurs adénoviraux avaient tendance à provoquer des réactions un peu fortes. Néanmoins faisant partie du personnel (en tant qu’Ingénieur de Recherche) du CHU de Nantes de moins de 50 ans, j’allais me faire vacciner vendredi dernier avec l’AZ, malheureusement j’ai du annuler le rendez-vous à cause de maux de gorges…

        • B. Le vaccin Astra-Zeneca
          J’ai engagé, vous le savez, toutes mes forces dans le démarrage accéléré et la plus large diffusion de la vaccination contre la Covid. Cependant, pas au point de masquer les vérités et les doutes. Je suis un scientifique et un médecin, pas un propagandiste de quoique ce soit. Avant le début de la vaccination, j’avais simplement indiqué qu’il fallait être prudent avec les vaccins vivants basés sur les adénovirus recombinants. Je connais parfaitement ces vecteurs, ceux que mes équipes ont utilisés dans les premiers essais précliniques de thérapie génique. A fort titre viral, les vecteurs adénoviraux humains humains provoquent des réactions fébriles chez la souris qui ne les a jamais rencontrés. Dans un cas d’essais clinique à Philadelphie utilisant un titre follement élevé de virus ( des centaines de milliards de particules virales par millilitre), un jeune homme de 18 ans était mort. Dans un tableau dramatique de coagulation intra-vasculaire disséminée (CIVD).
          J’ai eu plusieurs vies ! Marie-Françoise Capelle va m’accabler, j’ai même été directeur scientifique d’un très grand groupe international des sciences de la vie. Dans son portefeuille, la filière vaccinale française, animale (Mérial) et humaine (Pasteur-Mérieux). De ce temps, la France était un grand pays mondial dans le domaine des vaccins. Pour dire que le domaine des vaccins est aussi l’un de ceux que je connais très bien.
          Lorsque la première vaccination des jeunes soignantes par le vaccin Astra-Zeneca en a envoyé entre le tiers et la moitié au lit avec de 38 à plus de 39 degrés de fièvre, des douleurs musculaires et un syndrome pseudo-grippal bénin mais carabiné, j’ai été stupéfait : je n’avais jamais vu cela à ce degré. (https://www.usinenouvelle.com/…/effets-secondaires-du… Je m’en suis ouvert au ministère de la santé et à mon ami et collègue Alain Fischer. Le paracétamol permettant efficacement d’éviter ces symptômes, je me suis comporté en président responsable d’une grande association et n’ai rien dit publiquement. Cependant, lorsque la pharmacovigilance après le début de la vaccination a fait remonter une très petit nombre de cas de CIVD avec thromboses des sinus veineux intracérébraux, l’arrêt momentanée immédiat de la campagne m’est apparu la procédure normale. Le nombre de médecins qui se sont à l’occasion transformés en “propagandistes” de la vaccination coute que coute par le produit AZ, cessant de jouer leur rôle, m’a surpris et peiné.
          In fine, la vaccination AZ va reprendre….après 55 ans. C’est sage car les fréquents syndromes pseudo-grippaux cognés et les exceptionnels accidents graves de CIVD concernent les jeunes adultes. Ils seront vaccinés par les vaccins ARN. Je demande depuis la fin décembre que TOUS les soignants soient vaccinés. La multiplication des covids nosocomiaux dans les hôpitaux témoignent de ce que cela était et reste indispensable.

          • merci de vos messages si clairs et clairvoyants. J’ai lu que les cas de civd pourraient être du a un défaut d’injection faisant pénétrer le vaccin directement dans le système veineux, favorisant les emballements du système immunitaire, est ce une hypothèse raisonnable ? on aimerait bien car on pourrait juste sécuriser le geste vaccinal.

  12. I am in Canada. AZ is suddenly said to be fine for older people. I am told to take what is offered. I do not want AZ, I have had blood clots, a embolism in my lungs, now take a blood thinner and am concerned that it is offered at all.

  13. L’Agence européenne du médicament a rendu son verdict, cela vous rassure-t-il totalement Mr. Kahn ?
    Depuis vos travaux en bioéthique que j’ai dévorés lors de mes études (et pas mal cités dans différents mémoires), j’avoue que vous avez toute ma confiance !

