VIVE LA VIE. Le temps de la solidarité et de l’unité


   Tous les Français et la plus grande partie des habitants de la planète sont horrifiés de la sauvagerie fanatique. Elle a frappé hier à Paris, symbole fort de ville lumière où a été adoptée il y a deux cents vingt-cinq ans la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Bien entendu, chacun peut avoir une analyse qui lui est propre des racines de la situation actuelle au Moyen-Orient, de la responsabilité des pays occidentaux, de la nôtre. J’ai moi-même à plusieurs reprises évoqué ces points et fait part de mes conclusions et convictions. De même, les moyens mis en œuvre pour combattre le terrorisme sont l’objet d’appréciations variées. Cependant, il y a un temps pour tout. Aujourd’hui, c’est celui de la compassion, de la solidarité et de l’unité dans le refus de tout relativisme. Il est rare qu’existent des situations où n’existe sans ambiguïté aucune confusion entre le camp des victimes et celui des coupables : au-delà des circonstances de leur passage à l’acte qui peuvent être étudiées mais certes pas jugées atténuantes, nous vivons l’une d’entre elles. Quand des personnes reprennent à leur compte le cri des fascistes espagnol « Viva la muerte », tirent sur des personnes paisibles dans leurs lieux de vie de début de week-end – le stade, le spectacle, le restaurant, la terrasse des brasseries, la rue animée – tirent et tirent encore sur les corps allongés, sur ceux qui s’enfuient, rechargent leurs armes et tirent à nouveau, puis se font sauter, parce qu’elles sont bien entendu « humaines » et disposent par conséquent d’un libre arbitre, elles sont responsables. Tout relativisme dans la qualification de leur action est insupportable, le serait d’ailleurs pour elles aussi justifiées à revendiquer leur qualité de personnes assumant leurs actes.

   Demain, nous referons de la géopolitique, nous jugerons de la stratégie et des réactions de nos gouvernants, nous tenterons de prévoir les conséquences politiques de ces drames. Pas aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est le temps de l’affirmation de son appartenance au camp de la vie, de la liberté et de l’humanité contre celui de l’oppression, de la cruauté et de la mort. C’est le temps de la solidarité avec toutes celles et tous ceux qui sont massacrés, égorgés, décapités sur le terrain, avec les deux cent vingt touristes russes morts en rentrant dans leur pays après des vacances en Égypte, les plus de quarante Libanais des quartiers populaires sud de Beyrouth déchiquetés par des bombes, les plus de cent vingt Parisiens, passant une soirée paisible de fin de semaine et assassinés de sang-froid et sans pitié.

   Vive la vie, vive les femmes et les hommes qui aspirent à être libres et heureux ! Non aux amoureux de la mort, aux contempteurs de l’humain en l’Homme. Les combattre sans pitié, ce sera aussi refuser avec détermination de les suivre dans leur passion mortifère, ne les imiter ni en pensée ni en actes. Les valeurs attaquées sont celles de la démocratie et de l’humanisme, les défendre est aussi ne jamais les abandonner nous-même.

Axel Kahn, le quatorze novembre 2015.

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14 thoughts on “VIVE LA VIE. Le temps de la solidarité et de l’unité

  1. Beaucoup auront un avis tranché sur ces événements tragiques. Pour moi, s’ajoute à l’effroi ressenti hier soir un effroi aussi fort. Celui qui me saisit lorsque je me dis que les auteurs de ces attentats sont peut-être de jeunes Français qui ont été éduqués aux valeurs que vous rappelez de la démocratie et de l’humanisme dans nos écoles françaises. Quel effroi ce sera si cela se révèle exact. Pour celui qui a été ou est enseignant c’est un terrible questionnement.

    • n’oublions jamais que ce sont les parents qui éduquent , et que les enseignants enseignent
      ne faisons pas porter aux instituteurs les devoirs des parents !!!

      • L’enseignement, l’éducation en nos belles valeurs, parfois sont inefficaces face aux appels insensés de fanatismes qu’ils soient religieux ou pas. Ils ne font pas ou plus barrage au passage à l’acte barbare.
        Croire nous-mêmes en ces valeurs n’est pas suffisant pour que l’autre y croit. Peut-être même devenons-nous sectaires pour ceux qui n’y font pas référence.
        J’ai été enseignante, mère de jeunes enfants et j’ai longtemps cru qu’il était impossible d tomber dans la violence aveugle, ce que j’appelle barbarie, si on avait reçu cet enseignement-là.
        Mais c’est une utopie. Cela ne suffit pas.

        • Mr Khan . Thank you for your words and thoughts . We live in Los Angeles and we have dear friends with your children living in Paris at the moment . They are safe but not able to leave their homes today. No person and child should ever experience that. I agree with you when you say there is excuse for what they did . They are human beings who can choose what’s right or wrong . I was born in Italy and moved to the US 10 years ago with my Amrican husband . We are with you in this time of fear and pain. Keep strong ! Cecilia Fulle

  2. Se demander peut être de quel espoir les a prive la Rebublique pour qu’ils le cherchent ailleurs.

  3. Mr Khan . Thank you for your words and thoughts . We live in Los Angeles and we have dear friends with your children living in Paris at the moment . They are safe but not able to leave their homes today. No person and child should ever experience that. I agree with you when you say there is excuse for what they did . They are human beings who can choose what’s right or wrong . I was born in Italy and moved to the US 10 years ago with my Amrican husband . We are with you in this time of fear and pain. Keep strong ! Cecilia Fulle

  4. Bien cher Axel
    Je ne peux que partager tes convictions
    oui, c’est pire que l’horreur .Cependant et c’est notre devoir de transmettre les valeurs à nos jeunes. Ce que j’ai fait hier avec nos étudiants car tous les spectacles pour lesquels j’avais négociés ont été supprimés . Et de plus je savais que j’en avais certains à la République.
    Bises
    Brigitte

  5. Et si ces jeunes dont quatre sont Français s’étaient fait sauter pour devenir des héros, des exemples pour d’autres jeunes qui sont tentés par ce fanatisme religieux et “la guerre sainte” en Syrie? Il va falloir lutter contre cela.

  6. Pour moi, c est l accomplissement le plus important que j ai fait jusqu maintenant. J ai le go t de le crier sur tous les toits, mais en m me temps j h site. Vantard, frais chi , t te enfl e Je ne veux pas qu on dise ces choses de moi. Pire encore, et si les gens commencent me prendre pour un arnaqueur ou un menteur?

  7. Quelques pantins
    —————

    Que disais-tu vraiment, toi que j’ai vu en songe,
    Père du vif tourment, petit pantin d’azur ?
    Mais le pantin de sable avait un ton plus dur,
    Comme celui qu’on prend pour lancer des mensonges.

    De gueules, pantin fou dont le discours s’allonge,
    Tu dis des mots brutaux qui font trembler nos murs,
    Puis ils sont prolongés par un récit obscur
    Où, pantin de sinople, un narrateur nous plonge.

    Mannequins, je ne sais quel démon vous conduit
    Ainsi jusque chez moi pour envahir ma nuit ;
    Sinistres sont vos voix emplissant les ténèbres.

    Mais, si je sors du lit, je crains de constater
    Que, dans l’univers diurne, on entend éclater
    D’autres sons de terreur, encore plus funèbres.

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