    • B. Le vaccin Astra-Zeneca
      J’ai engagé, vous le savez, toutes mes forces dans le démarrage accéléré et la plus large diffusion de la vaccination contre la Covid. Cependant, pas au point de masquer les vérités et les doutes. Je suis un scientifique et un médecin, pas un propagandiste de quoique ce soit. Avant le début de la vaccination, j’avais simplement indiqué qu’il fallait être prudent avec les vaccins vivants basés sur les adénovirus recombinants. Je connais parfaitement ces vecteurs, ceux que mes équipes ont utilisés dans les premiers essais précliniques de thérapie génique. A fort titre viral, les vecteurs adénoviraux humains humains provoquent des réactions fébriles chez la souris qui ne les a jamais rencontrés. Dans un cas d’essais clinique à Philadelphie utilisant un titre follement élevé de virus ( des centaines de milliards de particules virales par millilitre), un jeune homme de 18 ans était mort. Dans un tableau dramatique de coagulation intra-vasculaire disséminée (CIVD).
      J’ai eu plusieurs vies ! Marie-Françoise Capelle va m’accabler, j’ai même été directeur scientifique d’un très grand groupe international des sciences de la vie. Dans son portefeuille, la filière vaccinale française, animale (Mérial) et humaine (Pasteur-Mérieux). De ce temps, la France était un grand pays mondial dans le domaine des vaccins. Pour dire que le domaine des vaccins est aussi l’un de ceux que je connais très bien.
      Lorsque la première vaccination des jeunes soignantes par le vaccin Astra-Zeneca en a envoyé entre le tiers et la moitié au lit avec de 38 à plus de 39 degrés de fièvre, des douleurs musculaires et un syndrome pseudo-grippal bénin mais carabiné, j’ai été stupéfait : je n’avais jamais vu cela à ce degré. (https://www.usinenouvelle.com/…/effets-secondaires-du… Je m’en suis ouvert au ministère de la santé et à mon ami et collègue Alain Fischer. Le paracétamol permettant efficacement d’éviter ces symptômes, je me suis comporté en président responsable d’une grande association et n’ai rien dit publiquement. Cependant, lorsque la pharmacovigilance après le début de la vaccination a fait remonter une très petit nombre de cas de CIVD avec thromboses des sinus veineux intracérébraux, l’arrêt momentanée immédiat de la campagne m’est apparu la procédure normale. Le nombre de médecins qui se sont à l’occasion transformés en “propagandistes” de la vaccination coute que coute par le produit AZ, cessant de jouer leur rôle, m’a surpris et peiné.
      In fine, la vaccination AZ va reprendre….après 55 ans. C’est sage car les fréquents syndromes pseudo-grippaux cognés et les exceptionnels accidents graves de CIVD concernent les jeunes adultes. Ils seront vaccinés par les vaccins ARN. Je demande depuis la fin décembre que TOUS les soignants soient vaccinés. La multiplication des covids nosocomiaux dans les hôpitaux témoignent de ce que cela était et reste indispensable.

      • Bonjour M. Kahn,
        Merci pour la cohérence et l’hônnêteté de votre parole. Je suis d’accord que les messages trop simplistes à la population, loin d’amener de la clarté, entretiennent la défiance vis-à-vis de toute parole officielle (dont la votre).
        Je voulais vous poser une question sur la stratégie vaccinale : pourquoi, selon vous, après les personnes âgées, la priorité des personnes à commorbidités se limite t-elle aux plus de 50 ans, alors que le variant anglais touche toutes les classes d’âge (et que, par ailleurs, on va vacciner des policiers ou des enseignants de moins de 30 ans en pleine forme) ?
        La question se pose d’autant plus en période de pénurie où l’ordre de priorité prolonge le risque, non de quelques jours, mais de plusieurs mois.
        Cet oubli des personnes à commorbidités de moins de 50 ans est d’autant plus absurde que cela concerne finalement des personnes pas si nombreuses et très exposées puisqu’elles ont en général des enfants en âge scolaire.
        Auriez-vous un moyen de relayer le message qu’il faut vacciner en priorité ceux qui sont à risque de forme grave et qu’on n’est pas protégé parce qu’on a 49 ans et pas 50.
        Je vous remercie par avance pour votre attention et votre soutien.

    • L’EMA s’est déconsidérée. Le vaccin AZ peut en effet provoquer dans un cas sur 150.000 à 1/600.000 des CIVD avec thrombose et est à proscrire chez les jeunes.

  14. Bonjour Mr Axel Kahn, en parcourant le flot d’informations sur mon smartphone j’ai lu à un moment ou vous parliez d’adenovirus de chimpanzé pour AZ et d’adenovirus humain pour d’autres mais je n’arrive plus a retrouver l’article. Etait-ce dans celui de “L’usine nouvelle” qui n’est accessible qu’aux abonnés ?
    Par ailleurs à ‘heure de l’open data ne serait-il pas possible de connaître les maladies et/ou traitements médicaux des personnes avec des effets secondaires graves suite au vaccin AZ et de ce fait ne pas l’administrer aux personnes qui ont les mêmes soucis ? Merci d’avance pour vos réponses. Cordialement.

    • B. Le vaccin Astra-Zeneca
      J’ai engagé, vous le savez, toutes mes forces dans le démarrage accéléré et la plus large diffusion de la vaccination contre la Covid. Cependant, pas au point de masquer les vérités et les doutes. Je suis un scientifique et un médecin, pas un propagandiste de quoique ce soit. Avant le début de la vaccination, j’avais simplement indiqué qu’il fallait être prudent avec les vaccins vivants basés sur les adénovirus recombinants. Je connais parfaitement ces vecteurs, ceux que mes équipes ont utilisés dans les premiers essais précliniques de thérapie génique. A fort titre viral, les vecteurs adénoviraux humains humains provoquent des réactions fébriles chez la souris qui ne les a jamais rencontrés. Dans un cas d’essais clinique à Philadelphie utilisant un titre follement élevé de virus ( des centaines de milliards de particules virales par millilitre), un jeune homme de 18 ans était mort. Dans un tableau dramatique de coagulation intra-vasculaire disséminée (CIVD).
      J’ai eu plusieurs vies ! Marie-Françoise Capelle va m’accabler, j’ai même été directeur scientifique d’un très grand groupe international des sciences de la vie. Dans son portefeuille, la filière vaccinale française, animale (Mérial) et humaine (Pasteur-Mérieux). De ce temps, la France était un grand pays mondial dans le domaine des vaccins. Pour dire que le domaine des vaccins est aussi l’un de ceux que je connais très bien.
      Lorsque la première vaccination des jeunes soignantes par le vaccin Astra-Zeneca en a envoyé entre le tiers et la moitié au lit avec de 38 à plus de 39 degrés de fièvre, des douleurs musculaires et un syndrome pseudo-grippal bénin mais carabiné, j’ai été stupéfait : je n’avais jamais vu cela à ce degré. (https://www.usinenouvelle.com/…/effets-secondaires-du… Je m’en suis ouvert au ministère de la santé et à mon ami et collègue Alain Fischer. Le paracétamol permettant efficacement d’éviter ces symptômes, je me suis comporté en président responsable d’une grande association et n’ai rien dit publiquement. Cependant, lorsque la pharmacovigilance après le début de la vaccination a fait remonter une très petit nombre de cas de CIVD avec thromboses des sinus veineux intracérébraux, l’arrêt momentanée immédiat de la campagne m’est apparu la procédure normale. Le nombre de médecins qui se sont à l’occasion transformés en “propagandistes” de la vaccination coute que coute par le produit AZ, cessant de jouer leur rôle, m’a surpris et peiné.
      In fine, la vaccination AZ va reprendre….après 55 ans. C’est sage car les fréquents syndromes pseudo-grippaux cognés et les exceptionnels accidents graves de CIVD concernent les jeunes adultes. Ils seront vaccinés par les vaccins ARN. Je demande depuis la fin décembre que TOUS les soignants soient vaccinés. La multiplication des covids nosocomiaux dans les hôpitaux témoignent de ce que cela était et reste indispensable.

      • Bonjour Mr Axel Kahn, merci d’avoir pris sur votre précieux temps pour répondre au message mais qu’en pensez-vous de la deuxième partie e ma question : “Par ailleurs à ‘heure de l’open data ne serait-il pas possible de connaître les maladies et/ou traitements médicaux des personnes avec des effets secondaires graves suite au vaccin AZ et de ce fait ne pas l’administrer aux personnes qui ont les mêmes soucis ?”
        Merci d’avance pour vos réponses. Cordialement.

  15. Bonjour Professeur,
    J’ai lu dans une étude espagnole que les femmes atteintes de la mutation génétique BRCA2, ce qui est mon cas, avaient un risque plus élevé que la population “classique” de souffrir d’une thrombose. J’ai été opérée à l’Institut Curie récemment (double mastectomie). Malgré ma préférence pour Pfizer, j’étais sur le point de me faire vacciner à l’AZ vendredi dernier. La polémique concernant sa sûreté de ce sérum montant, j’ai annulé mon rendez-vous, d’abord parce que j’avais en mémoire que vous aviez dit en novembre ne pas choisir les vaccins de type “adenovirus”. J’aimerais connaître votre analyse quant aux risques liés à la mutation dont je suis porteuse. J’ai 50 ans et ne suis pas certaine d’avoir le droit de bénéficier d’un vaccin de type ARN messager. Si c’était le cas, cela résoudrait le dilemme auquel je suis confrontée. Vous l’avez compris, votre avis est pour moi fondamental. Recevez mes plus respectueuses salutations.

    • Je ne sais répondre à votre question, chère Madame. Je n’ai pas connaissance d’un risque thrombogène lié à la mutation du gène BRCA1

      • Bonjour Professeur,
        Je vous remercie de votre réponse. Celle-ci conforte mon choix ; dans l’incertitude, s’abstenir, en attendant l’ARN messager. Votre approche humaniste de la crise sanitaire, vos analyses, votre hauteur de vue, vos explications m’ont beaucoup aidée depuis plusieurs mois. Je vous en sais un gré infini.
        Bien cordialement,

  16. Merci beaucoup Professeur Kahn pour votre article et l’interview dans L’usine nouvelle, enfin un éclairage pondéré et objectif !
    Comme attendu, l’AEM a confirmé la sécurité du vaccin AZ, mais je ne suis hélas pas plus rassurée qu’avant.

  17. Monsieur KAHN, je pense que vous êtes un sage. J’ai suivi hier soir l’émission à laquelle vous avez participé sur la 5. J’admire votre philosophie d’être “raisonnable et humain”.
    J’ai aussi une grande admiration pour les médecins, alors que certains ne pensent qu’à les critiquer.
    Ne pensez vous pas qu’il faudrait leur redonner toute la place qu’il méritent , à commencer par quelque chose qui me paraît fondamental le respect ?

  18. Bonjour Professeur, vos propos sont affolants pour moi, jai été vacciné par AZ, j’ai 57 ans avec comorbidités, j’ai eu des effets secondaires style grippal et 2 echimoses sur le pied apparitions 3 jours après et disparus au bout de 2 jours. Mais mon inquiétude est pour l’avenir dans des mois ou années, doit on s’inquiéter de risque style SEP, ou autres maladies auto immunes . Merci de m’apporter une réponse

    • Non, cher Monsieur, vous n’avez aucune inquiétude particulière à avoir. Les réactions décrites sont toutes quasi-immédiates, dans les 48 h.

  19. Bonjour, Je viens de lire votre article et je vous en remercie. Vous parlez d’effets secondaire qui pourraient être une réponse à l’infection par l’adénovirus de primates contre lequel nous n’avons pas d’anticorps, mais dans ce cas quels effets peut provoquer ce vaccin sur des personnes atteintes de maladies auto-immune (comme moi), la réaction risque d’être violene ?
    Qu’en pensez-vous ? Merci

  20. Merci Professeur pour votre honnêteté intellectuelle.

    Pourquoi une reprise si rapide avec ce vaccin puisque la cause des TVC et CIVD n’est pas encore connue ?
    Si il s’agit de la prise concomitante d’un traitement thrombogène comme un contraceptif, on pourra en effet adapter l’éligibilité à la vaccination par ce produit.
    Mais si le problème venait du vecteur, que fait-on ?

    Cordialement

    • Mon hypothèse est celle d’une infection abortive mais cognée à l’adénovirus vecteur de chimpanzé, donnant exceptionnellement des accidents de CIVD + thromboses profondes.

  21. Bonjour Monsieur Kahn
    Je suis enseignant en SVT dans un lycée de Maine et Loire et je débat avec un collègue d’HG qui est farouchement contre les vaccins et les gestes barrières en particulier le port du masque pour lequel il pense qu’il affecte la santé des élèves en disant baisser leur SpO2.
    Que pourriez vous me donner comme arguments scientifiques pour contredire ces dire tant sur les vaccins que sur les gestes barrières
    Cordialement
    Lairent

  22. Bonjour je me permet de vous laisser ce message car je suis inquiète car Jai mon père âgée de 71 ans et a fait il y a quelques années en arrière un AVC faciale et il veut se faire vacciner contre le covid car il vis dans la peur avec ce virus il s’enferme sur lui ne veut plus sortir et ont s’inquiète pour lui mais le soucis ces qu’il veut faire le vaccin astra zanecca et plusieurs personnes nous ont déconseiller qu’il le fasse ayant fait un AVCfaciale . même une dame son propre médecin traitant lui a ordonner de ne surtout pas le faire donc on ne sais plus quoi faire car d’après le médecin a mon père il peut le faire mais je n’ais pas confiance pourriez vous men dire plus ‘s’ilvousplait car c’est une situation qui nous inquiètes énormément s’ilvouplait pouvez vous nous éclairer merci a vous d’avance pour avoir pris le temps de me lire merci Cordialement

  23. Bonjour Professeur
    Que pensez vous du vaccin novavax à proteine recombinante.
    D après ce que j ai lu , cette methode n est pas innovante.
    Quels pourraient être les effets secondaires ?
    Merci de votre réponse.
    Cakarevic Miryana

    • C’est un vaccin protéique dont on attend encore les études cliniques complètes.

  24. Bonjour Professeur,
    Merci pour la peine el le soin que vous prenez pour répondre à nos interrogations qui sont bien nombreuses.
    Est-ce qu’un anticoagulant type Xarelto ou Pradaxa pourrait-il protéger des éventuels effets secondaires du vaccin AZ ?
    Cordialement

  25. Bonjour,je viens d’avoir un AVC ,ce n’est pas dangereux d’avoir le vaccin AZ ? merci à vous

  26. Bonjour M. Kahn,
    Merci beaucoup pour votre éclairage, comme vous j’ai eu plusieurs vie, j’ai gardé des souvenirs de ma formation initiale en immunotechnologie, et j’ai pris beaucoup de plaisir à vous lire.
    Pourriez – vous me dire quel type de vaccin vous semble plus fiable et (efficacité et sécurité), ceux constitués de particules virales inactivées, SinoVac, SinoPharm ou les vaccins protéïques ?
    Par avance merci,
    Cordialement

  27. D’autre part, que pensez vous de l’hypothèse avançant que l’injection accidentelle dans “l’un des petits vaisseaux sanguins présents dans le deltoïde” serait responsable des cas de thromboses avec AZ?
    Par avance merci

    • Sans doute inexacte sinon les accidents seraient reportés aussi pour les autres vaccins et seraient immédiats.

  28. Bonjour Axel.
    Je suis surpris de ne pas trouver de commentaires, ni chez les un , ni chez les autres, soulignant la propriété des Ad5 de se lier au facteur X de la coagulation.
    Facteur X dont on sait qu’ il existe des polymorphismes au sein des différentes populations.
    Une administration d ‘Ad5 dans un contexte génétique défavorable ne pourrait elle pas être impliquée dans ces phénomènes idiosyncrasiques?
    Fabien

    • Je ne pense pas car Ad5 de Spoutnik ne semble pas avoir le même problème, mais sûrement à explorer. Mon hypothèse première était – et est encore – une CIVD consécutive à l’infection abortive mais cognée contre l’Ad de chimpanzé vecteur contre lequel les humains n’ont aucun anticorps à la 1 ère injection, surtout chez les plus jeunes.
      Amitiés
      Axel

  29. Personnellement ce qui m’interroge c est la possible recombinaison de l’ADN du vecteur avec l ADN cellulaire .
    De plus si on doit faire des rappels régulièrement , quid de i’immunisation contre tous ces vecteurs et de leur eventuelle recombinaison. J’aimerais connaître votre avis éclairé s’il vous plait

  30. Bonjour Monsieur,
    Je suis une femme de 58 ans qui a développé des phlébites il y a quelques années. Actuellement je ne prends pas de médicament
    On me propose de me vacciner avec le vaccin Astra Zeneca
    Qu en pensez vous ? Y a t il un “sur risque” par rapport à qqun qui n aurait jamais eu ce type de problème ?
    Je vous remercie,

  31. Bonjour M . Kahn

    J ai été soigné pour un lymphome en 2012 avec autogreffe de cellules souches , je dois me faire vacciner avec le AZ. Que me conseillez vous ?

    Merci

  32. Bonjour Professeur,
    Merci pour tout votre travail.
    J’ai deux questions svp :
    1) Que pensez-vous du risque d’insertion de l’ADN du vecteur adénoviral dans le génome de la cellule hôte et du risque d’oncogenèse ?
    2) Sait-on combien de temps l’ADN du vecteur (adénoviral) peut rester dans l’organisme (sous forme quiescente dans le noyau de la cellule) dans le cadre d’un vaccin comme celui d’Astrazeneca ?
    Merci infiniment pour vos réponses éclairées.

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